Star Wars Episode VIII – The Last Jedi

Quand j’étais gamin, on m’a prêté un coffret VHS avec les trois premiers films Star Wars (IV, V et VI), que j’ai dévorés à répétition avant de les rendre, bien usés, plusieurs mois plus tard. Star Wars est devenu, comme pour beaucoup d’entre nous, un élément majeur de ma culture cinéma que je chérissais de tout mon coeur. J’étais un « fan » de Star Wars.

Quand la trilogie de prequels est sortie, petit à petit, le « fan » que j’étais a mis un certain temps à se rendre compte (ou plutôt à accepter) que cette trilogie était assez mauvaise, et surtout qu’elle ne rendait pas justice au matériau de départ, par bien des aspects. Comme dit Vîrus, « on se l’avoue mais c’est dur à admettre ». J’ai fini par m’y faire, notamment en faisant le deuil du personnage que j’avais le plus aimé de la première trilogie, Anakin Skywalker, totalement saccagé par son propre créateur dans ces épisodes I, II et III.

Quand la trilogie de suites actuellement en cours a été annoncée, j’étais partagé entre la joie de pouvoir voir plus de Star Wars et la méfiance d’y trouver un produit qui trahisse à nouveau la trilogie originelle. Cependant, je suis de ceux qui ont vraiment apprécié Star Wars Episode VII – The Force Awakens. N’ayant aucun mal à admettre qu’il est dans son essence une redite du tout premier film, c’est, je l’avoue, une attente que j’en avais. J’ai aimé la création des personnages de Rey, Finn, Poe (vite fait parce qu’on ne le voit pas beaucoup) et même, sans équivoque, Kylo Ren, qui est à mon sens un Anakin jeune bien plus réussi que le « vrai » Anakin jeune que les fans devront garder en mémoire jusqu’à leur mort. Je suis ressorti de cet épisode VII avec pas mal d’espoir pour la suite, bien que, cette fois-ci, résolu à démolir l’épisode VIII s’il finissait par devenir une redite de l’épisode V…

Quand je vois ce qu’est devenu l’épisode VIII, j’aurais largement préféré une redite de l’épisode V. Voilà pourquoi, en deux parties.

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Ouais, c’est ça, baisse les yeux.

I – Un mauvais film

Je suis consciente qu’il n’y a pas de Star Wars sans invraisemblance, mais là c’était vraiment beaucoup trop.

Je m’appuie sur cette citation de la personne merveilleuse qui m’accompagnait au cinéma pour préciser, d’ores et déjà, que je sais que Star Wars repose toujours sur un peu de n’importe quoi. Je ne suis pas dupe, je ne le suis plus depuis longtemps. Je suis même plutôt indulgent avec cette franchise sur les aspects scientifiquement absurdes (bruit dans l’espace, blasters qui font « piou-piou », « aimant laser » ), mais il y a des cas où ça devient vraiment gros au point de bousiller la suspension d’incrédulité de tout spectateur qui se respecte (ma préférée jusqu’à maintenant : les « charges soniques » comme armes de combat dévastatrices… dans le vide). Ce film est bourré de ça. Partout. Tout le temps. Il demande tellement de patience, d’indulgence et de gymnastique mentale du spectateur qu’il m’a donné la même impression qu’une réunion avec un collègue que je déteste.

Vu en dehors de la franchise dans laquelle il s’inscrit, en tant que film seul, Star Wars Episode VIII – The Last Jedi est un mauvais film. Vraiment, assurément et même manifestement une mauvaise oeuvre de cinéma. Son scénario est lamentable, sa narration est catastrophique, sa bande-son est aussi oubliable que celle du 12ème film Marvel que vous avez vu, certains de ses décors sont vides, d’autres sont hideux et ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre sont tellement mal exploités qu’ils en deviennent tristes. Aucun personnage de ce film n’a le moindre intérêt : ils se rangent tous sur une échelle allant de « Je n’en ai rien à faire » à « j’ai des poussées d’urticaire à chaque fois que ce personnage apparaît à l’écran ». Par élégante continuité avec le scénario, la narration et les personnages, les dialogues sont aussi insipides qu’inutiles, quand ils ne servent pas à nous délivrer une exposition tellement lourde que je me demande pour quel genre d’arriérés ce film prend son public.

ATTENTION : A PARTIR D’ICI, FULL SPOILERS AHEAD! (ça serait vraiment dommage de vous priver de la découverte des 2, 3 trucs qui font progresser l’histoire tant il n’y a absolument rien d’autre qui soit digne d’intérêt dans ce film)

The Last Jedi traîte tellement tout mal qu’il serait beaucoup plus rapide de lister les choses sympa dedans. Mais ça serait pas une critique acerbe si je m’en tenais à ça. Alors on va commencer par les bons points (ça sera pas long) et ensuite on va dérouler… le reste.

Le secteur sur lequel le film brille le plus est sans conteste le travail visuel. Pas dans son intégralité – loin s’en faut – mais il y a un certain nombre de points d’intérêt à ne pas rater : pour une raison qui m’échappe, Johnson fait preuve d’une quasi-obsession pour la couleur rouge et sa mise en valeur. A l’exception de deux autres ambiances (l’île sur laquelle Rey retrouve Luke et l’infame planète de nantis et son casino fort en CGI qui auront vieilli dans 3 mois), le parti-pris artistique est de réduire le plus possible la palette de couleurs à trois teintes : noir, blanc et rouge vif. Je salue cet exercice de style qui engendre quelques scènes au visuel resplendissant, dont le sacrifice de la Vice Amirale Holdo et tout ce qui se passe dans la salle du trône de Snoke. En fait, si les White Stripes étaient encore en activité, Rian Johnson aurait pu faire le choix de carrière bien plus pertinent de devenir leur réalisateur de clips attitré.

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Voyez ces beaux costumes rouges qui contrastent avec le fond blanc des affiches promo ?

Un autre point d’intérêt est le jeu de deux acteurs à qui, apparemment, personne n’avait dit qu’ils jouaient dans un film d’une platitude caricaturale : Mark Hamill et surtout Adam Driver livrent les deux performances qui harnachent le spectateur dans leurs scènes de dialogue, malgré le marasme dont elles émergent – notamment celles où Kylo et Rey se retrouvent « connectés » à distance. Loin de moi l’idée de dénigrer les performances du reste de la distribution, par ailleurs très respectable : vu le talent dont fait preuve Rian Johnson sur son scénario, il n’est pas difficile d’imaginer l’incompétence avec laquelle il a dirigé ses acteurs et actrices.

