Lâcher prise

Avertissement : cet article ne mentionne aucune chanson issue d’un film d’animation à thème hivernal.

Je pense que nous sommes tous assez familiers du paradoxe suivant : les chansons les plus agréables sont souvent des chansons tristes. J’ai l’impression que pour la plupart des gens, la musique a moins de mal à transmettre une profonde émotion lorsqu’elle est mélancolique que lorsqu’elle est enjouée. Un morceau joyeux pourra bien sûr nous mettre de bonne humeur, voire faire bouger pieds, têtes, épaules et bassins en rythme, mais seules les chansons les plus tristes semblent capables d’accéder au fin fond de nos coeurs, s’y nicher et déclencher cette sorte d’essorage de l’âme qui parvient même parfois à nous arracher des larmes.

Mais pourquoi est-ce qu’on écoute ça ? Pourquoi est-ce qu’on s’inflige ça ? Personne n’a envie d’être triste, a priori.

Les théoriciens de la dramaturgie nous parleront de catharsis, ce phénomène déjà connu des Grecs antiques qui consiste à « nettoyer » l’esprit du spectateur avec ses propres larmes : devant la tragédie que subissent les personnages mythiques, notre propre vie et ses difficultés sont remises en perspective et on se sent mieux.

La chanteuse australienne Rachel Claudio a dit, lors d’une intervention TED (la suite est paraphrasée), que la musique invoque les blessures du passé et nous fait revivre la douleur sans la souffrance. Ainsi, le souvenir de la douleur nous rappelle ce que l’on a traversé, sans nous y replonger. Dès lors, une sérénité nouvelle émerge, comme une sorte de fierté d’être où l’on est malgré ce que l’on a enduré.

Moi ? Eh bien je suis d’accord avec ces deux analyses. Je pense que lorsqu’on fait résonner les malheurs passés :

  • bien sûr, on se souvient du malheur
  • mais surtout, on se rend compte qu’il est bel et bien passé

Ce qui m’amène à l’un des thèmes que j’aime le plus dans les paroles de chansons : le lâcher prise.

Je pense que les chansons qui parlent de lâcher prise réalisent merveilleusement bien l’exercice d’être mélancoliques tout en laissant le passé au passé. Je pense que l’on a tous vécu au moins une fois une situation où l’on s’est rendu compte qu’on se faisait plus de mal que de bien en restant accroché à quelque chose qui ne nous convient plus. L’attachement est un sentiment extrêmement puissant et trancher une racine est un acte extrêmement pénible. Cependant, une fois qu’on l’a fait et qu’on a pleuré des larmes bien amères, teintées de colère contre nous-mêmes pour n’avoir pas su trouver le moyen de continuer comme avant, on est libéré. On se sent bien mieux. Crever l’abcès nous permet, enfin, d’avancer à nouveau.

Puisque, pour moi, le travail premier de la musique est de véhiculer des émotions, je trouve que ce sentiment nuancé du lâcher prise, de la résignation, est ce qu’on pourrait qualifier de « bonne tristesse », comme on parle de bonne fatigue après une journée bien remplie de travail valorisant. Oui, cette chanson et son sujet sont tristes, mais c’est une tristesse « pour mon bien ». Après tout, la dernière étape du deuil est l’acceptation, et c’est justement par « après tout » que le lâcher prise peut se résumer.

Après cette superbe dissertation qui ne m’aurait sûrement pas valu plus de 5/20 en philo au lycée, il est grand temps d’illustrer tout ça avec de beaux exemples, en espérant pouvoir mettre en évidence que le lâcher prise en musique est une forme de tristesse singulière, infusée de sérénité. Une tristesse qui respire.


Laisser partir l’être aimé

Puisque la plupart des chansons sont des chansons d’amour, il est évident que le lâcher prise ne déroge pas à la règle. Il est clair que les chansons de rupture existent à foison, mais seulement une partie d’entre elles font l’exercice de constater et d’accepter, que c’est bel et bien fini.

On peut se résoudre à laisser l’autre partir vers d’autres horizons ou, malheureusement, faire le deuil d’une amoureuse décédée.

Mais peut-être que l’autre est juste déjà au travail et qu’on se retrouve tout seul dans un foyer vide ?


Tout un album pour s’exorciser

Emilie Simon a écrit un album entier en hommage à l’homme de sa vie, emporté très jeune par une maladie fulgurante. Franky Knight n’en est pas pour autant un déluge de larmes de bout en bout. Loin s’en faut, à vrai dire. Entre les appels de détresse d’une femme dont le monde a perdu la lumière se succèdent des célébrations d’une idylle parfaite et la motivation d’une battante qui remet le pied à l’étrier et ne voudrait pour rien au monde changer la moindre virgule de ce qu’elle a vécu jusqu’ici. La sérénité se manifeste jusque dans les titres des chansons, dont la dernière, l’obsessionnelle « jetaimejetaimejetaime ».

Mark Oliver Everett, le maître-penseur du groupe Eels et l’auteur de morceaux qui résonnent tellement en moi que mon patronus est probablement un barbu américain, a perdu son père (le chercheur qui a théorisé les univers multiples) assez jeune. Sa  grande soeur, suicidaire depuis l’adolescence, a mis fin à ses jours à peu près à l’époque ou sa mère a succombé au cancer, quelque temps après la sortie du premier album d’Eels. Sa réaction fut, étonnamment, de démarrer un nouvel album. Electro-Shock Blues documente le deuil avec une impudeur troublante, traitant autant de la stupeur et de l’horreur que de l’hilarité du déni et le sursaut d’une fureur de vivre intarissable.


