La Musique de Zelda : Ocarina Of Time

On ne présente plus The Legend Of Zelda: Ocarina Of Time et il est inutile de rappeler que ce jeu compte parmi les transitions les plus réussies d’une série de la 2D vers la 3D. Bien que la partie musicale de la franchise n’ait pas littéralement acquis une nouvelle dimension dans ce passage de la SuperNES à la Nintendo 64, cela n’a pas empêché Koji Kondo d’enrichir son travail de mise en musique de ces jeux, bien au contraire. Je reviens aujourd’hui sur le joyau vidéoludomusical qu’est ce jeu… légendaire (cet article est sponsorisé par Carambar).

Lorsqu’une série de mots apparaît en gras avec un lien hypertexte, cliquer dessus vous apportera à une vidéo du thème musical associé.

DETAIL IMPORTANT : la musique de ce jeu, initialement sorti sur N64, utilise une bibliothèque de sons MIDI. Elle est donc intégralement synthétique. Cependant, nombre de ces sonorités imitent ostensiblement des instruments réels relativement identifiables. Par raccourci rédactionnel, je vais employer des noms d’instruments réels comme « violons, cuivres, flûte », mais il s’agira toujours d’une version synthétique de ces instruments.

Par ailleurs, je vous présente par avance toutes mes excuses pour les dizaines d’apparitions des mots « atmosphère » et « ambiance ». C’est un thème primordial de cette OST (Original Soundtrack) et il n’y a malheureusement pas beaucoup de synonymes de ces notions.


Au commencement était la flûte

Le paisible et pittoresque écran-titre d’Ocarina Of Time accueille le joueur avec une grande sérénité, tant dans l’imagerie d’un Link à cheval galopant lentement à l’aube que dans le réarrangement duveteux de ce qui n’était au départ qu’un jingle de 4 secondes du tout premier opus de The Legend Of Zelda.

Koji Kondo ressuscite donc la séquence de six notes qui accompagnait dans Zelda 1 l’utilisation de la flûte et parvient à en extraire un thème complet de deux minutes, certes toujours minimaliste, mais d’une atmosphère imparable.

Pour ce faire, Koji Kondo puise dans l’héritage d’un compositeur classique s’étant illustré dans l’art de générer une ambiance émouvante à partir de motifs très simples : Erik Satie. Un tout petit coup d’oreille à sa Gymnopédie n°1 et l’inspiration est flagrante. Kondo emprunte à Satie ce matelas de piano à deux accords presque jazzy avant l’heure et brode juste ce qu’il faut de variations sur la mélodie de la flûte (ou, pour honorer le titre du jeu, de l’ocarina) pour obtenir un thème digne de ce nom, qui réveillera plus de 20 ans plus tard les fibres les plus nostalgiques d’entre nous à coup sûr. Ce type de tissu d’ambiance sera d’ailleurs recréé à la harpe dans le thème de fin du jeu.

Si je m’attarde autant sur ce tout premier thème audible dans le jeu, c’est parce qu’il encapsule selon moi les deux axes majeurs qui font de l’OST d’Ocarina Of Time une pièce maîtresse du genre musical qu’est la musique de jeu, mais aussi une oeuvre séminale pour tout ce qui suivra dans cette série, pour ne pas dire dans toutes les séries Nintendo. Ces deux axes sont le travail d’ambiance et le réemploi de thèmes existants.

Petit aparté : ce n’est pas la première fois que Koji Kondo réutilise le jingle de la flûte…


Une multitude d’environnements, autant d’ambiances

Atmosphère

Le thème du premier donjon du jeu (l’intérieur de l’Arbre Mojo) montre d’emblée l’agilité avec laquelle Koji Kondo peut produire une atmosphère enveloppante en utilisant un contrôleur MIDI. Tout n’est que réverbération et sonorités feutrées, sans rien d’autre. Une seule piste, sporadique, qui fait éclore un thème pétale après pétale. Kondo a toujours su sélectionner ses sonorités pour pouvoir contourner les contraintes techniques avec lesquelles il composait. Dès le tout premier thème de donjon de la série, il avait astucieusement dédoublé les arpèges d’accompagnement sur deux canaux du contrôleur 8-bit pour que les notes se superposent au lieu de simplement se succéder.

Habitants

Comme toujours dans Zelda, la quasi-totalité des environnements que Link peut visiter est accompagnée d’un thème qui lui est associé. Kondo emplit chaque lieu d’une identité propre comme on colore un dessin et teinte celui-ci d’une humeur correspondant à l’impression qu’il doit nous donner, ou bien à la personnalité de ses occupants.

Ainsi, la Forêt Kokiri exulte de cette joie naïve et insouciante des Kokiri, le Village Goron rebondit avec la même maladresse que les Gorons et le Domaine Zora irradie de toute la délicatesse des Zora. Mais s’il y a bien un thème d’environnement sur lequel tous les fans de Zelda sont unanimes, c’est celui de la Vallée Gerudo.

La contrée aride et ensoleillée des voleuses du désert est aussi le fief d’un vent puissant et impétueux qui semble soulever tous les coeurs et animer quiconque pénètre en ces lieux d’une motivation inébranlable. En tout cas si l’on en croit la musique latino/gitane qui en émane. Des percussions traditionnelles crépitent en permanence, des guitares impriment une course dynamique et une autre guitare soliste joue une mélodie d’abord douce, puis reprise avec emphase par des trompettes. Impossible de rester calme en entendant cette musique vivifiante.

Paysages

Un des morceaux les plus emblématiques issus de l’OST d’Ocarina Of Time est sans surprise le thème de la plaine d’Hyrule. Orchestral (du moins, autant que le MIDI le permet), dynamique, épique et entraînant, ce thème souvent imité mais jamais égalé dans la série concatène dans près de 5 minutes plusieurs variations dont les orchestrations et phrasés permettent d’effrayer, d’apaiser ou de motiver le joueur selon l’heure de la journée in-game et surtout selon le lieu où il se trouve.

En effet, lorsque l’on est dans la Plaine d’Hyrule elle-même, on n’entend que les parties qu’on pourrait qualifier de « principales » du thème. L’orchestration est complète et les variations sur le thème principal ne sont pas très éloignées de celui-ci. Lorsqu’on entend ce thème au Lac Hylia, la génération contextuelle du morceau privilégiera les séquences les plus douces du thème, tandis que lorsqu’on grimpe le Mont du Péril, les portions les plus lourdes en percussions se feront invariablement entendre.

Ce choix des portions du thème selon le lieu est tellement subtil que je gage qu’encore aujourd’hui, tout le monde ne s’est pas rendu compte qu’il a lieu.

Edifices

S’il y a un type d’environnements où le travail d’ambiance de Koji Kondo est particulièrement prodigieux, c’est bien dans les donjons du jeu. Ces lieux parsemés d’énigmes et d’obstacles doivent encourager le joueur à la réflexion, donc il est tout naturel de s’éloigner du schéma typique d’un thème occupant tout le centre d’intérêt, baigné dans un accompagnement qui le met en valeur.