Enfin (oui oui), parmi les douzaines de gags forcés, mal pensés et les erreurs de ton crasses dont le film fait preuve, on pourra tout de même épargner les créatures autochtones de l’île où réside Luke, sortes de « bonnes soeurs de l’espace » dont la destruction inopinée de la brouette par Rey reste un des meilleurs plans du film. C’est dire !

Après cette liste exhaustive des points forts du film, passons aux points faibles, que je listerai de manière bien moins méticuleuse parce que si je le faisais, j’aurais un manuscrit à déposer en maison d’édition.

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Peut-être que Rian Johnson aurait pu, par exemple, en mettre ne serait-ce qu’un dans le film

Surfant assez distinctement sur deux vagues absolument inconciliables, le script de Rian Johnson entrelace une histoire de fuite-poursuite sans rime ni raison avec une sorte de comédie « coming of age »  aux relents de films d’animation quelque part entre Shrek 2 et Les Minions, au moyen d’une trame narrative comparable à celle d’un épisode de Game Of Thrones : il veut présenter les péripéties trop disparates d’un nombre trop grand de personnages, ce qui donne au tout l’impression de passer 2h30 à raconter 30min d’histoire, le tout en passant son temps à casser le rythme des deux (voire trois) trajectoires entremêlées.

Puisqu’on parle de trajectoires entremêlées, je vais revenir sur ces scènes que j’ai saluées plus haut, où Rey et Kylo Ren dialoguent à travers le cosmos via l’Application ForceTime. Elles soulèvent un premier problème dans la longue liste que le scénario comporte : tout indique que ces conversations ont lieu en instantané. Le problème, lui, émerge du fait que Rey passe des jours à attendre sans rien faire que Luke veuille bien être son père adoptif, tandis que les batailles et poursuites auxquelles Kylo Ren prend part sont plutôt dans une dynamique de l’immédiat. Ca ferait que la fuite du vaisseau qui est, pour rappel, presque à court de carburant dure plusieurs jours, voire semaines. Mais dans l’autre sens, aussi, entre la conversation qu’ont Kylo et Rey avant la destruction du cockpit projetant Leia dans le vide sidéral et la suivante, il se passe assez peu de temps sur l’île où l’on suit Rey… De ce fait, Leia réaliserait sa résurrection christique pour s’empresser de ne servir à rien, en l’espace de 3h.

C’est le meilleur moment pour parler de la pire scène du film. Quand Kylo hésite à tirer sur le cockpit où se trouve sa mère, puis qu’un de ses alliés le fait à sa place, projetant la Générale dans le vide à travers un mur de feu, j’ai été pris aux tripes. Une mise à mort aussi abrupte d’un personnage aussi important, à l’opposé de la théâtralité que l’on connaît dans cette série, aurait été un magnifique contrepied, un acte de bravoure de Rian Johnson… Mais il a fallu qu’on assiste au moment le plus harrypotteresque de la saga quand Leia, son corps déjà congelé par le froid effroyable de l’espace, décide de se réveiller et de voler telle Superman vers l’intérieur du vaisseau (dépressurisant au passage la pièce dans laquelle elle rentre comme dans un moulin, ce qui aurait dû tuer encore une demi-douzaine de Résistants mais bon, on n’en est même plus à se soucier de ce genre de détail). Le résultat de cette scène ? Il est multiple, et tout est mauvais :

  • Il arrache tout son sens à la scène de « mort » précédemment décrite, puisqu’elle n’est plus une scène de mort. Tout le poids de ce qui aurait pu être un grand plan s’évapore et il ne nous reste qu’une scène posant une protagoniste immortelle dans une posture bien trop mauvaise pour que sa rémission soit convaincante. Je devrais peut-être ajouter Transformers ou The Fast And The Furious dans le cocktail d’inspirations du début de cet article.
  • Il crée une gigantesque incohérence vis-à-vis d’une autre scène ayant lieu au début du film : celle où Paige Tico se sacrifie pour larguer la charge de son bombardier (on y reviendra). Paige est allongée sur une grille située à une distance très réduite de l’ouverture de son vaiseau. A ce stade, le spectateur doit faire l’effort de croire que dans cette version de l’espace, on peut toujours respirer et on ne se transforme pas en glaçon humain. Puis la scène de Leia nous rappelle gentiment que non : la température qui règne est bien le zéro absolu. Le film se contredit.
  • Il va donner du fil à retordre au scénariste de la suite pour faire disparaître Leia de l’écran, alors que Carrie Fisher nous a tristement quittés. Au vu du temps qui a passé depuis son décès et surtout de la totale inutilité du personnage de Leia dans la suite du film, il aurait été salvateur, pour ce film et pour le suivant, de laisser Leia mourir d’une aussi belle mort. Mais pour ce faire, il eût fallu qu’un bon scénariste travaille sur le projet.
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Une chose que le film gère aussi mal que le temps, c’est bien l’espace (rappelez-moi le titre de la saga?). D’abord, comme je l’ai esquissé plus haut, en ce qui concerne le vide. Que les vaisseaux fassent du bruit dans le vide pour que les scènes semblent plus « actives », je peux le comprendre (même si, avec un compositeur un peu plus inspiré, on pourrait s’en sortir avec l’aide de la musique, mais c’est un autre débat). Mais la raison principale pour laquelle tout le monde aime les scènes de bataille spatiale, c’est très simple : c’est parce que l’espace est un environnement hostile. Quand un vaisseau spatial est détruit, il n’y a pas d’éjection d’urgence ni de parachute de sécurité, il n’y a pas de bouée ni de gilet de sauvetage. La raison secondaire pour laquelle ces batailles sont populaires, c’est que dans l’espace, il n’y a ni air ni gravité : les vaisseaux peuvent aller très vite, et la menace peut venir d’absolument toutes les directions. Pour que ces points importants fonctionnent, il faut respecter les limites qui vont de paire ! Par exemple, un bombardier, dans l’espace, ça n’a absolument AUCUN SENS. Paige qui se heurte et tombe de plusieurs mètres sur la grille de l’embouchure de sa baie de largage, ça n’a AUCUN SENS. Paige, toujours, qui donne des coups pour faire tomber la télécommande de déclenchement près d’elle, puis qui la rattrape in extremis avant qu’elle ne tombe dans le vide, ça n’a, je vous le donne en mille, AUCUN SENS. Et ne me parlez pas de la trajectoire des lasers qui se courbe comme s’il s’agissait de boulets de canons… Rian, si tu voulais faire une bataille navale, fallait écrire la suite de Waterworld, personne ne t’aurait reproché un scénario pourri !