Faire le deuil d’un ami et partenaire musical

La musique a beau être éternelle, les musiciens ne le sont pas. Mais il y a une sorte de macabre félicité dans l’aptitude que vont avoir leurs partenaires à retranscrire l’émotion que leur perte suscite en eux. La tristesse est un passage obligé, mais la fin du deuil, l’acceptation, n’est pas couchée aussi fréquemment sur des portées. Et quand ça arrive, ça se passe toujours étonnamment sur de la musique douce, des accords majeurs. « Tu n’es plus avec moi mais j’aime croire que tu as trouvé la paix. » Ce sentiment magnifique traverse les frontières des genres, d’un collectif de rap français à l’ancien guitariste d’un groupe de rock légendaire.

Ou encore, imaginez un groupe qui termine la dernière maquette de son batteur qui fit ses adieux à une vie de douleur permanente.


Tourner la page sur des décennies de carrière

Certains groupes se rendent compte que la fin est proche. L’ambiance, de plus en plus compliquée en studio, ou l’inspiration qui s’amenuise, font qu’ils savent, au fond d’eux, que cet album sera le dernier. Alors ils font le bilan, essaient de tirer des conclusions, de mesurer le chemin parcouru.

Pour les Beatles, il s’agira de célébrer chacun des 4 membres dans le seul morceau comportant un solo de tous. Vouloir délivrer un message universel. L’amour que l’on reçoit est égal à celui que l’on donne.

Pour Pink Floyd, il s’agira de rappeler les mots écrits par le diamant fou fondateur, parti du groupe depuis longtemps, comme pour dire qu’il avait raison depuis le début. Mais pas seulement : le solo final de High Hopes est la parfaite représentation de ce que j’essaie de formuler par « lâcher prise » depuis le début de l’article. Sur un accompagnement résolument triste, peindre une envolée quand même. Prendre son envol, la boule au ventre.


Continuer, malgré tout

En 1801, Ludwig Van Beethoven commence à écrire des lettres à des amis pour leur faire part de la torture intérieure qu’il subit depuis que son ouïe décline. Il a, à plusieurs reprises, pensé à mettre fin à ses jours.

En 1801, aussi, il compose une de ses oeuvres les plus célèbres. Là, il n’y a pas de mots, c’est moins évident. Mais je vous ai parlé d’une tristesse qui respire. Vous l’entendez ?


Je ne suis pas un grand musicien, mais parfois j’écris. Ces articles sont tout ce que je peux dédier. Je dédie cet article à la mémoire de Richard Wright, mort il y a neuf ans aujourd’hui. Il était pour moi le plus radieux de tous les musiciens. Nous avons vraiment perdu un océan.

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TFGA #? – La Renaissance

TFGA est (à nouveau !) un exercice mensuel proposé par Alex Effect à tous les amoureux de jeux vidéo, qui consista à dresser un Top 5 sur un thème imposé. Son article liste toutes les contributions du mois.

Ils sont de retour pour vous jouer un joli tour. Afin de préserver mon blog de la dévastation, afin de rallier toutes les consoles à ma nation, afin de parler de jeux avec sincérité, afin de répandre mes mots jusqu’à la Voie Lactée : TFGA, le Top Five Games Addict. Lisez-moi tous ou ce sera… dommage.


5. Metroid Prime Trilogy – Wii

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Le fait d’écrire ce TFGA avec 3 bonnes semaines de retard me permet d’ancrer cette première entrée dans l’actualité. Alors que le développement (pour ce que ça vaut) de Metroid Prime 4 vient d’être annoncé par Nintendo lors de son Spotlight de l’E3 2017, je me dois de faire l’éloge de cette compilation sortie (à tirage limité, il semblerait) sur Wii en 2009. Trilogy offrait la possibilité de re-parcourir, en plus du troisième opus sorti auparavant sur la même console, les deux premiers volets de cette trilogie unique en son genre, avec l’aide des commandes à mouvement que la Wii-mote proposait.

Bien sûr, le débat sur la pertinence de ce schéma de commandes reste magmatique aujourd’hui encore, mais le fait est que, dans le cadre de Metroid Prime, c’était un ajout tout à fait bienvenu : en effet, sur GameCube, dans la forme originale de ces jeux, il fallait choisir entre orienter son réticule de visée et se déplacer. Eh oui, ça semble impensable ajourd’hui, mais c’était le cas. Cette version Wii détachait les pieds de Samus et augmentait considérablement le plaisir d’évoluer dans les environnements souvent à couper le souffle de ces jeux.


4. Xenoblade Chronicles 3D – New 3DS

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Ce portage en 3D du jeu Wii qui a fini bien tardivement par devenir un de mes JRPG préférés de tous les temps est, tout simplement, ce qui m’a donné l’occasion d’y jouer. A l’époque, il était impossible de se procurer l’opus Wii à un prix raisonnable. Rien que pour cette raison, je suis immensément content que ce soit Xenoblade Chronicles qui ait été choisi pour devenir le premier jeu exclusif de la deuxième itération de la 3DS.