Kondo va plutôt oeuvrer à créer une sorte de « note d’humeur », au sein de laquelle des « fractions de thèmes » feront régulièrement irruption, avant de repartir en vitesse. L’orchestration d’humeur peut être très simple (elle est même carrément inexistante dans le cas de l’Arbre Mojo) ou très sophistiquée sans pour autant devenir ecoeurante, comme dans le thème du Temple de l’Eau : portées par des nappes synthétiques très lentes et réverbérées, des tas de percussions scintillent, dont certaines avec un écho totalement surréaliste créant une impression de ruissellement. Les fractions de thèmes se manifestent sous formes d’arabesques sans but de flûte et de motifs de shamisen autoritaires, comme pour souligner que dans l’architecture noble et sereine de ce temple, une épreuve brutale nous attend.

L’humeur du morceau dépend bien sûr du donjon et des thématiques qu’il explore. Par exemple, le Temple de la Forêt plongeant Link dans des angoisses intérieures, son ambiance est chargée, très peu mélodique et incorpore même des échantillons d’exclamations de la voix du protagoniste. Le Ventre de Jabu-Jabu étant situé, comme son nom l’indique, à l’intérieur d’un organisme vivant, son atmosphère est nimbée de claviers dissonants et rythmée par la pulsation de percussions assourdies qui ne sont pas sans rappeler (par hasard ou pas) celles du « Teardrop » de Massive Attack et de son clip se déroulant dans une poche amniotique sorti 6 mois avant le jeu.

Pareillement, les fractions de thèmes qui vont et viennent dans un morceau ne vont pas toutes remplir les mêmes fonctions. Les voix synthétiques et chimériques du Temple de l’Ombre cultivent sans relâche le malaise omniprésent de cette chambre de torture géante, tandis que la flûte boisée du Temple de l’Esprit virevolte comme une allégorie de l’esprit du joueur qui s’élève vers une meilleure compréhension de son environnement monumental et vaporeux.

Conflits

Pour la première fois depuis qu’il compose pour la série Zelda, Koji Kondo crée un thème vers lequel le jeu transitionne lorsque Link se retrouve en situation hostile. Il y avait auparavant des thèmes pour les combats opposant Link aux bosses des donjons, mais pas pour les combats ordinaires – à l’exception de Zelda II, dans lequel le jeu basculait carrément en écran de combat comme dans un RPG, et dont la musique était composée par Akito Nakatsuka.

Dans la continuité de ce travail d’ambiance colossal, Kondo réitère pour la musique des combats : celle-ci enveloppe le joueur de textures sans lui apporter le motif central que serait une mélodie principale. De la même manière que pour les thèmes de donjons,  l’ambiance se charge d’éléments non mélodiques (caisses claires, section rythmique monotone et oppressante, cordes martelant toujours les mêmes notes) et d’un son s’apparentant à une corne insinue quelques bribes de mélodies. Le but ici est de déséquilibrer le joueur plutôt que de le motiver. La musique raconte une situation tendue plutôt qu’un combat épique, ce qui prend à contrepied l’image que l’on avait classiquement des thèmes de combat, qu’il s’agisse de celui de Zelda II, de Pokémon ou, par exemple, de celui ô combien légendaire de Final Fantasy VII, sorti un an plus tôt.

Cette logique d' »ambiance de combat » plutôt que de « thème de combat » que l’on pourrait fredonner va rester prépondérante pour tous les thèmes de combat du jeu, jusqu’au combat final. Le combat de demi-boss ajoute à son accompagnement une mélodie qui semble incomplète, comme si elle démarrait pour revenir rapidement au début de la boucle sans vraiment se conclure. Le combat de boss repose sur une boucle de piano dissonante jouée dans les graves et, comme celui des combats ordinaires, incorpore une mélodie bien plus menaçante qu’épique, d’abord aux tubas/trombones, puis à la trompette, qui n’apporte aucune résolution avant d’être supplantée par un solo de timbales et de revenir au début de la boucle. On entend distinctement une mélodie centrale pour les combats contre les deux bosses de feu (King Dodongo et Volcania).

Ce sera la seule itération d’un véritable thème principal dans une musique de combat de ce jeu. Les musiques des deux combats finaux (opposant le joueur à Ganondorf puis Ganon) sont quant à elles au pinacle du schéma d’un thème qui ne semble comporter qu’un accompagnement. Ce parti-pris artistique (l’absence totale d’une mélodie principale) profondément anticlimactique apporte deux fonctions majeures à ces thèmes, tout particulièrement celui du combat contre Ganon : d’une part, ils incitent le joueur à agir en insinuant que c’est à lui de composer son combat ; d’autre part ils poussent le joueur à la réflexion, car ils ne l’emportent nulle part. On est subtilement invité à prendre le temps de planifier ses actions sans précipitation.

Des environnements extérieurs aux intérieurs, des situations paisibles aux combats, Koji Kondo a réalisé dans Ocarina Of Time, avec la simple palette sonore limitée d’une bibliothèque MIDI, un travail impressionnant d’architecture d’ambiance musicale. Mais il ne s’en est pas tenu à cela, bien au contraire. Ecoutons maintenant son recours à de nombreux thèmes pré-existants et futurs morceaux obligés de la série.


Anciens et nouveaux thèmes, usages multiples

A Link To The Link To The Past

Ocarina Of Time est le cinquième jeu sorti sous la licence The Legend Of Zelda. Il est également le troisième dont la musique fut composée par Koji Kondo, encore aujourd’hui le superviseur audio de la série. L’OST de ce jeu est l’occasion pour Kondo d’étoffer le catalogue des thèmes qui resteront associés à la série, mais aussi d’en réemployer quelques uns : ceci a pour double effet d’inscrire le jeu dans l’oeuvre globale qu’est la franchise Zelda et de saluer les joueurs connaissant déjà les opus précédents avec quelques signes familiers. Le lien avec le tout premier jeu Zelda est établi dès l’écran-titre, comme on l’a vu au début de cet article (il y a environ 74 ans). Mais c’est dans A Link To The Past que Kondo ira piocher des thèmes à proprement parler pour en faire les premiers thèmes « coutumiers » de la série.

Sélection de fichier – Fontaine des Fées

Ocarina Of Time renvoie au tout premier Zelda dès son écran-titre, mais il ne se fait pas prier pour rappeler A Link To The Past tout de suite après, sur le menu de sélection des fichiers. Ce thème reviendra aussi in-game, où il deviendra la musique d’environnement des Fontaines des Fées, lieux auquels il restera associé tout au long de la série. Mais il est loin d’être le seul dans cette situation.

Le Village Cocorico

Le Village Cocorico n’en est pas à sa première apparition quand on le découvre dans Ocarina Of Time. Il existait déjà dans le jeu précédent et Kondo décide, pour marquer le coup, de réutiliser son thème quasiment tel quel, en profitant de la meilleure technologie de production de son de la Nintendo 64.

Mais le compositeur ne rate jamais une occasion de jouer avec les sentiments du joueur. La première fois que Link arrive à Cocorico dans Ocarina Of Time, il est enfant. Pour rendre le village le plus accueillant possible, Kondo réorchestre le thème, privilégiant à la grandeur des cordes de la version A Link To The Past un accompagnement simple et doux à une seule guitare. Cette version qu’on pourrait dire plus intimiste du thème de Cocorico donne au village un air plus cossu faisant écho à sa disposition physique dans le jeu, niché entre des collines et le Mont du Péril.