Autre aspect spatial complètement trucidé par le film : les distances et par extension, les vitesses et accélérations. L’exemple le plus critique est celui qui va conditionner toute une trame narrative (celle de la Résistance). Alors que la bataille entre les troupes du Premier Ordre et celles de la Résistance fait rage, cette dernière se rend compte que le vaisseau de Snoke est capable de les tracer, malgré un saut dans l’hyperespace. Etant presque à court de carburant, il est décidé de partir en fuite sans effectuer de saut en se maintenant hors de portée dudit vaisseau ennemi principal parce que, et je cite, « si on reste hors de portée du vaisseau mère, les TIE fighters se retireront »…

Pourquoi ? Quel est l’intérêt d’avoir des chasseurs individuels s’ils n’ont pas la possibilité de partir plus loin que la portée des canons principaux ? Est-ce que Rian Johnson a déjà entendu parler de guerre dans sa vie ? Est-ce qu’on rappelle au bercail des avions de chasse quand ils sont hors de portée du porte-avion ? Sérieusement ?

La suite du film nous montre que le vaisseau-amiral de la Résistance reste pile à la limite de portée du vaisseau de Snoke jusqu’à la dernière goutte de son carburant. Premièrement, je rappelle que, dans l’espace, il n’y a pas de frottements parce qu’il n’y a pas d’air. De ce fait, quand un vaisseau accélère (en utilisant son carburant), il gagne une vitesse qu’il ne perd jamais (« Jusqu’à ce qu’il atteigne une vitesse de l’ordre de celle de la lumière, coco », dirait Albert Einstein, mais il est assez clair qu’on en est loin). Si on y réfléchit ne serait-ce qu’une seconde, il est immédiat de comprendre que la situation des deux vaisseaux restant à distance fixe l’une de l’autre (si j’en crois le reste du film, pendant des semaines, ou alors trois heures) est impossible : il faudrait que les deux vaisseaux, « pleins gaz », aient EXACTEMENT la même courbe d’accélération. Pas seulement de vitesse, mais bien d’accélération. Quelles sont les chances ?

Mais par ailleurs, le vaisseau de Snoke n’est pas seul. Il y a toute une flotte de destroyers à ses côtés : il suffit de tous les envoyer vers l’avant dans un bref saut hyperespace pour tenir le vaisseau de la Résistance en tenailles : fin du film.

Mais des problèmes de distance, il y en a plein d’autres, d’importance plus ou moins grande :

  • à la fin du film, quand Rose manque de se tuer en essayant d’empêcher Finn de se tuer (…), cela fait plusieurs minutes que les deux s’éloignent de la base à bord de leurs vaisseaux de combat au sol, donc aisément plusieurs kilomètres. Mais ensuite, le film veut nous faire croire que Finn a ramené Rose, inerte, en la trainant sur un traineau de fortune, en quelques secondes.
  • il est évident que l’île où se trouve Luke est très reculée dans la galaxie, pourtant Rey met autant de temps à en revenir que Finn et Rose ont mis à parcourir la distance séparant le vaisseau de Snoke de la planète de sel (alors visible depuis le vaisseau).
  • je vais devoir revenir sur le temps : quand Rose et Finn font leur petite escapade sur la planète opulente, ils sont clairement à plusieurs dizaines de parsecs du vaisseau de Snoke, puisqu’à leur retour, quand ils approchent, ils disent qu’il n’en reste « plus que 4 » à parcourir. Sur la planète, ils se font capturer, puis emprisonner, puis s’évadent, puis retrouvent le personnage de Benicio Del Toro, puis reviennent, en à peine quelques heures du côté de Poe…

D’ailleurs, cette escapade… Il y a des problèmes énormes avec la section du film qui concerne la Résistance, Poe, la Vice-Amirale Holdo, Rose et la Capitaine Phasma. D’emblée, je viens d’expliquer que la notion de cette « fuite tendue » ne tient pas debout une seconde, mais c’est loin d’être tout. Une fois le film terminé et tous ses tenants et aboutissants dévoilés, la totalité des événements n’impliquant pas Rey est inutile. Il ne s’y passe rien. Finn se réveille, rencontre une Rose qui ne sert qu’à le promener à plusieurs endroits de la galaxie sans aucun but (puisque leur plan n’arrive même pas à aboutissement), tout ça pour arriver à beaucoup de destruction, la mort d’une Phasma qui (décidément, pauvre Gwendolyn Christie) ne sert absolument à rien, une survie in extremis de la destruction d’un vaisseau qui décide par grande politesse de bien leur laisser le temps de s’échapper, alors qu’il a quand même pris un saut hyperespace raté du vaisseau-amiral de la Résistance dans la tronche et enfin une tentative de sacrifice contrecarrée par une autre tentative de sacrifice servant à montrer au premier candidat au sacrifice, au prix du sacrifice du deuxième candidat, qu’il ne faut pas se sacrifier.