3. The Legend Of Zelda: Majora’s Mask 3D – 3DS

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Le remake 3DS d’Ocarina Of Time est le jeu avec lequel j’ai acheté cette console. Cependant, OoT rentre complètement dans la catégorie des « jeux de confort » pour moi. Vous savez, ces jeux auxquels vous avez tellement joué que vous les connaissez sur le bout des doigts et les relancez une fois de temps en temps pour re-parcourir un environnement parfaitement familier. Refaire OoT avec le nouvel habillage fourni par Grezzo était une véritable partie de plaisir que je ne bouderai pas.

Mais quand j’ai rejoué à Majora’s Mask sur ma New 3DS (vive le mini-stick C, d’ailleurs), mon plaisir fut tout autre : ayant joué beaucoup moins à cet épisode pour le moins excellent, je me lançais dans l’aventure avec un souvenir approximatif du jeu, de certaines de ses quêtes annexes, et surtout le léger agacement d’avoir à refaire certains passages qui m’avaient un peu irrité les premières fois. Sauf que Grezzo a fait le travail remarquable de tout lisser et de faire de cette version de MM la seule à laquelle je rejouerai, tellement je trouve qu’elle parfait le chef d’oeuvre initial. Ce rajeunissement était vraiment le bienvenu, et bien plus profitable que celui d’Ocarina Of Time, qui m’a prouvé une nouvelle fois qu’il ne vieillira jamais à mes yeux.

Majora’s Mask 3D est le meilleur des remakes de Zelda que Nintendo nous a apportés récemment.


2. Persona 4 Golden – PlayStation Vita

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La raison pour laquelle Persona 4 Golden se trouve dans mon Top 5 est similaire à celle de Xenoblade Chronicles 3D : l’existence de ce remake est ce qui m’a donné l’occasion de jouer au jeu, que j’ai complètement raté à l’époque de sa sortie originale.

Mais la raison pour laquelle il est aussi haut sur la liste, c’est pour l’apport considérable que la portabilité donne à un jeu Persona. Pour ceux qui ne connaissent pas, les jeux de cette série sont des JRPG plutôt classiques dans leur système de donjons et de combats tour-par-tour, mais doublés de « simulation de vie » où le joueur vit de manière assez poussée la vie d’un lycéen (interros en cours, petits boulots, relations à entretenir, et tutti quanti). Du coup, le fait d’avoir le jeu dans sa poche, quand on part au boulot, quand on voyage, permet de vraiment superposer la vie de son personnage à sa propre vie, ce qui crée une immersion exceptionnelle. Pendant les 150h de ma partie de ce jeu, j’était totalement obsédé par lui, malgré une vie active et sociale somme toute assez normale.

A tel point que je joue en ce moment à Persona 5 et que l’aspect portable de P4G me manque.


1. Pokémon HeartGold/SoulSilver – DS

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Eh oui ! Ce détournement catastrophique de l’hymne de Jessie et James en début d’article était en fait un indice !

J’ai un aveu à vous faire : j’ai bien failli passer à côté de la Pokémania qui aujourd’hui m’habite pour toujours. Lors des premières générations, à part un ou deux combats faits en empruntant les versions Rouge, Bleue, Jaune ou Or de mes potes, je n’ai pratiquement pas approché la série. Quand j’ai entendu parler de ces remakes de la Génération 2, sans que je sache exactement pourquoi, je me suis dit que c’était le moment.

Et quel grand moment ! Revoir la Génération 2, la SEULE où l’on parcourt deux contrées, avec un Pokémon qui nous suit sur l’overworld, mais avec la complexité considérablement augmentée que deux Générations supplémentaires lui avaient apportée, et surtout un Pokédex bien plus étoffé qui contenait mon Pokémon préféré, Charmina ; c’était le panard ! Ces versions sont vraiment le dernier peaufinage de ce que’on pourrait appeler la « première formule » avant que GameFreak décide de se distancer de certains acquis en lançant la Génération 5, et quel adieu glorieux à ce qui était déjà en place !


 

Well, it’s good to be back.

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Mes plus grosses écoutes de 2016

L’année 2016 est enfin derrière nous, après nous avoir arraché Prince, David Bowie, Leonard Cohen et deux tiers d’Emerson, Lake and Palmer. Grâce au site agrégateur de données Last.fm dont je suis membre depuis 2006, j’ai pu rapidement dresser la liste des 10 chansons que j’ai écoutées le plus de fois en 2016 (en excluant, bien sûr, mes écoutes sur supports physiques : vinyles et CD). Du coup, je m’empare de cette occasion de vous dire deux (ou plus) mots sur chacune d’elles.

