Pink Floyd – Les leads de Roger Waters

Au fil de la carrière de Pink Floyd, le bassiste Roger Waters est celui qui a accumulé le plus de crédits d’écriture des chansons, aussi bien au titre des chansons qu’il a coécrites avec d’autres membres qu’à celui de celles dont il est listé comme le seul auteur. Entre 1968 et 1983, il s’est progressivement constitué comme véritable leader et songwriter principal avant de quitter le groupe. L’évolution de sa position dans le groupe s’est accompagnée d’une évolution des personnes auxquelles il a attribué les leads vocaux et instrumentaux, non sans corrélation entre ces deux mouvances.

La succession

Lorsqu’il s’est établi et baptisé, le groupe Pink Floyd était dirigé par la puissance créative et le charisme du premier auteur, Roger Keith « Syd » Barrett. Le Pink Floyd des débuts était emporté par ce chanteur et guitariste doué d’un sens de la poésie singulier qui a permis, notamment en se reposant lourdement sur la virtuosité du claviériste Richard Wright, au groupe de se forger une identité forte et remarquable en l’espace d’une paire de singles et d’un premier album inimitable en 1967.

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Couverture du premier album, The Piper At The Gates Of Dawn. En haut à droite, Barret puis dans le sens horaire : Wright, Nick Mason et Waters

Malheureusement, la tragédie n’a pas traîné à frapper et Barrett, par une combinaison de troubles mentaux et de doses astronomiques de LSD, se grille rapidement le cerveau et participera à peine à l’album suivant avant d’être évincé du groupe. Les trois autres membres du groupe ont quant à eux bien envie d’en faire leur gagne-pain, donc ils recrutent rapidement un nouveau guitariste (David Gilmour) et s’attellent à la tâche difficile de créer des nouvelles chansons sans Syd.

En dehors des morceaux collaboratifs nés d’improvisation de groupe et logiquement attribués aux quatre membres du groupe, il faut, pour alimenter des albums, créer des chansons au format un peu plus conventionnel. Pour créer celles-ci, deux candidats se manifestent dans un premier temps : Roger Waters et Richard Wright. David Gilmour se lancera un peu plus tardivement mais finalement ne sera auteur seul que de peu de chansons du groupe avant sa première séparation en 1983.

Les chansons de Richard Wright portent toutes des ambiances singulières, quelque part entre jazz, pop psychédélique et musique d’avant-garde, avant de s’aventurer vers des contrées plus glorieuses. En général, selon l’auditeur, ça passe ou ça casse : soit l’unicité de la chanson fera hurler au génie, soit elle ne retiendra en rien son attention. Waters, quant à lui, puise au départ parmi de nombreuses inspirations textuelles : poésie orientale, textes bibliques, paroles des Beatles et traumatismes de la guerre (il a perdu son père et son grand-père au cours des deux Guerres Mondiales). Plus simple sur la composition mais plus à l’aise sur l’écriture, il deviendra peu à peu le parolier principal (puis unique) et compositeur le plus prolifique du groupe. Par conséquent, c’est à lui que revient de loin le plus grand nombre de chansons de Pink Floyd ne créditant qu’un seul auteur et compositeur.

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Les outils de Waters

De 1965 à 1983, j’ai dénombré 63 chansons de Pink Floyd créditant uniquement Roger Waters comme auteur-compositeur. La simplicité générale de son approche de la composition (grilles d’accords rudimentaires, peu de rythmiques farfelues, peu de riffs révolutionnaires) fait que pour atteindre ce score très respectable, Waters a su varier avec talent les palettes sonores, orchestrations et arrangements de ses chansons.

Je souhaite revenir ici sur la variété des outils qu’il a mis en oeuvre pour enrichir ses compositions et contribuer à l’édifice monumental qu’est la discographie de Pink Floyd, et plus précisément à qui il a confié les leads, qu’il s’agisse de parties chant principales ou de solos et autre leads instrumentaux. En effet, on ne peut pas franchement inclure un solo de basse dans toutes ses chansons, mais surtout, Waters se heurte initialement à la réalité qu’il n’est pas le plus virtuose des musiciens du groupe, ni non plus le chanteur le plus doucereux…

Commençons par le commencement.