Finn et Rose partent sur une planète lointaine à la recherche d’un craqueur de code (« le seul de l’univers capable de craquer ce code » selon Maz) qu’ils ne ramènent pas, mais rencontrent un autre gars qui, par chance, est finalement lui aussi capable de le faire. Entre deux commentaires plus génériques l’un que l’autre sur le capitalisme outrancier et l’exploitation des enfants et des bêtes, Rose dit, quand ils tombent sur la course de ces sortes d’alpagas de l’espace, que c’est la première fois qu’elle en voit un en vrai ; pour ensuite en chevaucher – ou devrais-je dire « alpaguer » ? – pour en alpaguer un au galop, sauter des obstacles, se faufiler dans des ruelles basses de plafond, traverser des fenêtres, détruire un casino, tout ça 10 minutes plus tard. Mais ce n’est pas la seule fois où elle se révélera des talents inattendus : je rappelle qu’elle travaille à la maintenance dans la Résistance (raison pour laquelle « elle n’a pas souvent la chance de parler à un héros »), mais apparemment, pour les besoins du film, elle devient pilote sur la planète au sol salé ! Est-ce qu’elle est, elle aussi, une Jedi potentielle cachée ? A ce stade-là d’incohérences scénaristiques, je ne serais même pas surpris qu’on apprenne dans l’Episode IX qu’elle est la fille de Snoke. Au moins, si c’est le cas, elle pourra nous raconter d’où il sort…

Pour encapsuler cette escapade d’une chronophagie qui frise l’impardonnable au sein d’une trilogie, nous avons la rivalité parachutée entre Poe Dameron et la Vice-Amirale Holdo. Dès les premiers instants, ça ne sent pas bon : le scénario essaie de nous faire avaler qu’un gradé comme Poe n’avait jamais associé le nom de la n°2 d’une organisation comptant environ 250 combattants qui vivent toujours ensemble, avec le visage de cette humaine aux cheveux violets, tout ça dans le but de nous larguer une des dizaines de scènes comiques mal senties du film. La raison, donc, de l’escapade de Rose et Finn est cette gueguerre entre Poe et Holdo qui fait que Holdo ne veut pas expliquer son plan à Poe, because fuck you, that’s why. Cette rétention d’information complètement inexpliquée dans cette situation de crise coûtera, je le précise, la vie à plusieurs dizaines de personnes.

[Petite pause pour donner un petit conseil de simple spectateur à tout scénariste qui ne saurait comment donner une raison à Holdo de cacher ce plan à Poe : au lieu d’inventer un traqueur-qui-marche-malgré-les-sauts-hyperespace comme première hypothèse, il suffit de dire que Holdo soupçonne un membre de la Résistance d’être une taupe. Pas besoin d’être la prochaine Agatha Christie pour y penser.]

Autre aspect bancal d’un film tellement boiteux qu’il faudrait scier ses pieds, l’humour. Tout du moins, ce qu’il me semble que Rian Johnson appelle de l’humour. The Last Jedi comporte un tel assortiment de blagues, gags et sketches, ratés pour une si grande variété de raisons qu’il servirait presque de collection de tout ce qu’il ne faut pas faire pour apporter du « comic relief » dans un film d’action ou de drame. Tous les clichés du mauvais humour présents en 2017 se produisent dans ce film :

  • les Porgs, copie carbone des Minions avec une touche de Chat Potté, font la gloire des images de synthèse, cet aspect du cinéma si pratique pour faire mal vieillir un film. Ils servent de petites créatures d’une mignonitude pratiquement coercitive à l’égard du spectateur, qui se fera arracher des sourires plus nerveux que joyeux en les voyant se faire balader par la gravité dans le cockpit du Faucon Millenium ou en faisant les gros yeux à Chewbacca en champ-contrechamp 4 fois d’affilée pour être bien sûr que le public de débiles profonds que le film nous croît être ait bien compris qu’il faut rire. Le gag du Porg rôti aurait pu être bon si Johnson avait joué à fond la carte de l’univers cruel que Star Wars connaît bien : un vrai Chewbacca aurait capturé le Porg faisant les gros yeux pour le manger lui aussi. Mais Rian Johnson n’a manifestement jamais vu un Star Wars.
  • le coup de la musique épique qui s’arrête subitement pour changer une scène dramatique en farce – précisément quand Luke jette le sabre de son père par-dessus son épaule – aka le nouveau « badum tss » du cinéma de superhéros, que vous avez déjà vu 50 fois dans un film Marvel.
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A la différence de Rian Johnson, Joss Whedon sait écrire un film dont le rythme permet ce genre de gag, en ne le mettant pas au bout de 10 minutes de film, par exemple.

  • autre cliché sorti tout droit des cartoons Warner Bros et ayant traversé les décennies jusqu’à nous en passant par de véritables comédies comme Retour Vers Le Futur et Brooklyn Nine Nine : le personnage que personne n’aime et qui sert de dindon à toutes les farces. Hux, le personnage de Domhnall Gleeson, a tiré à la courte paille et ne sert absolument à rien d’autre qu’à être un sujet de moquerie, pendant tout le film. Effectivement, cet homme est abject et c’est logique de s’en prendre à lui. Mais dans la mesure où cet épisode VIII nous laisse avec un méchant absolument pas convaincant ni construit, il aurait été bien plus judicieux de laisser son sérieux à Hux pour en faire un rival de Kylo Ren, face auquel il prend de l’ampleur. Pas le punching ball du dernier acte du film. Pour un scénariste qui n’a pas peur d’inventer des personnages parachutés pour faire avancer une intrigue sans intérêt et élucider des mystères bien au-dessus de leurs compétences (oui, je te regarde, Rose), il aurait été équilibré et appréciable d’inventer un souffre-douleur du côté du Premier Ordre. Mais pour cela, il faudrait se soucier de l’équilibre de son script.
  • En prolongement des Porgs, nous avons bien sûr BB-8 qui reprend le rôle tenu par R2D2 dans les films précédents, celui d’apporter des touches de légèreté en étant mis dans des situations cocaces. Le problème, c’est que dans ce film, le cocace tourne au ridicule quand BB-8 est aperçu aux commandes d’un vaisseau de guerre bipède alors qu’il a tout au plus deux bras télescopiques pour le contrôler. Le cocace, toujours, vire carrément au dérangeant quand l’explosion de la baie des chasseurs du vaisseau-amiral de la Résistance projette Poe dans un couloir, et BB-8 moins d’une seconde plus tard, pour « rire ». Sauf que l’explosion vient de tuer des dizaines de membres de la Résistance, donc le positionnement de ce gag est vraiment très maladroit.
  • Je ne sais même pas comment aborder la scène où Luke trait une espèce de morse de l’espace pour boire son lait tellement elle est gênante et inutile. L’image du lait qui coule dans sa barbe me poursuivra jusqu’à ce que je contracte la maladie d’Alzheimer.

Finalement, le seul brin d’humour qui semble coller au ton des films Star Wars réside dans les créatures autochtones de l’île de Luke, qui se plaignent des dégâts occasionnés par l’entraînement de Rey, si on peut parler d’entraînement.