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De prime abord, il y a une certaine présence dans ce top du groupe Camel, dont j’ai découvert l’existence fin 2015 et exploré les premiers albums en 2016. Alors, pour le bloc Camel, ça donne :

  • « Slow Yourself Down » – le morceau d’ouverture du premier album du groupe. Cette chanson courte m’a beaucoup plu par l’immense dynamisme qu’elle dégage (ce qui est ironique, vu son titre). Dès la toute première mesure, Peter Bardens nous accueille avec un mini solo d’orgue Hammond (instrument qu’il maîtrise merveilleusement bien), puis quelques paroles par Andrew Latimer et, à peine passée la barre des 1:30, on est déjà dans la conclusion isntrumentale. Au programme, un solo totalement survolté de guitare, suivi d’une démonstration de Hammond (improvisé à deux mains, messieurs-dames) et d’une bonne grosse coda rock’n’roll comme on les aime. Paf ! Un gros coup de poing dans les oreilles, et la réécoute direct, parce que c’était trop court.
  • « Nimrodel/The Procession/The White Rider » – Morceau évolutif inspiré du personnage de Gandalf dans les romans de Tolkien. Au fil des nombreux changements d’ambiance de la chanson, les soloïstes du groupe s’amusent sur de multiples instruments, avec flûtes à bec et traversière en plus des guitares pour Latimer et mellotron puis synthétiseur pour Bardens, qui nous offre un solo de Minimoog dont je ne suis pas prêt de me remettre.
  • « Lady Fantasy » – le morceau de conclusion du deuxième album du groupe. Il s’agit d’une véritable gemme du rock progressif injustement oubliée. Riche de nombreuses sonorités qui ont fait la grandeur du genre (synthé, orgue Hammond, guitares électriques et acoustiques, basse et batterie), ce morceau plus long mais bien mieux articulé que « Nimrodel… » est le meilleur de la carrière du groupe. Encore une fois, un magnifique dialogue orgue/guitare termine ce bijou, dans une ambiance à forte distorsion très largement en avance sur son époque.
  • « Separation » – mon autre chouchou du premier album du groupe, cet autre morceau bien court m’a sédui avec son riff de fin, qui marque, comme le veut le titre, une nette séparation de l’ambiance générale. Deux guitares surgissent en balançant un arpège de trois notes qui propulse l’auditeur dans une déferlante de superbe.

C’en est fini de Camel, mais il faut savoir que si j’ai écouté ce groupe, c’est parce que j’ai passé un peu toute l’année à explorer assez intensivement le genre du rock progressif, essentiellement de la fin des années 1960 et surtout des années 1970. C’est pourquoi apparaissent les morceaux suivants :

  • « Fault Line/The Painter » – (surtout pour « The Painter »). Passée l’introduction expérimentale de musique retournée qu’est « Fault Line », « The Painter » est devenue instantanément, dès la première écoute, ma chanson préférée de Deep Purple. Présente sur le troisième album, éponyme, du groupe, elle appartient à la première ère de ce qui devint par la suite un des plus grands groupes de l’histoire du hard-rock. Pour « The Painter », l’organiste Jon Lord est encore plus ou moins le patron du groupe et nous sommes encore bien ancrés dans une dynamique de mélange du blues, du classique et de la distorsion qui allait devenir le rock progressif. « The Painter » est un morceau enregistré en une seule fois, sans superposition, en live dans le studio. Je vous laisse écouter la guitare de Ritchie Blackmore et l’orgue Hammond de Jon Lord, ils parlent d’eux-mêmes.
  • « Winter Wine » – un nouveau genre de conte de Canterbury. Encore fort de sa toute première lineup, Caravan manifeste une superbe maturation sur son album In The Land Of Grey And Pink dont ce morceau est extrait. Richard Sinclair chante avec sa voix de satin pur l’imagerie médiévale de piraterie et d’orgies avinées en réussissant le tour de force de rendre ça poétique. Son cousin, David, nous honore d’un solo de clavier à faire regretter ses choix de carrière à plus d’un guitariste. Oui, en 2016, j’ai pas mal fait fixette sur les solos de clavier.
  • « Frozen Love » – conclusion d’une carrière qui allait être absorbée par une légende. Cette chanson conclut l’unique album du duo formé par Stevie Nicks et Lindsey Buckingham avant que les deux n’intègrent le groupe Fleetwood Mac et créent, entre autre, « Go Your Own Way » de par leur rupture amoureuse. « Frozen Love » démarre comme n’importe quelle chanson de folk (et comme le reste de l’album), mais il y a un « mais » : au milieu du morceau, des cordes font leur entrée et Lindsey Buckingham nous livre ce qui restera pour moi son meilleur solo de guitare. L’ambiance du morceau dans son ensemble est extrêmement accueillante et m’emplit d’une sensation curieuse : je l’aime plus que je ne vois de raisons de l’aimer. Donc j’y reviens fréquemment.

Après avoir traité ces 7 morceaux de classic rock, il reste trois morceaux qui, honnêtement, me surprennent. Non pas que je ne les aime pas, loin de là : j’adore ces chansons. Mais je ne me souviens pas de les avoir écoutées tant que ça au long de l’année.

  • « We’re All To Blame » – pour moi la meilleure chanson à la « on est tous pareils » qui soit. En partant d’une structure musicale vraiment très proche de la « Chop Suey! » de System Of A Down, les quatre gringalets qu’on a connus dans le punk rock décalé de « Fat Lip » apportent une grosse dose de sérieux aux « but what would you expect with a conscience so small? » de cette dernère. Les choeurs qui étaient déjà un point fort du groupe marquent leur apogée sur le refrain de cette chanson, et l’arrivée du piano lors de sa conclusion me donnera la chair de poule jusqu’à ce que mort s’ensuive.
  • « Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me » – l’ultime chanson de solitude. Morrissey, le chanteur et parolier des Smiths, fait partie de la poignée d’artistes capables de chanter avec justesse ce que Bénabar appellera « la solitude que rien ne console ». Une solitude que même une vraie histoire d’amour ne guérit pas : quand ça s’arrête, c’est comme si tout n’était qu’un rêve et le solitaire se « réveille » pour retourner à cette solitude qui restera sa plus fidèle compagne. La musique composée par Johnny Marr colle les paroles à la perfection pour une chanson qui finit par être lassée d’elle-même : on sait que tout le monde chante la solitude, mais on continue de le faire parce que la solitude ne nous lâche pas.
  • « Walcott » – un piano énergique, une guitare en trémolo, du chant aigu et énergique, et puis, une accalmie. Des violons, de la contemplation, puis on reprend de plus belle, et le tout s’arrête comme il avait commencé : avec fracas.