Les années 1960

En 1965, avant que le groupe de jeunes étudiants changeant allègrement de nom comme « The Architectural Abdabs », « The Mega Deaths » et « Sigma Six » ne décide de s’appeler « Pink Floyd », c’est sous le nom « The Tea Set » qu’il réalise son tout premier enregistrement. De cette session émergent des reprises de classiques du blues, des chansons originales écrites par Syd Barrett et une chanson écrite par Roger Waters, la première, « Walk With Me Sydney ». Waters y partagera le micro avec Barrett et la petite amie de Richard Wright, Juliette Gale – qui épousera Wright quelques années plus tard mais ne jouera plus jamais avec le groupe. Pour ce qui est des leads instrumentaux, nous aurons de la guitare par Barrett ainsi que du piano électrique par Wright.

Deux ans plus tard, Waters signe une des chansons du premier album, de Pink Floyd cette fois-ci, et l’aventure démarre.

 

 

Le premier constat assez étonnant (surtout quand on connaît la suite…) est l’humilité de Waters : il ne chante en lead que sur la moitié de ces chansons et ne s’offre que trois solos. Même lorsqu’il chante, en 1967 et 1968, il partage toujours le micro avec au moins un autre membre du groupe à part sur « Set The Controls For The Heart Of The Sun ».

Deuxième constat : il a souvent recours au même « joker » instrumental que Syd Barrett avant qu’il quitte le groupe, à savoir Richard Wright. Wright, en plus d’être le meilleur improvisateur du groupe, est un caméléon pouvant jouer de tous types de claviers, mais aussi du vibraphone et – nous le verrons plus tard – même du trombone ! Il est donc extrêmement facile de compter sur lui pour enrichir l’ambiance d’un morceau et lui fournir la virtuosité instrumentale attendue de toute chanson de pop/rock psychédélique ou progressive.

Troisième constat pour ces années 1960, dont l’importance se révélera cruciale pour la suite : Roger Waters met immédiatement à rude épreuve les talents de chanteur et de guitariste du nouvel arrivant David Gilmour dès son inclusion au groupe. Gilmour se voit confier le chant et la guitare acoustique, ainsi qu’un lead de slide guitar, sur la première chanson enregistrée après son arrivée, « Julia Dream ». Il devra livrer son premier solo de guitare électrique dès l’enregistrement suivant « Let There Be More Light » et chantera la majorité des chansons écrites par Waters sur la suite de cette période.

En 1969, Pink Floyd réalisera son deuxième album de l’année, Ummagumma, sous la forme d’un enregistrement en concert, puis d’un album studio sur lequel chaque membre réalise une demi-face du vinyle, absolument tout seul. C’est la raison pour laquelle les deux dernières colonnes ne contiennent que du rouge. Waters y réalise une ballade acoustique simple et très paisible, et un morceau totalement a cappella extrêmement expérimental.

En dehors de ces grandes lignes, Waters est l’auteur de la seule chanson de Pink Floyd sur laquelle les quatre membres partagent le lead vocal, qui sera également sa première chanson de satire politique au sujet de la guerre, « Corporal Clegg ». Il n’a donc à cette époque pas peur de varier les interventions en faisant chanter le batteur Nick Mason, mais aussi en confiant un solo de pipeau à l’épouse de ce dernier sur « Green Is The Colour ».

Mais cette période de forte expérimentation ne durera pas et le groupe va finir par trouver sa personnalité musicale, ce qui cantonnera un peu plus les rôles dans la décennie suivante.

Les années 1970 (avant The Wall)

Les années 1970 sont sans aucun doute la décennie incontournable de la discographie de Pink Floyd. Au cours de cette période, le groupe conclut sa phase d’expérimentation sonore, termine de façonner son identité musicale, entérine Roger Waters comme parolier unique sur 5 albums et sort toutes ses chansons classiques dont celles de deux albums légendaires. Je garde de côté l’album The Wall sorti en 1979 pour des raisons qui deviendront très apparentes à la vue des tableaux suivants.