II – Un horrible Star Wars

Je me dois de remercier Rian Johnson sur ce point : la manière qu’il a de massacrer l’héritage des films précédents à la machette me permet d’être beaucoup plus synthétique dans cette seconde partie.

Vu à travers le prisme de la saga Star WarsThe Last Jedi est une honte quasiment indicible. A l’insulte de l’intelligence d’un public passablement cinéphile, il ajoute une véritable trahison du matériau initial et un gigantesque doigt d’honneur à l’encontre du fan qui commet l’affront de ne pas être un fan aveugle.

Pour commencer, The Last Jedi procède presque méthodiquement à l’assassinat de tous les personnages pré-existants. Et je ne parle pas du fait de faire mourir Luke. A la rigueur, il s’en tire mieux que ceux qui doivent revenir dans le film suivant. On se souvient tous de comment Leia est passée de princesse/diplomate/rebelle dissimulée à demoiselle en détresse en soutif, de comment Padmé est passée de reine/diplomate/rebelle à… demoiselle en détresse qui pleure beaucoup ou surtout de comment Anakin est passé de gamin prometteur et futur méchant emblématique absolu à adolescent bourré d’hormones en crise contre son père adoptif. Rian Johnson réussit le pari (que personne ne lui avait demandé de faire) de surclasser George Lucas en appliquant un traitement similaire à tous les personnages que l’on connaissait.

  • Rey était cette jeune femme ultra-autonome à la tête très dure qui a traversé la galaxie pour retrouver Luke et avait bien l’intention de le ramener avec elle, de gré ou de force. Elle est désormais une gamine pleine d’insécurités qui cherche à tout prix la validation d’un papa imaginaire. Et je suis maintenant censé croire qu’avec son vécu, elle est gênée de voir un mâle torse nu. Et elle dort dehors alors qu’il y a 5 cahutes inhabitées et son vaisseau à proximité.
  • Finn était un Stormtrooper réformé qui finissait martyr de la Résistance. La phrase que je viens d’écrire est le truc le plus beau que l’épisode VII ait apporté à la franchise. Dans l’épisode VIII, il se réveille, dépourvu de toute séquelle handicapante et procède à devenir un héros de téléfilm de Noël, qui se fait balader par quelqu’un qu’il ne connaît pas dans un plan auquel il ne comprend rien où tout se résout par la chance et il découvre… que le capitalisme c’est cruel ??? C’est un Stormtrooper ! Un Stormtrooper !! Il a vu pire que de la bourgeoisie dans sa vie !!!
  • Chewbacca, à ce stade, est pratiquement un figurant. A part quelques gags qui ne correspondent pas à la nature d’un Wookie et quelques plans de pilotage, il est presque totalement extérieur.
  • C3P0, lui, est un véritable figurant. Sa scène la plus importante est celle où, en tant que droïde, il voit une projection de Luke.
  • R2D2, c’est guère mieux. On a essentiellement droit à un « dialogue » entre Luke et lui qui nous confirme que, dans l’épisode VII, il s’est réactivé exactement au bon moment par la pure opération du Saint Esprit, puisque Luke n’a jamais voulu qu’on le retrouve. Et puis un petit fan service à peine forcé où il repasse le message de détresse de Leia qui a tout commencé.
  • BB-8 remplit à peu près le même rôle que dans le film précédent, mais ses gags sont tellement mal pensés qu’il n’est plus attachant mais agaçant.
  • Kylo Ren, tout immature qu’il était, avait au moins le charisme accidentel d’une personne déterminée malgré son absence de repères, parce qu’il avait une puissance manifeste. Une sorte d’arme peu raffinée, aux mains d’un maître malfaisant dont les plans, bien que nébuleux, laissaient présager du pire. Ici, il est plutôt comme son grand père : un adolescent tumultueux en crise avec son père adoptif. Il n’a vraiment aucun objectif, ce qui donne un goût de faux à la scène où il propose à Rey de se joindre à lui. Se joindre à lui pour faire quoi, au juste ?
  • Snoke n’était pas un méchant révolutionnaire dans le film précédent. Il était juste mystérieux : on ne connaissait pas ses plans, ses ressources, ses méthodes, ses motivations, ses origines, sa puissance. Tout autant de questions que ce film… a balayées d’un revers de manche pour en faire une caricature de méchant de James Bond, qui rit beaucoup, se croit trop fort et perd pour une broutille.
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Je suis invincible car je lis les pensées d’un gars qui est précisément en train de tourner un sabre laser vers mon flanc !

  • Leia ne s’en sort pas mal dans ce film, jusqu’à la scène qui aurait dû être sa dernière. Jusqu’au moment où une explosion la propulse dans l’espace vers une mort certaine, elle est la Leia qu’elle aurait dû être. Une vraie guide, charismatique et inflexible, qui ne perd pas espoir et qui se sent connectée à son fils par la force. Emmenée par une mort soudaine et inattendue, parce que c’est toujours comme ça qu’on meurt à la guerre, elle serait morte avec ses soldats, parce qu’elle n’était pas le genre de Générale qui reste en retrait. Elle risquait sa vie comme les autres. Ensuite, elle est devenue Mary Poppins. La magie de Disney, il paraît.
  • Pour être honnête, Poe Dameron était pour moi un des points faibles de l’épisode précédent. Sa disparition puis sa réapparition inexpliquée ne passent toujours pas pour moi. J’adore Oscar Isaac, il a une bonne gueule, mais son personnage n’apporte pas grand chose, à part quelqu’un pour rentrer dans la case du gentil un peu trop sûr de lui.
  • Yoda est revenu sous forme de marionnette, c’est toujours ça. Quant à la pertinence de sa présence dans ce film…
  • Vous vous souvenez du Capitaine Phasma ?
  • Mais le plus grand brûlé du film, celui qui s’est fait bafouer, piétiner, massacrer le plus honteusement restera sans nul doute Luke Skywalker. La raison d’être de la première trilogie Star Wars, c’est de nous montrer comment un orphelin accède à la vraie nature du côté clair de la Force en comprenant qu’il ne faut jamais avoir peur du mal, que si l’on voit ne serait-ce qu’un minimum de bien dans le coeur d’un être malfaisant, il faut être prêt à tout sacrifier pour laisser une chance à ce bien de ressurgir. C’est ce que Luke a fait dans Return Of The Jedi. Son père n’est plus qu’une petite étincelle dans la noirceur de Darth Vader mais il est prêt à mourir plutôt que de la laisser s’éteindre. Il s’en remet au bien présent chez son père, même si ça doit lui coûter la vie. Voilà à quel point il n’a pas peur du côté obscur. Comment est-ce que Rian Johnson a pu s’imaginer qu’il était cohérent de faire que ce personnage, plusieurs années après ces événements, un chevalier Jedi sans opposant, littéralement invincible, pourrait prendre peur d’une noirceur émergente dans le coeur d’un de ses propres élèves ? Au point d’essayer de le tuer dans son sommeil ? Son NEVEU, par-dessus le marché ? Parce que « Snoke avait déjà trop d’emprise sur lui » ? Quelle pouvait bien être la puissance immense de Snoke pour qu’il redoute plus son emprise sur Ben Solo que celle qu’avait Palpatine sur Darth motherfucking Vader ? Fort dommage que Luke décide de maintenir son ninjutsu improbable tout juste assez longtemps pour en mourir à la fin : il aurait peut-être pu nous parler de Snoke, lui qui le connaissait si bien !