Mais au fil de l’aventure de Link dans Ocarina Of Time, sept années défilent et Link peut revenir à Kokoriko à l’âge adulte. Le thème qu’arbore alors le village reprend cette fois-ci trait pour trait l’accompagnement aux cordes de sa version initiale. Ce changement subtil d’orchestration n’est pas anodin. Premièrement, à l’intérieur du jeu, Hyrule et le Village ne sont plus aussi prospères quand Link est adulte. Ces cordes, ainsi qu’une légère accélération du tempo, annoncent la gravité qui s’est installée au village en lieu et place de l’insouciance d’il y a sept ans. Deuxièmement, dans le monde réel, le fait pour le joueur d’entendre cet accompagnement identique à celui de la version A Link To The Past peut avoir l’effet suivant : se rendre compte du temps qui a passé. En effet, par un heureux hasard, Ocarina Of Time est sorti exactement 7 ans après A Link To The Past. Ainsi, un joueur ayant joué aux deux jeux à leur sortie y aura joué avec 7 ans d’écart. Ce retour à l’orchestration initiale (paroxysme de l’effet nostalgique) pour accompagner le passage à l’âge adulte de Link permet d’indiquer au joueur que le temps qui a passé dans le jeu est précisément le temps qui a passé entre les deux moments où il a entendu ces cordes.

Ganon/Ganondorf

Un autre thème majeur repris de l’épisode SNES n’est autre que celui de Ganon. Ce thème réapparaît dans Ocarina Of Time dans plusieurs cinématiques où Ganondorf s’adresse à Link, mais il est surtout le thème du tout dernier donjon du jeu, qui est d’ailleurs le seul à être littéralement un donjon : la Tour de Ganon. A mesure que Link gravit la tour pour sa confrontation finale avec le Seigneur des Ténèbres, le joueur entend de plus en plus fort ce thème, joué à l’orgue par Ganondorf lui-même. Une chose est intéressante à souligner : A Link To The Past est le dernier Zelda où Ganon est un personnage parlant. A partir d’Ocarina Of Time, il est associé à un pendant humain, Ganondorf. Ganondorf est un personnage parlant et intelligent, tandis que Ganon n’est plus que la forme bestiale prise par sa rage la plus primale et alimentée par la puissance de la Triforce de la Force. Or, également à partir d’Ocarina Of Time, c’est à Ganondorf que ce thème sera toujours associé plutôt qu’à Ganon. C’est donc plutôt le thème de Ganondorf que celui de Ganon, à partir du moment où la distinction entre ces deux entités a existé.

La passerelle des Sages

Un petit peu plus tôt, pour accéder à ce fameux chateau, Link doit trouver un moyen de franchir le précipice rempli d’un tourbillon de lave qui le sépare du plancher des vaches. Il y parvient après avoir sauvé les six Sages, qui font apparaître une passerelle de lumière qui permet la traversée. La musique que l’on entend au cours de cette cinématique n’est autre que le thème de l’écran-titre d’A Link To The Past.

Trésors

Dans Zelda, l’aventure nous mène à collecter de nombreux trésors, d’importance variable. Des jingles, voire de courtes cinématiques, accompagnent ces moments d’obtention de trésors. Ici encore, Kondo crée une tradition en entérinant pour de bon le thème entendu lors de l’obtention de l’Epée de Légende : le thème employé est exactement le même pour les épisodes SNES, N64, GameCube, Wii, 3DS et même Breath Of The Wild.

Une version un peu remodelée sert également, depuis Ocarina Of Time, à enjoliver les cinématiques d’ouvertures de gros coffres.

Ce thème n’est d’ailleurs qu’une mise en grande pompe du jingle accompagnant l’obtention d’un trésor important depuis le tout premier Zelda. Celui-ci sera d’ailleurs enrichi dans Ocarina Of Time pour générer la fanfare d’obtention d’un coeur supplémentaire qui sert encore à ce jour avec un glorieux piano dans Breath Of The Wild.

La Princesse Zelda

Pour créer le thème de la Princesse Zelda (qui lui collera à la peau désormais), Kondo récupère celui qui accompagnait la rencontre des descendantes des Sages (dont Zelda fait partie) dans l’opus SNES. Rarement une mélodie aussi simple que deux fois trois notes aura été aussi marquante que celle-ci, mais il est évident que ce n’est pas, pour le coup, le génie de composition de Kondo qui est entièrement responsable de ce phénomène. Le crédit revient essentiellement au fait qu’elle soit étroitement associée à la princesse titulaire de la série, ainsi qu’à la fréquence à laquelle le joueur doit lui-même jouer cette berceuse dans le jeu.

Toutefois, il est pertinent de souligner l’orchestration de ce morceau tel qu’on l’entend dans la cour de la princesse, au Château d’Hyrule : Koji Kondo crée un accompagnement constitué d’une harpe jouant de simples accords, doublée d’un très discret tapis de cordes, ces deux éléments évoquant sans nul doute la noblesse de la princesse, tout du moins celle qui est inhérente à son statut. Mais la mélodie principale, elle, est jouée à l’ocarina pour indiquer l’appartenance de l’Ocarina du Temps à Zelda plutôt qu’à Link, ainsi qu’une sagesse très contenue et mesurée, caractéristique intégrante du personnage à travers la série (à quelques rares exceptions près).

Créations mythiques

Ce travail d’orchestration, particulièrement sur l’association d’un timbre instrumental à un personnage, rappelle immanquablement le Pierre et le Loup de Segueï Prokoviev, oeuvre majeure dans laquelle le compositeur russe associera à chaque personnage un instrument aisément reconnaissable, comme la flûte traversière pour l’oiseau, les cors pour le loup ou le basson pour le grand-père de Pierre.

Kondo aura recours à ce procédé pour la majorité des personnages ayant un thème propre dans le jeu : Navi est représentée par le carillon, la chouette Kaepora Gaebora par un basson qui ne peut pas être un hasard quand on se souvient de l’oeuvre de Prokofiev, les deux sorcières Koume et Kotake magnifiquement incarnées par deux flûtes identiques et tournoyantes, mais surtout, Sheik se pare du double timbre de la harpe doublée d’un lit de cordes qui relèvre presque du spoiler si on s’y penche quelques secondes. Koji Kondo est un espiègle personnage…

Motifs récurrents

La musique de jeux vidéo est un terrain de prédilection pour l’utilisation par les compositeurs de l’outil qu’on appelle Leitmotiv. Ce terme compilé au XIXème siècle par des musicologues allemands bien plus pointus que votre humble serviteur désigne toute phrase, séquence de notes ou mélodie qui revient plusieurs fois au cours d’une oeuvre. Certains compositeurs de jeux vidéo manipulent les Leitmotive avec une grande dextérité, dont Nobuo Uematsu, grand maître de la série Final Fantasy, ou Matt Uelmen, auteur de motifs légendaires pour le jeu Diablo. Bien entendu, cette section sert à montrer comment Koji Kondo emploie de manière multiple la majorité des motifs qu’il a créés pour ce jeu.