Cette liste est ce qu’elle est : les chansons que j’ai le plus écoutées en 2016 (avec quelques surprises pour moi). Cependant, elle n’est pas vraiment représentative de toute la bande-son de mon année : rap, pop-rock d’actualité, musiques de jeux vidéo, classique, jazz, j’essaie chaque année d’enrichir mon trésor personnel de « chansons qui valent le coup ».

Je n’en suis pas moins ravi de partager cet échantillon de qualité. En attendant ce que m’apportera 2017.

TFGA #24 – La Fin

TFGA fut un exercice mensuel proposé par Alex Effect à tous les amoureux de jeux vidéo, qui consista à dresser un Top 5 sur un thème imposé. Son article liste toutes les contributions du mois.

Eh bien oui, vous avez bien lu le titre de cet article : la série collaborative des TFGA touche à sa fin ! Avec un retard record qui m’épate moi-même, je me suis enfin résolu à faire mes adieux à cet exercice ma foi fort stimulant.

C’est vrai que c’est compliqué de se résoudre à laisser quelque chose derrière soi, ce qui est clairement une des raisons de mon retard colossal pour rendre ma vingt-quatrième copie. Savoir qu’après ce quantum, c’en sera fini pour de bon, c’est toujours quelque chose qui me bloque. J’ai mis des années à lire le dernier tome de Bremen, un manga qui m’a beaucoup touché. Il en a été de même pour le dernier épisode d’une de mes séries préférées, Urgences. Et je n’ai même pas encore commencé le dernier livre de feu mon père, qui est mort il y a neuf ans… Pour un jeu, il arrive que ce genre de phénomène se reproduise également. A vrai dire, il y a de nombreux jeux pour lesquels je me souviens parfaitement avoir fait une dernière sauvegarde avant le boss final, et laissé le jeu reposer pendant quelques jours avant de m’y mettre. Certains de ces jeux sont listés ci-dessous.

Je préfère être franc : contrairement à des articles passés dans ma série de TFGA, je ne vais pas y aller par quatre chemins pour parler de ces fins, donc bien évidemment, il y aura des spoilers partout.

Alors puisqu’il faut en finir, finissons-en. Pour l’Angleterre, James !


5. Tearaway (2013) / PlayStation Vita

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Je me souviens que 2013 est l’année où j’ai commencé à percevoir une composante du développement d’un jeu à laquelle je n’étais pas vraiment sensible avant ça. L’amour.

Quand j’ai joué (et poncé parce qu’il est fantastique) The Legend Of Zelda: A Link Between Worlds, j’ai été frappé par tout l’amour qui a été mis dedans. Un amour pour cette franchise qui est spéciale pour de nombreux joueurs et forcément, à force, de nombreux développeurs. Mais aussi de l’amour pour le joueur, pour moi: j’avais l’impression que ce jeu faisait l’effort de me vouloir du bien, de s’assurer que je m’amuse, que je souris, que je suis content. Ne vous en faites pas, je sais à quel point ce que je dis semble naïf, mais cet amour débordait, il était palpable.

Quand, juste après ce Zelda, j’ai joué à Tearaway, j’y ai trouvé ce même amour. Je l’ai ressenti dès le début, notamment parce que ce jeu a entre autres la particularité d’inclure le joueur lui-même via la caméra frontale de la Vita. Mais ce qui m’a le plus ému (jusqu’aux larmes) dans ce jeu, c’est sa fin. Et par fin, je n’entends pas seulement « ce qui se passe à la fin », mais sa finalité : le but du jeu est de faire parvenir au joueur le message de remerciement des développeurs.

A la fin de Tearaway, au terme de ce long périple, le message (qui est littéralement la tête du personnage principal) parvient à destination : il est délivré au joueur, et ce message est un « merci d’avoir joué à notre jeu », tout simplement. Si ça, ce n’est pas de l’amour !


4. Super Mario 64 (1996) – Nintendo 64

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Super Mario 64 étant le jeu qui m’a fait passer de « gamin qui aime bien les jeux vidéos » à « gamin pour qui les jeux vidéo seront importants pour toujours », on peut se douter que je ne suis pas prêt d’oublier la satisfaction de l’avoir fini.

C’est assez insolite, d’ailleurs, puisque la fin de ce jeu n’est vraiment pas spéciale du tout. La princesse Toadstool est sauvée, les étoiles ont redonné au Château toute sa gloire et Mario reçoit enfin le gâteau qui lui avait été promis. Le générique montre des images de tous les niveaux dans lesquels Mario a évolué en déroulant les noms de tout le personnel du jeu, sur fond d’une musique enjouée et satisfaisante. Et puis c’est tout.

Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de ressentir toujours cette même satisfaction quand je la revois, même en regardant un speedrun ! Le rythme me semble être juste, et les images nous montrent les tableaux du Château tels qu’ils sont censés être : paisibles et amusants. And it’s all thanks to you. Thank you Mario.


3. Mass Effect 3 (Synthèse) (2012) – Xbox 360, PlayStation 3, PC, WiiU

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la trilogie Mass Effect est une sacrée épopée quand on la fait en entier. Les rebondissements sont nombreux, l’enjeu ne pourrait pas être plus grand, et l’adversité est terrible. Mais quand finit par en venir à bout et que la décision finale repose sur nos épaules, eh bien il y a un des choix qui m’a bouleversé.

J’ai lu beaucoup de science fiction dans ma vie, notamment tout le cycle des Robots d’Asimov et pas mal d’oeuvre qui s’en approchent, et j’ai toujours eu ce même souci : la problématique archi-classique des machines créées par la vie organique qui finissent par la supplanter a énormément de mal à se renouveler. On suit presque toujours la même formule, jusqu’à la fin qui, en général, consiste à mater les machines et décider de ne plus prendre le risque de se faire supplanter à nouveau (sauf qu’on sait très bien que quelques milliers d’années plus tard, ça recommencera).

Mais dans Mass Effect 3, on peut faire le choix de la synthèse. De mettre fin à l’opposition organique/synthétique. Ce virage si soudain et en même temps si élégant est d’une brillance que je ne saurais sous-estimer. Après un périple aussi long et ardu, quelle belle récompense !

Et je précise que je parle de la fin du jeu avant même que les joueurs râleurs poussent BioWare à l’altérer. J’ai compris ce qu’ils voulaient faire du premier coup, je n’avais pas besoin de ces éclaircissements.


2. Xenoblade Chronicles (2010) – Wii, 3DS

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Les deux jeux de la série Xenoblade Chronicles ont le point commun d’avoir des histoires qui nous en apprennent jusqu’à la toute fin. Bien que la fin du second jeu, X nous laisse avec un cliffhanger qui nous pousse juste à baver pour avoir une suite directe, le premier jeu utilise plus une approche à la Sixième Sens : la dernière cinématique (après avoir vaincu le boss final) nous lâche une bombe atomique dans la tronche qui remet tout ce que l’on vient de vivre (pendant au moins 100h) en perspective. Et cela fait pourtant suite à un nombre déjà tout à fait respectable de virages à 180° vécus plus tôt au fil de l’histoire.

Après avoir appris que Shulk n’était qu’un pantin dans le plan d’un dieu maléfique qui était l’âme d’un des deux titans qui constituent l’univers du jeu tout entier, Shulk trouve en lui la force de devenir lui-même un dieu et de terrasser le précédent. Mais quand une entité cosmique d’ordre supérieur lui demande ce qu’il veut faire du monde, il décide de renoncer à ses pouvoirs de dieu. Alors, une cinématique nous montre l’origine du monde à deux titans : une expérience qui a mal tourné, pilotée par deux scientifiques venant de la Terre. Notre Terre. L’univers a été détruit par cette expérience puis un autre a pris sa place, celui dans lequel le jeu se déroule.

Ca fait beaucoup. Mais c’est magnifique.


1. Tetris (1984) – à peu près tout ce qui a un circuit intégré sous le capot

Ce que je vais dire est presque totalement de la paraphrase de ce que l’excellentissime youtuber Matthewmatosis a dit dans sa vidéo Tetris – A Perfect Game? donc si vous comprenez bien l’anglais, je vous recommande d’aller directement à la source.

Si mon verbiage vous intéresse encore, cependant, je paraphrase : la fin de Tetris, c’est le moment où Tetris devient trop dur pour le joueur. Autrement dit : chaque partie de Tetris s’arrête précisément au moment où le jeu franchit le cap de difficile à impossible, quel que soit le joueur. Tetris s’arrête précisément quand continuer ne serait plus amusant mais deviendrait frustrant.

De surcroît, quand on y réfléchit, on atteint le game over de Tetris lorsque le poids de nos erreurs passées devient implacable. Quand on pense à l’essor de nombreux jeux au sein desquels les choix du joueur conditionnent la suite des événements, je pense que rien n’en est un plus parfait exemple que Tetris. Tant que l’on fait tout bien, tout va bien. Quand on commence à faire des erreurs, il faut les rectifier au plus vite. Si trop s’accumulent, on échoue. Fin du jeu.

La meilleure fin de jeu est celle d’un jeu à la courbe de difficulté irréprochable qui n’a pas de fin.

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Voilà !

Les TFGA, c’est fini pour moi. Après 24 épisodes dont je n’ai sauté aucun (carton plein, yeah man!), j’ai compris pas mal de choses sur le fait de tenir un blog : pour cela, je remercie grandement Alex qui a proposé et entretenu cet exercice avec un professionalisme que je ne peux qu’admirer.

J’ai appris qu’il est incroyablement enrichissant de replonger dans sa propre mémoire, si le thème de réflexion est porteur. Organiser ses impressions n’est pas une mince affaire, et le résultant n’en est que plus grand : on affûte son esprit critique et on se délecte d’autant plus des contributions d’autrui.