J’aurais aimé que ce gaspillage gigantesque de personnages se soit contenté des personnages pré-existants, mais bien sûr, cela n’a pas été le cas.

  • La Vice-Amirale Holdo m’a tristement rappelé le Comte Dooku de l’épisode II. Elle est un personnage parachuté dans l’histoire sans aucun signe avant coureur, avec deux ou trois répliques d’exposition mal intégrées servant à lui donner une backstory la rendant artificiellement importante, le temps d’apporter un semblant d’opposition à l’un des protagonistes pour renforcer son caractère, avant de mourir sans avoir eu le temps de prendre un peu de profondeur. Un outil de scénariste amateur, comme tant d’autres dans ce film.
  • Benicio « Deus Ex Machina » Del Toro obtiendrait presque la palme du personnage le plus lamentablement écrit s’il n’y avait pas Rose. Plus on y réfléchit, plus on se rend compte que les nouveaux personnages de ce film n’ont aucune autre utilité que celle de mettre les personnages pré-existants à l’endroit où l’on veut qu’ils soient à la fin du film, parce qu’on n’a pas trouvé le moyen d’inventer des événements pour faire ce travail. Celui de Del Toro est particulièrement marquant dans ce travers : il apparaît sans crier gare pour sortir d’une cellule sans difficulté, à tel point qu’on ne sait pas pourquoi il y était encore, apparaît à nouveau pour tirer Rose et Finn du pétrin sur le bord d’une falaise, puis réapparaît une troisième fois pour, cette fois-ci (plot twist!) les mettre dans le pétrin. Et puis voilà.
  • BB-9 est la publicité pour un produit dérivé la moins déguisée de ce film, et je tiens à rappeler qu’il y a déjà le Capitaine Phasma et les Porgs dedans.
  • Rose enfin, est liée à tellement de défauts du film abordés en amont qu’il ne reste plus rien à dire. L’actrice qui l’interprète, qui est une débutante, le fait avec beaucoup de compétence (non, je ne plaisante pas). Rose est exactement aussi insupportable que le scénario veut la rendre. Ah si ! J’ai trouvé un point de plus à critiquer : le soupçon de triangle amoureux auquel le film fait allusion vers la fin est aussi convaincant que celui de la fin de Hunger Games 1, c’est-à-dire pas du tout.

Une telle incompétence dans le traitement du roster de la franchise ne pouvait s’accompagner que par une gestion insultante de son héritage, et encore une fois, Johnson brille par son irrespect des oeuvres précédentes. Avant qu’on vienne me dire que c’est bien de chambouler un peu l’ordre établi : c’est bien de chambouler, c’est mal de dilapider. Dans Star Wars et la mythologie qui en a émergé au fil de 8 films, de dizaines de jeux vidéo et d’innombrables romans, il y a un certain nombre de fondements qui n’ont jamais été touchés, comme la nature de la Force et ce qu’elle permet de faire. Par exemple, il y a des Jedi qui parviennent à survivre quelques secondes dans le vide intersidéral en se protégeant au préalable par une sorte de « couche d’imperméabilité » créée au moyen de la Force. Il n’y a par contre aucune raison qu’un Jedi revienne d’entre les morts une fois sa peau congelée et ses poumons vidés. C’est la Force, ce n’est pas un Retourneur de Temps. (D’ailleurs, j’y pense, Rian Johnson ferait un super scénariste pour un prochain Fantastic Beasts. Une série qui se moque éperdument de la cohérence, c’est son rayon). Vu le niveau de maîtrise de la Force que l’épisode VII donne à Kylo et Rey, la scène « superstylée » où ils s’allient contre les gardes rouges de Snoke ne devrait pas durer plus de 30 secondes. Ils ont, à eux deux, assez de puissance pour les é-cra-ser. Par ailleurs, si l’hyperespace pouvait être une arme dans cette saga, il y a bien longtemps que l’Empire et le Premier Ordre, bien plus avancés que leurs gentils opposants, auraient transformé les TIE Fighters en missiles hyperspatiaux pilotés par des clones ou à distance pour perforer tous les vaisseaux adverses, et de ce fait, il n’y aurait jamais eu un seul film Star Wars. Je me demande si Rian Johnson a simplement pris la peine de se renseigner sur la série dont il allait écrire un opus.

Mais pourquoi m’attarderais-je sur de telles spécificités quand je peux simplement me contenter de lister les points laissés en suspens par le VII que Rian Johnson a délibérément choisi de laisser tels quels, voire d’en entériner quelques uns ? Parmi les faiblesses de The Force Awakens, il y avait un certain nombre de questions laissées sans réponse à sa conclusion. D’aucuns diront que c’est quelque chose qu’il faut reprocher à JJ Abrams, et je ne les contredirai pas. D’ailleurs, JJ, j’ai vu ton nom au générique en tant que Producteur Exécutif ! Ah je houspille Rian Johnson allégrement depuis 50 000 caractères, mais tu as ta part de responsabilité aussi : les questions que TU as laissées sans réponse, tu n’as pas veillé au grain pour que Rian les résolve. C’est mal !