 

Gilmour et Wright ayant passé la moitié de la décennie précédente à affûter leur style instrumental à la guitare et aux claviers, Waters est parfaitement conscient de ne plus pouvoir rivaliser avec eux dans ce domaine. Plus aucun solo de basse ni lead de guitare acoustique : c’est d’ailleurs Gilmour qui jouera les solos de basse de « Pigs ». Par contre, fort du succès en concert de plusieurs morceaux dont il est le seul chanteur (« Set The Controls… » et surtout « Careful With That Axe, Eugene »), il rechigne beaucoup moins à chanter ses propres chansons. Par ailleurs, son éventail d’inspirations textuelles va se concentrer progressivement sur des sujets qui lui tiennent à coeur, ce qui le motivera d’autant plus à chanter ses textes.

La versatilité de Richard Wright est toujours mise à contribution, notamment à l’avènement des synthétiseurs, dont Pink Floyd se fera l’avocat dès 1972, mais il apparaît également qu’il intervient de manière plus sporadique que dans les ’60s où il était pratiquement omniprésent. Les mauvaises langues (comme moi) diront que c’est parce que travailler avec Wright rappelle trop à Waters l’époque où c’était sur lui que se reposait Syd Barrett, reléguant le bassiste à sa place « traditionnelle » dans la section rythmique du groupe.

En réalité, il est probable que Waters ait plus régulièrement recours aux cordes vocales et pincées de Gilmour pour deux raisons. D’une part, l’ayant fait intervenir dans ses morceaux depuis qu’il a intégré la formation, il devait voir en lui un collègue plus faisabiliste que Wright. D’autre part, il est clair qu’ils ont plus de connivences musicales : influences plutôt blues que jazz, volonté de faire du rock plutôt que de la musique d’avant-garde. Le résultat est une omniprésence de Gilmour aux leads, soit en chant, soit en guitare, soit aux deux. La seule exception à ce constat est « Pigs On The Wing », une chanson en guitare-voix que Waters joue et chante tout seul.

Par ailleurs, Waters continue à faire intervenir des personnes extérieures au groupe. Dans le cas du chant de « Have A Cigar » par Roy Harper, il s’agit d’une heureuse coïncidence de studio, car ni Waters ni Gilmour ne parvenaient à chanter la chanson de manière satisfaisante. Harper, qui enregistrait son album HQ dans les mêmes studios, a proposé de le faire et c’est cette version qui a été retenue. Mais l’apparition de Dick Parry au saxophone sur « Money » n’a rien de hasardeux : le groupe avait délibérément collaboré avec des éléments extérieurs en 1970 pour Atom Heart Mother et cela se reproduira à partir de The Dark Side Of The Moon et sur tous les albums suivants sauf Animals en 1977.

Comme mentionné plus haut, cet album est encadré par les deux moitiés d’une chanson interprétée intégralement par Waters. Ceci n’est pas anodin car, bien qu’il soit arrivé à plusieurs reprises dans la vie du groupe jusqu’alors que chaque membre écrive et compose seul des chansons, c’est la seule de ces chansons où le membre auteur est seul sur l’enregistrement depuis Ummagumma en 1969. Que 2 des 5 pistes d’Animals ne comportent que Roger Waters marque un tournant important dans la carrière de Pink Floyd : le bassiste se positionne désormais en leader et frontman du groupe.

The Wall

Double album le plus vendu de l’histoire de la musique, l’opus de 1979 est un succès particulièrement amer dans l’histoire de Pink Floyd. Les relations entre les membres sont au plus bas, Waters le voit de plus en plus comme une extention de lui-même et son inspiration, qui ne fait que croître, finit par écraser la créativité des autres solistes du groupe : Wright et Gilmour préféreront sortir chacun un album solo en 1978 plutôt que de tenter de les réaliser au sein du groupe. David Gilmour reste solidement accroché au navire en second affirmé de la hiérarchie tacite du groupe, mais Wright dévisse et sa motivation s’effondre. Waters ne lui confie presque plus rien sur l’album et lui préfère une explosion d’intervenants extérieurs, puis finit par convaincre les autres membres et leur manager de le faire renvoyer.

