TFGA #10 – Les méchants qu’on aime détester

TFGA est un exercice mensuel proposé par Alex Effect à tous les amoureux de jeux vidéo, qui consiste à dresser un Top 5 sur un thème imposé. Son article liste toutes les contributions du mois.

Je me dois de remercier Alex pour ces thèmes vraiment enrichissants qu’il nous sert chaque mois. Ce mois-ci, c’est vraiment réussi : un thème dont tout le monde aime discuter, les méchants qu’on aime, mais avec le petit coup fourré d’aimer les détester. Des méchants qu’on aime, on en a tous des tas, de Sephiroth à Ganondorf, en passant par les Koopa Troopa qui dansent sur les musiques de New Super Mario Bros. Mais des méchants qu’on aime détester, c’est moins facile à identifier. Il faut voir un méchant qu’on déteste vraiment rencontrer dans le jeu, mais d’une haine qui nous motive à jouer, voire à nous dépasser pour lui rabattre le caquet. Ca m’a fait penser à certains bosses de Metal Gear Solid, mais ensuite à plein d’autres, et m’a fait arriver à un Top 5 qui m’a fait comprendre beaucoup de choses dans mon rapport à ces personn(ag)es. Et les meilleurs Top 5 sont ceux où on en apprend autant sur soi-même que ses lecteurs, non ?


5. Ghirahim – The Legend of Zelda: Skyward Sword

On dira ce qu’on veut de ce jeu qui divise le public, mais Skyward Sword a pour moi, de loin, le meilleur regroupement de personnages forts et bien conçus. Le Link est un des moins empotés, la Zelda est ma préférée (cf. TFGA #4), Groose est hilarant, Fi est insupportable mais d’une grande profondeur, le grand méchant est d’un charisme fou, Impa est (comme toujours) trop classe, et enfin, il y a ce bosse récurrent, Ghirahim.

Ghirahim est manifestement présent pour jeter un malaise dans le coeur de Link et du joueur, dès la première rencontre, avec ses poses et ses intonations désinvoltes, sa langue interminable dont il abuse allègrement et même son système de combat, qui nous force à nous laisser attaquer pour contrer.

Je déteste Ghirahim. A chaque fois qu’un combat contre lui se profile, mes poils se hérissent, à chaque fois qu’il me parle, j’ai envie de le gifler, mais du coup il me fait serrer les poings et les dents et me battre avec plus de ferveur que la plupart des autres bosses de Zelda, qui appellent au contraire à prendre du recul et analyser la situation pour identifier un point faible. Il apporte donc une altération de la formule Zelda tout à fait bienvenue, et ajoute absolument du caractère à la série.


4. Kefka Palazzo – Final Fantasy VI

Est-il nécessaire de rappeler que les Final Fantasy (du moins jusqu’au X) sont des jeux excellents au niveau de leurs scenarii ? Non, c’est bien. Plus généralement, il arrive bien souvent dans les RPG qu’un grand méchant soit tellement mégalomane qu’il finit par détruire le monde tel qu’on le connaît (la partie adulte de Ocarina of Time, le cycle des dieux dans Xenoblade Chronicles, même le brouillard permanent dans Persona 4). Mais ce que je trouve remarquable chez Kefka, c’est le fait qu’il fasse du mal de nombreuses manières, à toutes les échelles. Qu’il s’agisse de torture mentale sur les personnages du jeu, de torture physique sur des centaines de soldats, de terreur des populations dans plusieurs pays, de rébellion contre son propre empire ou de destruction de l’équilibre du monde, Kefka nous donne pléthore de raisons de le haïr du plus profond de nos tripes.

Le tout ponctué d’un rire narquois et insupportable en audio 16 bits super moche.

Kefka est une réussite dans le sens où on va au combat final parce qu’on veut vraiment mettre fin à son règne de destruction abjecte, et puis aussi un peu au chaos qui habite sa tête…


3. Les bons joueurs – Splatoon

Je n’ai pas pour habitude de considérer mes adversaires humains, quel que soit le jeu, comme des « méchants ». Mais Splatoon le fait pour moi en les appelant « Bad Guys » sur l’écran des résultats, ce qui est parfait pour ce TFGA, qui va me permettre de rendre hommage à certains joueurs que j’ai pu croiser au fil de mes (trop) nombreuses parties de ce jeu.

Vous voyez, la particularité de Splatoon est que lorsqu’on joue en random match-making, le serveur crée une partie de 8 joueurs tout court. Pas 4 contre 4. Ensuite les équipes sont arrangées de façon aléatoire parmi ces 8 joueurs. Ce qui fait que, tant qu’on ne quitte pas la partie, d’un match à l’autre, on va se retrouver tantôt avec certains joueurs, tantôt contre eux. Du coup, mieux vaut ne pas s’empresser d’insulter le moindre joueur qui nous bat joliment, parce qu’il pourrait être de notre côté la prochaine partie et nous aider à gagner !