Bien sûr, les défenseurs du film utiliseront toujours le même argument massue pour justifier ces bassesses, donc je vais m’en servir aussi. Vous savez :

« Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »

  • Comment le sabre d’Anakin est-il parvenu là où Rey l’a trouvé dans l’épisode VII ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Qu’est-ce qui a fait se rallumer R2D2 à la fin du VII si même Luke ne voulait pas être retrouvé ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Qui est Snoke ? Quelles sont ses motivations ? Comment est-il venu en contact avec Ben Solo ? D’où vient-il ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Que veut dire la prémonition que Rey a vu en touchant le sabre d’Anakin si elle n’est effectivement personne ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Pourquoi Finn se remet-il aussi bien et aussi vite alors que la fin du VII laissait croire qu’il ne s’en remettrait sûrement jamais complètement ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Comment Poe s’est-il tiré du crash de son vaisseau ? Qu’a-t-il fait avant de ressurgir dans l’histoire ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Qui était le vieil homme qui considérait que Leia n’était pas seulement une chef de guerre, mais une figure de noblesse ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »
  • Qu’est-ce qui peut bien occuper les Chevaliers de Ren pour qu’ils n’assistent pas leur chef Kylo pendant les événements majeurs de ces deux films ? « Le message du film c’est qu’il faut laisser le passé derrière nous et se tourner vers l’avenir de la série. »

Eh oui, mesdames et messieurs, là où Star Wars Episode VIII – The Last Jedi se distingue de la plupart des mauvaises suites hollywoodiennes, c’est par le fait qu’à travers la négligence des gens qui touchent des millions pour écrire cette suite, il a réussi, rétroactivement, à rendre son prédécesseur moins bon qu’il n’était quand il était le seul volet de la nouvelle trilogie !

Et ça, je vous le donne en mille, ce n’est pas une mince affaire.

L’Attaque des Clones/10

 

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Pink Floyd/Doctor Strange

A l’occasion de la sortie du très sympa Doctor Strange au cinéma, ce film contenant une vieille chanson de Pink Floyd en son sein, j’ai écrit pour le site Genius.com un article retraçant toutes les connexions entre ce groupe et ce superhéros.

Vous êtes surpris qu’il y en ait plusieurs ?

Elles sont toutes là.

Wes Anderson

Darjeeling

Une de mes meilleures expériences récentes au cinéma (oui, c’était en 2014, mais on est vieux maintenant) fut The Grand Budapest Hotel (Budapest dans la suite de mon texte) de Wes Anderson. Je l’ai vraiment profondément adoré et ça faisait un bail que je n’avais pas eu l’impression d’avoir autant rentabilisé le prix exorbitant d’une place de ciné.

En fouillant un peu, je m’étais rendu compte à l’époque que le réalisateur, Wes Anderson, était aussi le géniteur de The Royal Tenenbaums, que j’avais vu et beaucoup aimé quelques années plus tôt.

Après avoir acheté et apprécié à nouveau le film en Blu-Ray, je me suis dit « fuck it, je vais mater tous les films de ce mec. »

C’était il y a quelques semaines et c’est désormais chose faite. J’ai vu tous les films de Wes Anderson (huit longs métrages) et je peux vous dire sans sourciller que je les ai tous aimés. Bien sûr, il y en a quelques uns que j’ai simplement aimés (je les ai trouvés bien réalisés, correctement écrits mais pas forcément tanscendants dans ce qu’ils racontent). Mais il y en a d’autres que j’ai proprement adorés, dans lesquels certaines scènes ont franchement résonné chez moi et dont j’ai trouvé la réalisation exemplaire, voire exceptionnelle.

Quiconque a vu n’importe quel film de Wes Anderson (à part le tout premier) est au courant de son style visuel assez fort, très axé sur la géométrie et autant que possible sur la couleur. On en voit l’apothéose dans Budapest, mais il commence à faire son apparition dès le deuxième film d’Anderson, Rushmore. Un autre aspect reconnaissable chez lui est sa narration visuelle qui montre souvent des choses de façon « accélérée », comme s’il évitait à tout prix de s’attarder sur des phases « peu intéressantes » des événements. C’est particulièrement marqué dans la scène de course-poursuite en traineau dans la neige dans Budapest, qui est accélérée d’une manière qui rappellerait presque le cinéma muet, la partie importante étant la fin de la poursuite. Une autre manière qu’a Wes d’en dire le plus possible en un minimum de temps, ce sont ses plans que je qualifierais de « maison de poupée ». Wes Anderson use souvent de ce procédé où le décor défile en deux dimensions comme s’il était compartimenté pour montrer la situation de chaque personnage dans chaque pièce d’un édifice le plus vite possible. C’est assez flagrant dans The Darjeeling Limited (Darjeeling par la suite) où l’on va défiler littéralement à travers les compartiments du train, ou dans The Life Aquatic With Steve Zissou (Aquatic par la suite) où l’on va parcourir une magnifique fresque vivante du bâteau de Zissou vu en coupe longitudinale. Et j’insiste sur « magnifique ».

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Ces procédés donnent une rythmicité et une fluidité du récit que j’adore. Les films d’Anderson passent globalement assez vite et on ne s’ennuie que très rarement, parce qu’il va à l’essentiel. Mais il le fait d’une manière non hachée, grâce à ces accélérations ponctuelles. Le point culminant de cette fluidité est sans conteste son film d’animation Fantastic Mister Fox.

Quiconque a vu plus d’un film de Wes Anderson s’est aussi sûrement rendu compte qu’il est assez attaché à la thématique de la fin de l’enfance. Ce n’est pas toujours (même presque jamais) le thème central du film, mais c’est toujours présent. Et ce que j’aime chez Anderson, c’est qu’il a une façon délicate mais pas détournée de traiter ça. Bien sûr, c’est un classique de parler de la perte de l’innocence d’un personnage en lui faisant vivre un épisode traumatique, mais Wes ne fait pas ça comme ça. Du moins, pas toujours comme ça.

Wes Anderson s’y prend de deux manières :
– soit il relate un épisode traumatisant, mais en le mettant en perspective pour illustrer les mécanismes de la vie qui restent inchangés : tu as perdu un parent mais ça ne change rien au fait que tu dois suivre le réglement de ton train ; tu as perdu ta femme mais c’est un détail dans l’histoire d’une Europe dévastée par la guerre
– soit, à l’inverse, il prend le temps d’analyser de près un aspect assez commun de la vie des gens mais qui peut faire très mal sur le moment : le rejet par ses condisciples, l’incompréhension par sa famille, un amour unilatéral pour quelqu’un d’inaccessible.