Les chants d’ocarina

Au fil de l’aventure, Link, rapidement pourvu d’un ocarina, apprend à jouer une douzaine de mélodies ayant divers effets magiques. Les 6 premiers chants sont dits « monophoniques », c’est-à-dire que lorsque Link les joue au cours de la mini-cinématique associée, il les joue seul, sans accompagnement. Les 6 suivants sont dits « polyphoniques » car Link est rejoint par un accompagnement orchestral quand il les joue en entier. Les 6 chants polyphoniques, jouant tous la fonction de téléporteurs, sont tous magnifiques (avec une nette préférence personnelle pour le Boléro du Feu et la Sérénade de l’Eau), mais ce sont les 6 thèmes monophoniques qui brillent le plus de par leur statut de Leitmotive d’Ocarina Of Time.

  1. La Berceuse de Zelda est par association le thème principal du jeu. Elle revient à de nombreuses reprises, essentiellement lorsqu’on est en présence de la princesse elle-même. La Berceuse est aussi (à l’instar, dans une moindre mesure, du Chant de Saria), le thème du générique de fin du jeu. Enfin, la petite séquence de trois notes fait une apparition furtive dans le thème de Sheik.
  2. Le Chant d’Epona, morceau qui scelle la relation rapprochant Link de sa fidèle monture – et permet au joueur de la faire arriver à proximité – est également le thème du Ranch Lon-Lon, lieu où l’on rencontre la jument. Lorsque le joueur se promène dans la quiétude nonchalante du ranch, il entend le chant d’Epona entonné soit par la voix synthétique (et atroce, soyons francs) de Malon, soit par ce qui semble être un harmonica ou un fiddle, s’intégrant naturellement à l’accompagnement décidément country/sudiste du morceau.
  3. Le Chant de Saria, version hyrulienne du téléphone portable ayant Saria pour destinataire unique, est aussi le très célèbre thème des Bois Perdus, au fond desquels Saria le joue elle-même sur un Ocarina des Fées. Ce thème fait aussi une apparition dans le générique de fin.
  4. Le Chant du Soleil est le seul chant du jeu qu’il n’est pas nécessaire d’apprendre pour le finir, et pourtant l’un des morceaux prépondérants de l’OST. Permettant à Link de faire passer 12 heures en quelques secondes, le Chant du Soleil peut surtout être entendu à tous les endroits où résonne le thème de la Plaine d’Hyrule, au lever du jour. Il est donc l’intro de ce thème. Par extension, si l’on considère que chaque apparition in-game d’un chant monophonique est sa version complète, la version complète du Chant du Soleil est le thème de la Plaine d’Hyrule. Il dure donc environ 5 minutes, ce qui en fait le chant d’ocarina le plus long du jeu. L’apparition du Chant du Soleil au lever du jour est devenue une tradition de la série, mais aucun autre thème ne se marie aussi bien avec cette intro que celui de la Plaine d’Hyrule.
  5. Le Chant du Temps, à l’instar de la Berceuse de Zelda, a des pouvoirs magiques variés, dont celui d’ouvrir les Portes du Temps qui gardent l’Epée de Légende dans le Temple… du Temps. Ce chant, le seul chant monophonique qui soit distinctement sombre et mélancolique, est sans surprise celui que l’on entend dans le Temple du même nom, chanté par un choeur d’apparence monastique. Enfin, ce même thème accompagne la cinématique-pivot de l’ouverture des Portes du Temps, à l’occasion de laquelle Kondo utilise le mécanisme dit de « tierce picarde » pour conclure la scène sur une note satisfaisante, contrastant avec le ton triste du chant lui-même.
  6. Le Chant des Tempêtes, permettant de déclencher un orage à tout moment, est également le thème du Moulin à Vent (officiellement « ? » dans le jeu), où il est joué par le musicien qui s’y trouve, à l’orgue de barbarie.

Création d’héritages

Deux autres thèmes issus de ce jeu sont restés des thèmes obligatoires pour leurs locaux respectifs au fil de la série :

Deux grands absents

Il est désormais évident que l’OST d’Ocarina Of Time contribue énormément au positionnement du jeu dans ce qui s’installait peu à peu comme une série pilier de la culture vidéoludique, de par l’entérinement de certains thèmes pré-existant et la création d’autres futurs impondérables musicaux de la série. Cependant, deux thèmes pourtant incontournables de la franchise Zelda sont, eh bien, contournés par le premier jeu en 3D de la franchise.

Le thème du Château d’Hyrule, splendide et imposant arrangement symphonique (enfin, en 16-bit quand même) apparu dans A Link To The Past et réutilisé avec toujours autant de superbe plus ou moins à chaque fois qu’un épisode de Zelda voyait Link arpenter ledit Château (par exemple dans A Link Between Worlds), ne figure pas dans l’OST d’Ocarina Of Time. Pourtant, Link se promène devant et dans le Château, et pas de manière anecdotique ! Mais cette omission de thème n’est qu’un détail comparé à l’autre…

Eh oui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le thème principal de la série The Legend Of Zelda est totalement absent du jeu le plus vénéré de cette série. Peu de jeux Zelda peuvent en dire autant. Même ceux qui se passent dans des contrées différentes d’Hyrule trouvent un moyen de le caser quelque part. Majora’s Mask se permet même de réitérer ce que le premier jeu et A Link To The Past avaient fait et le prend comme thème de sa plaine principale, mais nous reviendrons sur ce point dans un autre article (héhé).


Je pourrais détailler davantage les spécificités de certains thèmes, les similitudes inter-franchises des thèmes de mini-jeux de Koji Kondo ou le travail non-musical macabrement fascinant des thèmes les plus lugubres du jeu, mais je pense avoir couvert le plus gros de ce qui rend cette OST aussi brillante.

The Legend Of Zelda: Ocarina Of Time est un jeu incontournable pour quiconque voit les jeux vidéo comme une culture à proprement parler et il surgit très fréquemment dans de nombreux « Top ?? » rétrospectifs. Mais bien qu’il y soit salué à juste titre pour ses apports révolutionnaires de techniques de gameplay ou de narration interactive, sa bande-son n’est bien souvent mentionnée que très brièvement. On la dit souvent excellente, mais on dit plus rarement pourquoi.

J’espère humblement avoir apporté ici quelques éléments de réponse.

 

Au fait, la musique du jeu termine sur une note suspendue. Classe jusqu’à la dernière note, ce jeu.

 

Big up à GilvaSunner pour sa collection exhaustive de musiques de jeux sur YouTube.

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The Dark Side Of The Moon Chart

The Dark Side Of The Moon de Pink Floyd est un album incroyable sorti en 1973 et n’ayant pas pris une ride depuis. Il s’est vendu à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires et tout le monde reconnaît son image de couverture de loin.

DSOTM

J’aime énormément ce disque, que j’ai écouté des centaines de fois, mais le but ici n’est pas d’en écrire une critique. Je me suis penché il y a quelque temps sur une citation d’un musicien très proche du groupe, Jon Carin, que je vous reporte ci-dessous :

One of the great things about an album like The Dark Side Of The Moon, for example, is what is not played. The way instruments appear and then GO AWAY! Sometimes for great periods of time. The Hammond Organ enters for the first time on the “Run rabbit run” line in “Breathe” and then goes away until the middle of “The Great Gig in the Sky,” then doesn’t reappear until “Us and Them,” then goes away until “Brain Damage”/“Eclipse.” It is only on 4 songs on the whole record. The Farfisa Organ is used instead on Home and “Time,” and there is no Hammond at all on Home, “Time,” “Money” and “Any Colour You Like.” It would kill it to have it on those tracks. Space is key.