J’ai aussi compris qu’il est loin d’être facile de se tenir à un emploi du temps régulier pour écrire, même lorsqu’on écrit de la non-fiction. L’inspiration n’est pas quelque chose qui se commande et, bien que j’aie pendant des années jalousé les « journalistes » dont c’est le métier d’écrire sur des jeux vidéo, je compatis grandement pour leurs jours de baisse de régime où, bien qu’il faille publier quelque chose, aucune pensée satisfaisante ne leur vient.

J’ai enfin eu la confirmation que l’art qu’est le jeu vidéo est d’une richesse immense qui n’a rien à envier à ses aînés : il y a là un corpus phénoménal qui donne largement de quoi avoir des discussions nourries pour toute une vie et c’est un pan de la culture humaine auquel je suis bien content de contribuer. En ce sens, les joueurs sont encore tous des pionniers.

Alors puisqu’il faut jouer, jouons ! Pour l’Angleterre, Alex !

Nouvelle Reprise – Standing Next To Me

J’ai publié une nouvelle reprise, cette fois-ci du duo The Last Shadow Puppets. Cette chanson issue de leur premier album, intitulée « Standing Next To Me » fait appel à de belles harmonies vocales, chose que j’adore, donc je m’y suis trempé.

J’ai aussi rebranché une guitare électrique pour la première fois depuis un sacré bon bout de temps. Ca fait plaisir.

Vous pouvez écouter cette reprise ici.

TFGA #23 – Réapproprie-toi le TFGA

TFGA est un exercice mensuel proposé par Alex Effect à tous les amoureux de jeux vidéo, qui consiste à dresser un Top 5 sur un thème imposé. Son article liste toutes les contributions du mois.

Avec un retard qui m’étonne moi-même, je parviens enfin à rédiger et publier mon TFGA #23. Histoire de me donner des excuses : déménagement, déplacements à l’étranger, fatigue, guitare…

Alors, ce mois-ci (ou plutôt ce mois-là), le thème était pour ainsi dire libre. Chacun son sujet, alors j’ai décidé de laisser le suspense quant au mien (n’ayez pas peur, je l’expliciterai à la fin) : saurez-vous deviner en lisant ces 5 entrées ?


5. The Talos Principle

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Machine Qui Rêve

Je ne sais plus exactement ce qui avait attisé ma curiosité quant à ce jeu indé sorti sur PC il y a désormais un bon bout de temps. Mais ma curiosité était bien là. Au point que j’ai dépoussiéré mon compte Steam pour essayer la démo, puis attendu patiemment la sortie sur PS4 pour enfin me plonger dedans. Et je n’en suis jamais revenu.

Pour caractériser The Talos Principle, on est obligé de faire preuve de dualité : d’un côté, le gameplay est manifestement celui d’un jeu d’énigmes ; de l’autre, le scénario est profondément philosophique. Alors dois-je  dire qu’il s’agit d’un jeu d’énigmes philosophique ? Ca sonne extrêmement pompeux. Pourtant, c’est bien la définition qui s’en approche le plus.

The Talos Principle nous met dans la peau synthétique d’un robot en quête de soi, immergé dans un climat de doute constant, ne sachant pas (littéralement) à quels saints se vouer.  Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, parce que c’est infiniment mieux de la découvrir soi-même, mais disons que l’angle de vue offert sur la question de la personne, ainsi que le scénario à branches exploré par les fins multiples m’ont vraiment frappé. Je pense que l’histoire racontée par ce jeu n’aurait pas pu être raconté dans un autre medium. Et ça, pour moi, c’est l’apanage des grands jeux !

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Ah ça y est, je crois me souvenir de ce qui avait attisé ma curiosité…

Comprenez-moi bien : on est dans le doute, on n’a aucune réponse, mais on n’est même pas obligé d’en chercher. Le degré d’enquête que la partie prendra ne dépend de personne d’autre que du joueur. Suivre le sentier battu ou aller fouiner dans les moindres recoins au point d’avoir l’impression de « casser le jeu », c’est à nous de choisir. La profondeur de ce jeu est immense et totalement insoupçonnée si on ne décide pas soi-même de tester ses limites.

C’est d’ailleurs la première fois que je vois un jeu à fins multiples où toutes ces fins sont canoniques.


4. Halo 2

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Qu’ont-ils à dire aujourd’hui ?

Ma relation avec le genre FPS tout entier est compliquée. A l’époque de la Nintendo 64, j’ai joué à GoldenEye 007 pendant des centaines d’heures, puis j’ai arrêté de toucher à ce genre, donc aucun jeu ne me convenait. Les jeux sur console, il y en avait très peu et c’étaient tous soit des versions inférieures de GoldenEye soit des jeux qui me le rappelaient tellement que je restais sur GoldenEye, faute de moyens pour élargir ma bibliothèque. Et pour les FPS sur PC… je ne sais pas comment on peut viser avec une souris. Je sais que ce que je dis est blasphématoire et je sais que, depuis, on peut très bien jouer sur PC avec des manettes très compétentes de consoles, mais à l’époque, ce n’était pas le cas.

Puis Halo: Combat Evolved est arrivé. Enfin un FPS sur console qui faisait preuve de fraîcheur ! L’univers était magnifique, la backstory fascinante et les commandes, fluides et agréables. J’ai tellement aimé ce jeu que j’ai commencé à lire les livres de son univers étendu (d’ailleurs je recommande The Fall Of Reach à tout fan de la franchise).