Sauf bien sûr s’il s’agit d’un gros lâche qui passe son temps à spammer l’attaque sautée du rouleau parce qu’il a découvert que c’est complètement OP. Les autres, c’est OK.

Quand ils m’infligent un bon frag humiliant, je me sens obligé de sourire et de me dire « bien joué, sale bâtard ». Il arrive même que certains pensent la même chose à mon égard, puisque je reçois des demandes en ami sur Miiverse par la suite !


2. Bowser – Super Mario

Il y a quelques années, j’ai lu une interview de Shigeru Miyamoto expliquant pourquoi Super Mario Bros. 3 est graphiquement basé sur la thématique des équipements de théâtre (les plateformes au sol sont vissées sur l’arrière-plan, les plateformes flottantes sont articulées sur des poulies et des courroies, la fin des stages est une entrée en coulisses, l’écran titre démarre par un lever de rideau). Miyamoto expliquait que pour lui, les personnages des jeux Mario sont tous des acteurs. Que l’histoire n’est qu’une pièce ou un film (d’où la caméra portée par Lakitu dans Super Mario 64). C’est pour ça aussi qu’il est concevable que Mario aille faire du karting ou un tennis avec Bowser en toute tranquillité.

Bien que cette idée n’ajoute pas grand chose au canon bien maigre de l’histoire des jeux Mario, je n’ai jamais pu me l’enlever de la tête depuis. Du coup, ce Bowser à qui je flanque des roustes depuis que j’ai débuté les jeux vidéo, je me dis que c’est en fait un acteur de vocation, d’un talent incomparable pour jouer les méchants.

Et j’adore ce qu’il fait dans la vie ! Comme de nombreux acteurs de cinéma qu’on adore pour leurs rôles de méchants successifs. Ne me dites pas que vous n’en avez pas dans vos coeurs.


1. Handsome Jack – Borderlands 2

J’ai une grande admiration pour le travail des créateurs du monde de Borderlands. Telle que je l’imagine, l’idée de départ était le gameplay : faire un RPG, mais sans épées et chevalerie, avec des flingues et des caricatures de rednecks à la place. Les codes d’honneur passent donc à la trappe et on privilégie une progression des personnages vers une puissance de feu démesurée et de la bourrinitude de plus en plus assumée. C’est de là que naît le monde des Borderlands. Un monde sans foi ni loi où des déglingués s’entretuent pour un oui, pour un non.

Pour ceux qui n’auraient pas joué à ces jeux, vous l’aurez compris, les personnages, y compris jouables, ne respectent pas grand chose et ne valent pas plus. Là-dedans, Handsome Jack est d’une magnifique abjection. Lui, il ne respecte tout simplement rien. Handsome Jack est un parvenu absolu, imbu de lui-même à un point religieux, père ignoble, employé traître, assassin invétéré et moqueur à souhait, par-dessus le marché !

J’avoue m’être laissé délicieusement agacer par les messages radio que Jack me lançait fréquemment au fil de l’histoire. Jack ne lésine jamais sur les petites remarques déconcertantes, mais se fend aussi de nous aider à trouver certains objectifs, si fermement convaincu qu’il est de sa supériorité sur nous. Ce mec n’en a juste rien à foutre de rien.


Voilà un joli Top 5 qui m’a permis d’aller chercher dans mes souvenirs de nombreux horizons pour parler de personnages qui sont, finalement, chers à mon coeur, mais pas pour pour les meilleures raisons ! A moins que ce ne soit l’inverse ?

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4 réflexions sur “TFGA #10 – Les méchants qu’on aime détester

  1. Alexandre dit :

    Même toi tu t’y mets, à mettre le méchant de Borderlands dans ton classement … je crois que je ne vais pas pouvoir y couper plus longtemps : Borderlands va rejoindre Dragon Age et Kingdom Hearts dans ma déjà trop longue listes de jeux à faire …

    Sinon, très bien vu et détaillé pour Kefka, qui a toute sa place ici, et une jolie surprise pour Splatoon là où je ne l’attendais pas !

    Bravo, encore un excellent classement, très agréable à lire 🙂

    • Le monde de Borderlands est vraiment hilarant dans son immoralité et Jack y est un citoyen modèle, si on peut dire, haha. Je te le recommande, y compris le mode co-op à 2 en écran splité. C’est bourrin et ça détend.

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