Traduit par moi, ça donne :

Une des choses géniales sur un album comme The Dark Side Of The Moon, par exemple, c’est ce qui n’est pas joué. la manière dont certains instruments interviennent, puis S’EN VONT ! Parfois, pour une durée assez importante. L’orgue Hammond fait son entrée sur le vers « Run, rabbit run » de « Breathe », puis il disparaît jusqu’au milieu de « The Great Gig In The Sky », puis repart et ne revient que sur « Us And Them », puis repart et revient pour « Brain Damage/Eclipse ». Il n’est présent que sur 4 chansons de tout l’album. L’orgue Farfisa le remplace sur Home et « Time » et il n’y a aucun Hammond sur Home, « Time », « Money » et « Any Colour You Like ». Cela tuerait l’album s’il y en avait sur ces pistes. La clé c’est l’espace.

En effet, l’exemple pris par Jon Carin des deux orgues électriques Hammond et Farfisa, dont les sonorités sont très différentes, est extrêmement parlant, car l’orgue Hammond est un instrument tellement flamboyant que malgré sa présence sur seulement 4 des 10 morceaux, l’auditeur en retient distinctement la marque sur l’album. Et c’est sans doute grâce au contraste avec l’orgue Farfisa, plus doux et discret. Si toutes les parties d’orgue avaient été jouées au Hammond, alors le vrombissement de ce dernier aurait paradoxalement été moins remarquable, donc moins reconnaissable !

On peut faire le même constat sur les pianos : Richard Wright a recours à un piano acoustique et deux pianos électriques, des deux maisons iconiques Wurlitzer et Rhodes.

  • Les pianos Wurlitzer sont connus pour des amorces très pointues et une rondeur de note survenant uniquement dans un second temps. Pensez par exemple à « Goodbye Stranger » de Supertramp, pour vous faire une idée de cette sonorité.
  • Les pianos Rhodes, à l’inverse, ont une amorce bien plus molle, mais une rondeur immédiate, même veloutée. Un bon exemple de piano électrique Rhodes est celui joué par Ray Charles sur « Shake A Tailfeather ».
  • Est-il utile de présenter le piano acoustique ?

En prenant les chansons dans l’ordre :

  1. Speak To Me n’utilise pas de piano
  2. Breathe utilise un piano Wurlitzer
  3. On The Run n’utilise pas de piano
  4. Time utilise un piano Rhodes
  5. The Great Gig In The Sky utilise un piano acoustique
  6. Money utilise un piano Wurlitzer
  7. Us And Them utilise un piano acoustique
  8. 9. et 10. Il n’y a plus de piano sur l’album.

La couverture de l’album reflète un aspect majeur de cette oeuvre, qui est la variété des sonorités et des humeurs que l’on parcourt à son écoute. Je pense que Jon Carin met le doigt sur un aspect majeur de ce disque, qui est effectivement ce jeu de chaises musicales auquel les instruments et sonorités se livrent. Même chose pour les voix : trois des quatre membres du groupe chantent en lead à des moments distincts du disque, ce à quoi s’ajoutent la performance incroyable de Clare Torry sur « The Great Gig In The Sky », les voix des quatres merveilleuses choristes sur 4 des chansons, et enfin des voix de personnes discutant de folie et de violence, enregistrées et parsemées sur l’album par le bassiste Roger Waters.

En ajoutant à cela les bruitages divers et variés, les changements de rythmique soudains et les transitions imbattables, nous avons un disque qui a une grande cohésion d’ensemble, mais regroupe en réalité des tas de séquences extrêmement disparates.

J’ai tâché de répertorier toutes ces variations sur un graphe reprenant les couleurs de la couverture du disque (pour le style).

DSOTM chart

Cliquer ici pour l’ouvrir en taille réelle

  • La largeur des colonnes sert à représenter la durée relative des chansons, pour représenter la durée globale de l’album de manière représentative.
  • J’ai distingué vocals (chant) de lyrics (paroles) car ce n’est pas toujours la même personne qui chante et qui a écrit les paroles
  • Music indique que cette personne a composé ou co-composé la musique de la chanson donnée.
  • Un triangle indique un lead, c’est à dire soit un chanteur principal, soit un solo instrumental. Les solos sont positionné globalement au moment où ils ont lieu dans la chanson donnée.

Voilà, il y a effectivement pas mal de variations !

Le temps, c’est de l’argent – un peu de calcul

Dans un pays où les inégalités économiques se creusent, sous forme de croissance du nombre de foyers placés sous le seuil de pauvreté et du nombre de milliardaires sur son sol, je me suis livré à un petit exercice de calcul, pour visualiser un peu mieux l’échelle de la fortune d’un milliardaire. Pour cela, je vais faire une analogie avec la mesure du temps, en particulier en assimilant un euro à une seconde. Je vais écrire les nombres en chiffres et en lettres pour une plus grande lisibilité.

Il y a 60 (soixante) secondes dans une minute, donc il y a 3 600 (trois mille six cents) secondes dans une heure. Par extension, il y a 86 400 (quatre-vingt-six mille quatre cents) secondes dans une journée et 31 536 000 (trente-et-un millions cinq-cent-trente-six mille) secondes dans une année non bisextile.

J’attire votre attention sur le fait que même en dénombrant le nombre de secondes que contient une année entière, on est encore loin de compter à l’échelle du milliard de secondes. Un milliard (1 000 000 000) de secondes, c’est environ 31 ans, 8 mois et 19 jours.

Un milliard d’euros, c’est autant d’euros qu’il faut de secondes pour atteindre 31 ans, 8 mois et un peu plus de 19 jours.

Prenons la fortune estimée à ce jour d’un milliardaire, Bernard Arnault : 74.7 milliards d’euros (74 700 000 000 €).

74.7 milliards de secondes, ça fait un peu plus de 2 368 (deux mille trois-cent-soixante-huit) années.

Autrement dit, si Bernard Arnault arrêtait subitement de gagner le moindre centime aujourd’hui, il pourrait encore dépenser 1€ par seconde (donc 3 600€ par heure, donc 86 400€ par jour) pendant 2 368 ans.

Là aussi, j’aimerais visualiser l’échelle de cette durée qui ridiculise l’espérance de vie humaine. Donc je vais me tourner vers l’histoire, vers le passé.

Il y a 2 368 ans, Platon était vivant.

C’est plus clair, maintenant ?

Feuille Morte

Encore un automne et, encore une fois
En voyant les feuilles mortes, je pense à toi
Depuis le temps, le monde n’est pas resté tel quel
Alors j’en profite pour te donner des nouvelles

On parle toujours de ton humoriste préféré
Mais c’est parce que ses mots se font récupérer
Déformer, marteler par des usurpateurs véreux
Qui le tuent à nouveau, tant ils sont cancéreux

D’ailleurs, le cancer ne s’est pas calmé pour autant
Il a emporté le pianiste du plus grand groupe de tous les temps
Alors ils ont, certes, sans prendre beaucoup de risques
Fini par sortir et lui dédier un dernier disque

Le chanteur qui scandait que la société l’aurait pas
Eh bien, elle l’a eu ; je suis soulagé que t’aies pas vu ça
Sa musique se dégrade autant que son état
Il va finir victime des mêmes faiblesses que toi

Ca n’arrivera pas à ta progéniture, je te rassure
Si tu pouvais voir à quel point ta fille assure !
Le bulldozer aux yeux bleus, ton gâillou
Et d’ailleurs, quand c’est qu’il passe, le marchand de cailloux ?