La première évidence est que parmi les 28 chansons du projet The Wall (album et film inclus) 24 sont écrites et composées uniquement par Roger Waters et toutes sauf deux sont chantées au moins par lui. The Wall est clairement un projet personnel de Roger Waters qu’il a accepté de partager avec Pink Floyd, ce qui ne sera même plus le cas sur l’album suivant.

Wright, comme je l’ai dit, ne joue que sur une poignée de chansons, ne chante plus pour Waters depuis « Eclipse » en 1973, et ne se voit attribuer qu’un seul lead pour lequel je suis généreux : les contrechants de synthétiseur à la fin de « Another Brick In The Wall, part 1 ».

David Gilmour est toujours présent au chant quand il faut donner un contraste avec la voix de Waters – chacun est libre de confronter leurs interprétations de l’expression « oooh babe » sur « Don’t Leave Me Now » – joue énormément de solos et de leads de guitare ainsi qu’un nouveau lead de basse, mais même lui devient temporairement remplaçable aux yeux de Waters, qui confie la guitare classique de « Is There Anybody Out There? » à Joe DiBlasi.

Deux choeurs sont invités sur l’album : un choeur d’enfants pour la cultissime « Another Brick In The Wall, part 2 », un choeur d’adultes pour l’interlude « Bring The Boys Back Home ».

Artéfact étrange de ce projet si personnel de Waters: il ne joue ni ne chante absolument rien sur « The Show Must Go On ». C’est la seule chanson qu’il ait écrite ou composée et sur laquelle il n’apparaît aucunement, occupant plutôt le poste d’un directeur musical. Il rectifiera amplement cet écart de conduite sur son dernier album estampillé « Pink Floyd ».

The Final Cut

Au début des années 1980, après le succès planétaire de The Wall, la tournée promouvant l’album les ayant ruinés, le film associé à l’album sorti en 1982, les trois membres restants du groupe étaient enfin prêts à passer à autre chose… Mais en fait, non ! Gilmour et Mason sont épuisés par l’atmosphère putride qui règne dans ce qu’il reste de Pink Floyd, et Roger Waters n’a pas dit son dernier mot sur sa colère, la mort de son père, la guerre et la classe politique. Il ressuscite donc des chansons rejetées des maquettes de The Wall, ajoute de nouvelles piques destinées à Margaret Thatcher et est prêt à enregistrer la suite du Mur. Que le reste de Pink Floyd le suive ou non.

Sur l’arrière de la pochette de l’album, il est inscrit : The Final Cut, a requiem for the post war dream by Roger Waters, performed by Pink Floyd. Cette fois-ci c’est clair : il s’agit d’un album solo pur et simple de Roger Waters sur lequel les deux autres membres du groupe jouent. Et encore, pas sur toutes les chansons, qui, cette fois-ci, sont toutes, sans exception, créditées à Roger Waters seul.

En plus d’avoir écrit et composé toutes les chansons de l’album, Waters les chante toutes, partageant avec Gilmour le lead vocal sur la seule « Not Now John ». Gilmour joue des solos bien plus froids et dénués d’émotion que ceux qui ont fait sa marque de fabrique sur la moitié des morceaux et apparaît à peine sur les autres. Nick Mason ne joue même pas la batterie sur tous les morceaux en comportant.

Par contre, ce tableau est, parmi tous ceux présentés dans cet article, celui qui contient le plus de lignes bleues, c’est-à-dire de leads confiés à des musiciens externes au groupe. En guise d’introduction de sa carrière solo à venir, Roger Waters convie sur ce disque des artistes de haut rang, comme entre autres Michael Kamen (plus connu pour avoir composé la musique du film Lethal Weapon) au piano et l’excellent saxophoniste Raphael Ravenscroft. Andy Bown, qui faisait partie de la formation des concerts The Wall, se charge lui aussi du piano et de l’orgue, dans un style imitant tellement celui de Richard Wright qu’encore à la sortie en 2017 de son album Is This The Life We Really Want?, il est ironique de constater l’empreinte que son rival de toujours a laissée sur Roger Waters.