Et la beauté de Halo 2, c’est que c’est tout ce que Halo: Combat Evolved faisait bien, en mieux. Les décors sont plus engageants, l’histoire est excellente et nous permet de jour un personnage des rangs adverses, les musiques de Martin O’Donnell et Michael Salvatori sont formidables et les contributions d’autres groupes établis sont extraordinaires (tout mon amour pour « The Odyssey », contribution 100% rock progressif de 27 minutes par Incubus, totalement inattendue et légendaire) et enfin le mode multijoueur a, je pense, marqué l’histoire du multijoueur sur consoles pour toujours.


3. Mass Effect

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Mass Effect fait partie de ces jeux qui vous donnent l’impression irrationnelle que quelque chose de grand vous attend dès l’écran-titre. En tout cas, pour moi, ça l’a fait.

Je n’avais aucune idée de ce dans quoi je me lançais : ni le genre de gameplay, ni le type d’histoire, ni rien du tout, à part qu’il y avait quelque chose de lié à la masse dedans ! Le bonheur de découvrir un univers aussi fouillé et minutieusement défini n’en a été que plus grand. J’ai beaucoup lu de science-fiction dans ma prime jeunesse et, puisque j’aime être hérétique aujourd’hui, passé les plus grands auteurs (Dick, Asimov et consorts), j’avais du mal à trouver un renouvellement dans ce genre littéraire. Toutes les questions de transhumanisme (le sujet de la série Deus Ex) et de technologie qui nous dépasse et devient notre chute (le sujet de la série Mass Effect) me semblaient totalement épuisées.

Mass Effect est le premier jeu d’une trilogie qui m’aura donné tort. Et j’en ai pleuré de joie.


2. Spec Ops: The Line

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Et bon séjour à Dubai !

De la même manière que Talos Principle est un « jeu d’énigmes philosophique », The Line est un « shooter psychologique ». Un jeu au message engagé qui place le joueur face à sa propre soif de morbidité en le responsabilisant pour la déshumanisation de son protagoniste.

Ce n’est pas un jeu facile pour le tripes ou pour le coeur, mais il apporte une catharsis qu’à nouveau, aucun autre medium ne parvient à administrer à son spectateur. Et pour le coup, la comparaison peut être faite : ce jeu est inspiré de la même nouvelle qu’Apocalypse Now. Imaginez une version du classique de Coppola où c’est vous qui contrôlez Martin Sheen.

Encore une fois à l’instar de Talos Principle (auquel j’ai joué bien plus récemment que The Line), ce jeu est resté dans mes pensées pendant des semaines, des mois, et même des années après l’avoir fini. Cette amertume qui dure bien après la consommation, on croirait un bon whisky.


1. Final Fantasy VIII

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C’est pourtant là que tout a commencé.

J’ai beau être toujours Dresseur Pokémon aujourd’hui, toujours fan de JRPG grâce à l’intérêt renouvelé par Xenoblade Chronicles, toujours appréciateur de JRPG à l’ancienne comme Bravely Default et les classiques qui l’ont influencé, je n’oublierai jamais le premier.

Final Fantasy VIII est le jeu qui m’a plongé définitivement dans l’amour pour un de mes genres préférés de jeux vidéo : les JRPG.

Pourtant assez dérivé des bases du genre (pas de Mana ni de Classes dans ce jeu), Final Fantasy VIII a tout l’essentiel pour fabriquer un amoureux de ces épopées durant des centaines d’heures, où des adolescents innocents deviennent des brutasses invincibles pour sauver le monde d’un démon innommable ou d’un empire maléfique.

L’histoire de ce jeu est complexe et racontée par de nombreux points de vue. De nombreux personnages d’importance sont développés et deviennent attachants. Le bestiaire fait pile poil la bonne taille pour avoir une impression de complexité mais rester mémorisable pour les plus assidus (comme moi, qui ai fini ce jeu à 100% plus de 10 fois). Le système de combat, bien que décrié pour sa simplification, permet un fonctionnement très dynamique et interactif (on n’a même plus à poser la manette pendant 2 minutes à chaque invocation). Les environnements et cinématiques sont hallucinants pour leur époque, mais pas que : l’animation du combat d’entrée entre Seifer et Squall tient toujours l’épreuve du temps aujourd’hui. Et enfin, l’OST de Nobuo Uematsu, bien que dépourvue de certains des plus grands thèmes de la série, reste dans sa globalité la plus solide et cohérente de toutes celles du grand maître (et je peux en débattre, essayez pour voir).

Ce jeu est assurément, sans une seule hésitation, mon jeu préféré dans ce thème.


Ah oui, mais au fait, je vous ai pas encore dit le thème ! Vous avez deviné ?

Eh bien, c’est très simple. Ceux qui auront lu tous mes TFGA remarqueront une écrasante majorité de jeux développés par, publiés par, ou juste sur consoles de Nintendo. Cette société m’a accompagné à travers toute ma vie de joueur et reste très proche de ce qui fait pour moi un jeu vidéo amusant, intéressant ou tout simplement bon. Mais il n’y a pas que des jeux Nintendo dans mon coeur, et je voulais faire honneur à ça.

Le thème de ce TFGA est donc :

TFGA #23 – Ces jeux qui n’ont jamais touché une plateforme Nintendo.