Je sais pas si c’est moi ou tous les autres qui ont un grain
J’essaie d’y réfléchir en prenant une gorgée de vin
Comme tu l’aimerais, rouge avec une pointe de chagrin
Comment tu occupes ton temps, à celle du Devin ?

J’y suis passé l’été dernier, histoire de montrer ma gueule
J’imagine que t’as remarqué que j’étais pas venu tout seul…

Depuis que tu te terres dans ce repaire
Dans tous mes rêves, je te re-perds
Et avec toi, amer, tous mes repères
Je voulais faire de toi un heureux père !

Je veux faire comme toi en séduisant
Mais surtout pas en conduisant
Allez, j’arrête d’être médisant
Putain… ça fait seulement dix ans

Je t’aime, je pense à toi, je t’oublie pas, Papa
Passe le bonjour au tien et prends bien soin de mon chat.

Millésime Un Neuf Neuf Huit

Je ne vais pas tourner autout du pot : 1998 a été, à mon avis, la meilleure année de l’histoire du rap français. 20 ans plus tard, je ne suis malheureusement pas surpris qu’autant de paroles soient toujours d’actualité ou qu’autant de chansons sorties cette année n’aient jamais été égalées. Mais place à la célébration ! Retour sur un corpus absolument pas exhaustif de 10 oeuvres datées de 1998 qui me semblent essentielles, qu’elles soient illustres ou quasiment inconnues.

 


1. Suprême NTM sort son dernier album, éponyme.

Regarde-le
Quand il te parle, écoute-le
Le laisse pas chercher ailleurs l’amour qu’il devrait y avoir dans tes yeux
Laisse pas traîner ton fils

En 1998, cela fait 3 ans que le Suprême n’a pas sorti d’album, notamment à cause d’une procédure judiciaire fortement médiatisée liée aux paroles de l’album précédent, Paris Sous Les Bombes. Le groupe revient cependant avec un album éponyme jouissant d’une production sans précédent au sein du groupe et d’une forte richesse thématique qui en fait un portrait à multiples facettes : celui d’un groupe-symbole, celui de deux MC, celui d’un endroit et surtout celui d’une époque.

Les paradoxes sont nombreux et les changements de ton aussi. A l’instar de l’incontournable Ecole du Micro d’Argent qu’IAM a sorti en 1997 en prenant un peu d’avance sur l’année que je salue dans cet article, Suprême NTM oscille entre humour, colère, tristesse et sérénité. Dans des morceaux superbement réalisés mais pas trop (« Trop sophistiquer, c’est pécher »), KoolShen et Joeystarr évoquent désoeuvrement et sexe sur la banquette arrière, chantent les louanges de leur département et s’attristent de l’état de leurs quartiers, et jamais ne se découragent, ignorant sans doute qu’il s’agira de leur dernier opus ensemble.

Les différences de propos et d’humeurs entre les deux MC se font de plus en plus apparentes, mais pas encore tout à fait en rupture. Pourtant, c’est sur cet album que KoolShen signe son premier morceau solo, hommage à… sa nouvelle clique. Les duos de rap ont parfois ce sens involontaire de la puissante ironie : leurs plus grands albums sont souvent leurs derniers – demandez à Lunatic.


2. Rocé sort son premier single, « Pour l’Horizon »

La force contre la gangrène
Des gens, faut que j’engrène
Déjà vers le bon thème pour l’horizon

Le premier album de Rocé, Top Départ, tirera son titre des deux premiers mots de « Pour l’Horizon » – et contiendra une de mes plus grosses baffes de l’histoire du rap français, « On s’habitue » – mais il lui reste 4 ans de gestation avant de sortir. En attendant, Rocé pose déjà son message de ténacité et d’espoir indéfectible sur un sample d’Alan Parsons Project aérien, témoignant de l’envol du rappeur. La première d’une longue série de gemmes délivrées par Rocé puis oubliées des amateurs de rap français.


3. Le Combat d’Ideal J continue

Sachez que mes fautes sont graves et que mes défauts sont larges
J’arrive en éclaireur même si mon coeur est en naufrage
Je titube, la musique vacille, je navigue
Entre violence et souffrance, ma douleur m’intrigue

Le groupe qui a lancé les carrières de Kery James et DJ Mehdi avait sorti son premier album deux ans plus tôt. Les membres d’Ideal J étaient déjà « sur une mission », mais encore très jeunes. A peine adultes en 1998 et un peu plus entourés, ils réalisent cette fois un disque extrêmement puissant, reprenant à plusieurs reprises les messages du premier, mais en plus fort, en plus riche, en plus enflammé et, tout simplement, en plus. C’est apparent dès la première piste, qui porte le même titre et le même sample que la première piste de l’album précédent, mais avec des instruments en plus dans l’instru et un couplet en plus dans le texte.

Kery expose sa vision de la France qu’il empoigne sur la couverture du disque, sans détour et sans retenue (il va même jusqu’à se contredire sans vraiment s’en rendre compte), avec une rage flagrante. Cette rage, DJ Mehdi la magnifie avec des instrus qui vont droit à l’essentiel : un rythme simple, une basse dénudée, un sample issu de vieux disques obscurs qui partagent tous la particularité d’irradier la même chaleur que la voix du MC. Kery a beaucoup de choses à dire et DJ Mehdi laisse ses prods s’épandre pour atteindre leur plus grande splendeur, donc il y a plus de morceaux au delà de 5 minutes qu’en deçà de 4. Et c’est très bien comme ça.


4. Le Saïan Supa Crew voit le jour

Evite les faux, vis seulement pour ta gouverne
Prends les relous d’assaut et laisse de côté les balivernes

1998 est l’année où trois groupes de rap (OFX, Explicit Samouraï, Simple Spirit), regroupant 7 MCs issus de plusieurs villes de banlieue parisienne (Montfermeil, Noisy-le-Sec, Bondy, Bagneux, Montrouge, Sarcelles) se rassemblèrent sous une seule bannière, le Saïan Supa Crew et sortirent leur premier EP, Saïan Supa Land.

L’EP comprend une chanson pour chaque groupe, une chanson à 7, une intro à 7 et surtout une collaboration de tout le crew avec un quatrième groupe (COM’X), portant le compteur des MCs à 9 sur « La Solution ». Comme à l’habitude de ce que deviendra le Saïan, les chants et contrechants sont nombreux, les influences musicales sont variées, on ne comprend pas tout mais une énergie incroyable émane de tous les morceaux. Cet EP sera le seul réalisé de bout en bout à 7, puisque la figure de proue du groupe, KLR, est mort subitement dans un accident de la route avant que le groupe rencontre le succès qu’on lui connaît.