The Final Cut sera le dernier album que Roger Waters fera en tant que membre de Pink Floyd. Il quitte le groupe en 1985 (enfin, il pense mettre fin au groupe mais oublie qu’il n’est pas le seul membre…) et sort par la suite plusieurs albums qu’il concevra de la même manière : il écrit et compose tout, chante la majorité des chansons mais confie la plupart de la musique à un panel changeant d’excellents musiciens. Ce modus operandi vers lequel son travail avec Pink Floyd l’aura fait converger n’évoluera plus : Roger Waters s’était enfin trouvé !

La construction d’un artiste solo

Il serait stupide et simpliste de reprocher à l’ego seul de Roger Waters l’éclatement de la formation classique de Pink Floyd, tant il a autant oeuvré à sa consécration qu’à sa perte. Le personnage lui-même a fait l’objet d’une foule de psychanalyses par le proxy de fans et critiques cherchant à comprendre les rouages de ce groupe hors du commun, donc je n’ai aucune raison d’y verser mes propres platitudes. Par contre, l’évolution de ce musicien est singulière.

« Maggie, what did we do? »

C’est difficile à visualiser aujourd’hui alors qu’il se tient devant nous comme l’inventeur des « concerts de rock de stade » et un des musiciens les plus riches de l’histoire – surtout quand, dans mon cas, on est né plus de 20 après Pink Floyd – mais Roger Waters était loin d’être un membre essentiel du groupe à cette époque, j’en suis sûr. Ses premières compositions à l’ère de Syd Barrett n’ont rien d’inoubliables et il y avait, dans les années 1960 à Londres, des dizaines de bassistes bien meilleurs que lui.

1967

« Real eyes realise real lies »

Nombre de documentaires et articles sur la carrière de Pink Floyd passent au moins 40% de leur temps à décrire le vol d’Icare de Syd Barrett parce qu’il est à la racine de tout ce qui a suivi dans la carrière du groupe, longtemps après son départ. Mais je pense qu’il y a également beaucoup à dire sur l’épanouissement lent mais sûr (pour le meilleur et pour le pire) de celui qui allait devenir le deuxième patron du groupe, alors que le hasard aurait pu le voir remplacé par un(e) autre bassiste hypothétique quelque part entre 1965 et 1967.

Richard Wright a toujours été synonyme de Pink Floyd en termes de sonorités et surtout d’atmosphère – c’est pour cela que The Final Cut, bien qu’étant selon moi le meilleur album de Roger Waters, n’a jamais vraiment été un album de Pink Floyd. David Gilmour et ses solos de guitare intouchables font indéniablement partie intégrante du « grand » Pink Floyd des années 1970. La question de l’importance de Nick Mason pour Pink Floyd ne se pose pas puisqu’il est le seul membre du groupe à toujours en avoir fait partie, et probablement le seul aujourd’hui à vouloir encore le voir exister sous une quelconque forme. La fierté de Roger Waters a engouffré l’équilibre délicat de Pink Floyd comme un trou noir, mais force est de constater que c’est lui qui a écrit ou co-écrit la majorité de ce que ce groupe a produit, notamment parce qu’il s’est fait violence au moment critique où le groupe, s’il ne trouvait pas un moyen de remplacer son diamant devenu fou, n’aurait jamais vu les années 1970.

1972

« Oh, by the way, which one’s Pink? »

Le résultat c’est qu’il a vite oeuvré à travers Pink Floyd à sa propre construction en tant qu’auteur, compositeur, arrangeur, producteur mais aussi interprète avec un style de chant tranchant très singulier qui n’avait d’autre choix que de se démarquer des voix claire de Gilmour et veloutée de Wright. Pour moi il est clair que ses meilleures chansons ont été conçues au sein de Pink Floyd plutôt qu’au fil de sa carrière solo, mais il est quand même devenu un artiste solo ayant collaboré avec des pointures comme Jeff Beck et Eric Clapton par la suite et a pu s’illustrer en son nom propre.

Dave

« Dave and I were never mates. »

Ces tableaux illustrent comment il s’est reposé sur une structure qui le dépassait et comment le fait qu’il en sorte un jour ou l’autre était de toute façon inévitable. J’aurais préféré que cela se fasse avec moins de perte et de fracas, mais l’artiste Roger Waters ne pouvait plus être contenu dans quoi que ce soit à l’aube des années 1980, c’est une évidence.

 

Live 8

« We were all equal in the end. »