5. Demain n’était pas si loin que ça pour Shurik’N

La fierté du Hip Hop sera pas la honte du pays
Je le dis en vrai, mais je croise les doigts. Les mains aussi
Je prie pour la première fois
Que la catin d’aujourd’hui redevienne la princesse d’autrefois

Je suis fasciné par ces périodes que certains groupes et artistes vivent, dans leurs carrières, où ils semblent avoir trouvé et ouvert bien grand la vanne de leur inspiration, sortant classique sur classique sans relâche. En 1997, IAM a réalisé un des plus grands albums du rap français, se concluant sur ce que beaucoup considèrent comme LE classique du genre ; un de ses membres, Kheops, a réalisé un immense album de DJ, collaborant avec des tas de grands noms de l’époque dont les 3 MCs d’IAM. L’année suivante, l' »architecte sonore » d’IAM Imhotep sort lui aussi un album de DJ avec les trois MCs. Shurik’N trouve après tout ça le temps, l’énergie et surtout l’inspiration de sortir son premier album solo, un classique en son nom propre, Où je vis.

L’homme à la voix la plus ardente du rap français dépose des textes volubiles prolongeant ses dires de L’Ecole du Micro d’Argent, entre amour de la vie, renoncement, indignation et espérance, le tout sur des instrus intégralement produits par lui. Pour illustrer son flow, il se repose sur des samples de musiques de vieux films (SpartacusLégendes d’AutomneLa Guerre du Feu), allant jusqu’à emprunter de la musique de Bruno Coulais, avec lequel son collègue Akhenaton travaillera plus tard sur la musique de Comme Un Aimant.

Je ne connais pas d’autre exemple d’un rappeur aussi prolifique sur à peine deux ans avec une telle qualité à la clé.


6. Chiens de Pailles est révélé à la France entière sur la BO de Taxi

Restons à Marseille quelques minutes de plus pour parler d’un des duos les plus sous-estimés de la région phocéenne. Composé de Hal (musique) et Sako (paroles), le duo n’a pas encore sorti son premier album quand, avec l’aide d’Akhenaton, il pose sur la BO du film Taxi l’incisif « Maudits soient les yeux fermés ».


7. Hocus Pocus sort un album de folie dans un secret absolu, Seconde Formule

Car y a une différence entre avoir du style et s’en donner
Si j’en ai, tant mieux, si j’en ai pas, tant pis, je peux m’en passer

Après une streettape archi-confidentielle réalisée avec pratiquement rien, le duo de rappeurs-producteurs Hocus Pocus à l’époque constitué de 20syl et Cambia recrute un troisième membre, le DJ Greem, pour assurer pass-pass, scratches et embryons de breakbeat. Le groupe s’équipe également de meilleur équipement pour la prise de son et l’assemblage d’instrus et c’est dans cette configuration que 20syl démontre pour la première fois à quel point il est doué dans cet exercice.

Seconde Formule est un album d’une qualité de production absolument invraisamblable pour un projet aussi intime et, pour ainsi dire, amateur. 20syl articule ses prods sur des choix de samples très éclectiques : du jazz à cuivres qui grésillent bien avant Wax Tailor, à la soul de Diana Ross en faisant un crochet par le Dvořák déjà emprunté par Serge Gainsbourg.

Ajoutant à cela la verve naturelle de Cambia et l’inspiration que les deux MC puisent notamment dans le rap marseillais qui, comme je l’ai dit plus haut, était en ébullition à cette époque, ainsi que le talent aux platines d’un Greem qui fera partie avec 20syl de C2C plusieurs années plus tard, la seconde formule devient magique et résulte en un album dont la facilité d’écoute n’a d’égale que l’aisance de deux microscopiques MCs de l’ouest à égaler leurs idoles.


8. Doc Gynéco insulte nominativement sa maison de disques sur un album improbable

— Dis, Bruno, à ton avis, qu’est-ce qu’on vient foutre ici ?
— Engraisser des banquiers qui sur nos vies font des crédits
— Dis, Bruno, qu’est-ce qu’on peut foutre ici ?
— Balancer la vérité, risquer nos vies à la télé

C’était connu depuis l’album précédent et « Nirvana », Doc Gynéco a longtemps dansé avec ses pulsions autodestructrices. Avec Liaisons Dangereuses, il met les pieds dans le plat en confectionnant un album essentiellement composé de collaboration avec des artistes proches de sa musique (Ärsenik, Rockin’ Squat) et d’autres plus éloignés (Catherine Ringer, Renaud) et enfin carrément pas artiste (Bernard Tapie).

Mais le risque commercial ne suffit pas au Docteur qui a vraiment décidé de quitter Virgin en grande pompe : il va jusqu’à proférer des accusations à charge de marketing cynique (« Si tu savais ce qu’ils pensent des gens de couleur, ma soeur… ») à l’encontre des maisons de disques en général, avant de littéralement name-dropper la sienne (« Demande à Virgin si j’ai des copines dans la machine ») !


9. Le groupe d’Abd Al Malik sort son dernier album, La Fin Du Monde

On était là, on avait le sentiment de servir à rien
Pendant que chaque jour, nos proches disparaissaient un par un
D’abord anonyme
NAP est devenu un patronyme
On traînait dans la fange
Pauvres comme les gens du Gange

20 après la sortie de La Fin Du Monde, le public est encore en désaccord sur si Abd Al Malik fait du rap ou du slam, tandis que l’artiste lui-même dit toujours faire du rap, dans la continuité, par métamorphoses successives, de ce qu’il faisait au sein des NAP.

Ce qui est regrettable, c’est que trop peu de monde écoute ce que faisaient les NAP, justement. A l’époque, plusieurs des frères et cousins (au sens plus ou moins génétique, ce qui n’a que peu d’importance pour Malik) donnaient encore de la voix avant de prendre des rôles plus à l’abri des regards dans la production musicale d’Abd Al Malik.

Ce disque montre la persistence d’un message général qui reste le même parmi ces hommes depuis le début, tandis que son habillage musical n’a plus rien à voir. Il montre aussi la confiance croissante de Malik dans son écriture et sa diction, prenant fréquemment le pas sur les autres MCs, en précurseur logique de son premier album solo, Le Face à Face des Coeurs.


10. Fabe atteint le sommet de son art avec Détournement de Son

Assez plaisanté. Ces gens ont tous les ingrédients
Ils nous font foutre le camp
En rendant répugnants les cours aux étudiants
L’élite intellectuelle est formatée comme les gérants du McDo :
« Tu parles trop ? Tu parles plus. Ciao ! »

Fabe (possiblement pour moi le meilleur rappeur que la France ait jamais eu) a enregistré son troisième album à une période de carrefours multiples dans sa carrière :

  • Le Complôt des Bas-Fonds, son collectif précédent, est en voie de disparition.
  • La Scred Connexion, son collectif suivant, est en train de naître
  • Il sort cet album avec le label de Cut Killer et East, Double H
  • Il a commencé à collaborer avec la scène marseillaise avec ses apparitions sur L’Ecole du Micro d’Argent d’IAM et Sad Hill de Kheops
  • Il commence à collaborer avec DJ Mehdi d’Ideal J
  • Mais surtout, il commence à vraiment enrager au vu de l’état de la société française

Avec une voix plus grave et profonde que celle qu’il avait utilisée jusqu’ici, Fabe enchaîne avec une fougue qui témoigne de sa colère les constats accablants sur l’état de la France, de son paysage politique et de ses inégalités. Un morceau comme « Nuage Sans Fin » serait toujours exactement aussi pertinent, sinon plus, s’il sortait aujourd’hui, 20 ans plus tard.

L’écriture et la prosodie de Fabe sont soigneusement peaufinées, réalisant plus que jamais ce qu’annonçait sont album précédent : un mariage harmonieux du fond et de la forme. Avec un sens de la formule inégalé, Fabe enchaîne sans répit des punchlines qui satisfont les oreilles autant qu’elles font réfléchir le cerveau.

Il est également apparent que Cut Killer, pourtant aux manettes du label et DJ de sa profession, supervise la réalisation de l’album en lui donnant une grande cohérence, mais laisse à Fabe une liberté de choix assez insolite sur les sonorités des chansons, collaborant avec un panel étonnamment varié de DJ (notamment DJ Stofkry du Complôt des Bas-Fonds et Cutee B, DJ de la première heure de la Scred Connexion).

Côté voix, toutes les apparitions d’invités sont remarquables, avec les flows fracassants de Lorea et Sëar du Bario 5 Spry, l’intégralité de la Scred Connexion, le futur membre de l’Asocial Club AL et tant d’autres.

L’oeuvre de Fabe trouve sur ce disque une unification qui est, malheureusement pour sa paix intérieure, la rage qu’il contient tant bien que mal et qu’il laissera poindre une ultime fois en 2000 avant de quitter définitivement la scène rap.


Voilà. 10 oeuvres que je trouve incontournables pour l’histoire du rap français, toutes sorties en 1998. D’autres fans de rap diront que 1997 était meilleure, d’autres parleront de 1995 ou même encore plus tôt. Une chose est sûre : aucune des 20 années qui ont suivi 1998 ne l’a surpassée. Loin s’en faut.

Sunshine Blogger Award : Je réponds à Gaming Beauty

Dans son propre article prenant part à cet exercice de questions-réponses, Gaming Beauty m’a taggé sous la description énigmatique de « Toi à qui je n’ai pas pensé et qui aimerait aussi participer, tu es libre de répondre sur ton blog ou même en commentaire ou en vidéo ».

C’est donc sous la contrainte que je vais répondre à son questionnaire, en m’efforçant d’être éloquent…

1. Plutôt jeu multijoueurs ou solo ?

Plutôt solo. J’aime beaucoup de jeux sous format multijoueur mais disons que je n’ai pas un grand esprit de compétition et que, malheureusement, il y a beaucoup moins d’expériences mémorables en co-op qu’en solo. Egalement, quand je joue seul, je peux suivre mon propre rythme et mes propres envies sans me soucier de leur possible répétitivité (ou stupidité). Ca peut presque s’apparenter à de la méditation quand ça marche vraiment bien.

2. De quelle licence/héros/héroïne ne peux-tu absolument pas te passer ?

The Legend Of Zelda sans l’ombre d’une hésitation. Je pense vraiment que cette franchise prise dans son ensemble est la plus belle oeuvre artistique que le medium jeu vidéo nous a apportée. D’autres s’en approchent, bien sûr, mais le monde du jeu vidéo sans Zelda serait pour moi comme la musique sans Beethoven ou un plateau de fromage sans appenzeller surchoix.

3. Quelle est ta principale motivation de bloguer ?

Honnêtement, c’est basique : exprimer mon opinion par écrit, présentée à tous. Même si presque personne ne me lit, je suis content de savoir qu’il y a quelque part une trace de mes émerveillements et de mes coups de gueule à moi. Les choses que j’aime, je les aime passionnément, donc il m’arrive aussi souvent de plonger ma réflexion dans un niveau de détail peu commun, et donc de ne trouver personne d’autre ayant écrit sur des sujets aussi spécifiques. Donc je le fais, au cas où il y ait ailleurs quelqu’un avec qui cela pourrait résonner.

4. Y a-t-il une époque en particulier qui te passionne ?

Les années 1970, et plus spécifiquement, musicalement, au Royaume-Uni. La quantité de musique absolument stellaire qui nous en est parvenue est tout simplement incroyable. Je ne comprends pas comment une telle richesse musicale a pu être « la norme » à l’échelle d’une seule nation pendant grosso modo 10 ans. Ca me fascine.

5. As-tu d’autres passions ?

J’ai déjà touché le sujet : la musique, c’est vraiment le truc qui nourrit mon esprit au quotidien. Le nom de mon blog vient de là et, bien que j’aime énormément les jeux vidéo, le cinéma, l’histoire et des tas d’autres choses, la musique c’est vraiment mon trésor inépuisable.

6. Manga ou Comics ?

Franchement, je me suis lassé des deux. Il y a trop de codes qui sont bien trop persistants. Certaines oeuvres resteront à jamais dans mon coeur, (KenshinDragon Ball20th Century BoysGTOOne Piece, mais aussi X-MenFantastic FourBatman) mais je n’ai plus vraiment la force de découvrir des choses nouvelles dans ces deux domaines. C’est un peu pareil, mais moins prononcé, pour la BD franco-belge.

7. La licence qui te déçoit de plus en plus (tout format confondu) ?

Le moi de 12 serait révulsé de lire ça, mais mon esprit va immédiatement vers Star Wars. Ca a commencé tôt avec ma désillusion à la fin de l’Episode III qui a ruiné rétrospectivement mon impression des deux précédents : j’avais apprécié le I sans trop être sûr que le plaisir du premier visionnage serait durable, et le II m’avait laissé perplexe, espérant que le III relèverait le niveau… Il ne l’a pas du tout fait. Et en fait, ensuite, la pente n’a fait que descendre, avant le sursaut d’espoir que fut le VII, qui n’a rendue que plus dure la chute abyssale du VIII, sans aucun doute le pire film que j’ai vu en 2017, de très loin. J’irai voir le IX en souvenir du bon vieux temps, mais Solo et tout ce qui suivra ne m’intéressent tout simplement plus.

8. Quel est l’objet que tu es le plus fier de posséder ?

Un CD sur lequel sont gravées une poignée des reprises que j’ai enregistrées tout seul dans ma chambre avec mes instruments. Un jour je ferai un EP et ça sera ça !

9. Quelle est la destination de tes rêves ?

Une exoplanète habitable.

10. As-tu des blogueurs préférés ?

Pas vraiment (sauf tout le respect que je dois à mes pairs). Je ne suis pas un blogueur très actif, ni non plus un lecteur avide de blogs. Je n’ai pas vraiment de critères d’appréciation pour les blogs, donc j’aurais du mal à en trouver un préféré…

11. Ta musique de jeu vidéo préférée ?

Alors tout dépend de quoi on parle :

  • thème unique : le « DK Island Swing » de Donkey Kong Country, composé par David Wise. La version que je préfère est celle de Palm Tree Grove dans Donkey Kong Country Returns, arrangée par Kenji Yamamoto.
  • morceau unique : il est possible qu’un thème de la toute fin 2017 ait pris le trône de mon coeur. Celui de Mor Ardain la journée dans Xenoblade Chronicles 2
  • jeu entier : Xenoblade Chronicles 1 a la meilleure OST de l’histoire du jeu vidéo à mes yeux.
  • franchise entière : voir question 2.

Nous y voilà. Merci à Gaming Beauty d’avoir oublié de penser à moi, c’était sympa à écrire !