Il y a une vraie sensibilité, une véritable empathie de Wes pour ses personnages, sans pour autant, dans aucun cas, tomber dans l’apitoiement. C’est ce traitement parfaitement équilibré qui me touche le plus dans ses histoires, et qui donne bien souvent lieu à des dialogues que je trouve exquis. Même dans un court-métrage de 13 minutes.

Ce qui m’amène à l’écriture. Wes Anderson a écrit ou co-écrit tous ses films. Dans de nombreux cas, il les a co-écrits avec des acteurs des films (Owen Wilson, son plus ancien collaborateur, et Jason Schwartzman) ou d’autres cinéastes (comme Roman Coppola). Certains de ses films sont adaptés ou inspirés de livres, mais la plupart sont des original screenplays, ce que je salue bien bas. Et bien sûr, ça transparaît de partout dans ses films. On voit bien qu’on est en face d’un produit créé de toutes pièces, avec une idée en tête dès le départ, comme si le storyboard prenait vie devant nos yeux, ce qui donne lieu à une multitude de plans magnifiques, tant par leur symétrie que leur symbolisme. La filmographie de Wes Anderson est une galerie de tableaux en mouvement.

Mais je pense que ce qui me séduit le plus chez lui, c’est le sentiment de complétude de l’oeuvre que m’inspire le visionnage de ses films. Chez Wes Anderson, il y a de la belle écriture globale, mais aussi du joli dialogue ponctuel, il y a une histoire engageante mais aussi des situations mises en scène minutieusement, il y a des plans superbes, mais ça ne s’affranchit pas de bons acteurs ou de bonnes musiques.

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Wes Anderson est ce que le Fossoyeur de Films appelle un « réalisateur à famille », c’est-à-dire un réalisateur qui fait souvent revenir des acteurs habituels (ce qui tourne parfois au ridicule quand on voit Bill Murray apparaître à peine quelques secondes dans Darjeeling ou Budapest), mais il ne les cantonne pas toujours au même rôle. Ce sont Jason Schwartzman et Luke Wilson qui bénéficient le plus de cette diversité de personnages, mais Owen Wilson et Edward Norton ne sont pas non plus en reste. Wes Anderson a d’ailleurs donné à Bill Murray un de ses premiers grands rôles « sérieux » avec l’industriel désabusé que rencontre le héros de Rushmore.

Pour ce qui est de la musique, Wes Anderson a régulièrement recours aux scènes dites « montage-séquence » puisque son style visuel s’y prête à merveille. Il va alors puiser dans des influences souvent pop-rock des années 1960-1970, à l’humeur enjouée, mais il lui arrive également d’incorporer de l’orchestral ou du jazz. Il fait partie de ces réalisateurs pour qui la musique ne se limite pas à l’arrière-plan et a une réelle présence, parfois même avec des paroles correspondant aux situations dépeintes. Mention spéciale à Aquatic, qui incorpore une demi-douzaine de reprises guitare-voix de David Bowie, interprétées à l’écran (et en portugais) par le chanteur brésilien Seu Jorge.

Pour finir, j’aimerais souligner le souci du détail omniprésent chez Anderson, que j’ai trouvé particulièrement fin dans Hôtel Chevalier. Ce court-métrage avec Natalie Portman et Jason Schwartzman sert de prologue à Darjeeling. Quand Portman s’installe dans la chambre d’hôtel où se passe le film, elle examine toutes les affaires de Schwartzman, dont trois boîtes à musiques accrochées à une tablette. Elle en actionne une, qui joue la mélodie de la chanson « Aux Champs-Elysées » de Joe Dassin, qui est la musique du générique de fin de Darjeeling. Moi, ce genre de trucs, ça me prend par les sentiments (alors que je déteste Joe Dassin).

Les 4 films que j’ai vraiment adorés de lui :
Rushmore
The Darjeeling Limited (+ Hôtel Chevalier)
Moonrise Kingdom
The Grand Budapest Hotel

Liebster Award

Merci beaucoup à Mélanie de m’avoir taggé pour cet exercice. Trouver 11 anecdotes n’a pas été facile, mais on finit bien par y arriver !

11 anecdotes sur moi

  1. Etant petit, j’ai accidentellement avalé un papillon en jouant dehors. Depuis, je lutte pour ne pas me pétrifier quand un papillon vole près de moi.
  2. Il y a une dizaine d’années, j’ai croisé Jean-Marie Le Pen sur un trottoir à Saint-Cloud (my hometown). J’ai fait mine d’être pressé d’attraper un bus que je n’avais pas du tout besoin de prendre pour avoir une excuse pour lui donner un petit coup d’épaule en le dépassant.
  3. J’ai une tache de naissance sur le genou droit : une zone de la taille d’une pièce de 5 francs totalement albinos.
  4. Quand j’ai été opéré de l’appendicite, mon père m’a appelé sur le téléphone de la chambre d’hôpital juste pour me faire rire (pendant un bon quart d’heure) parce qu’il savait que ça faisait mal.
  5. J’ai beaucoup plus de mal à distinguer droite et gauche que haut et bas. Du coup, quand j’essaie d’indiquer une direction sans réfléchir, je me trompe une fois sur deux.
  6. Quand j’étais ado, j’avais tellement peu confiance en moi que, lorsqu’une fille que j’aimais bien m’a appelé pendant les vacances pour me faire ce qui était rétrospectivement une déclaration d’amour mais sans dire explicitement « je t’aime », je n’y ai vu que du feu et je l’ai friend-zonée sans m’en rendre compte, ni le vouloir !
  7. A l’époque de Mario Party, je jouais tellement frénétiquement que j’ai développé la fameuse « blessure Nintendo » aux deux paumes. J’ai écrit en tenant mon stylo entre le majeur et l’annulaire pendant des semaines.
  8. En jouant à « Chat-Délo » en CE2, j’étais la dernière souris encore libre et j’ai réussi à libérer tous mes congénères. Dans la course effrénée qui s’ensuivit, l’un d’entre eux m’a fait un croche-pied involontaire. Il me manque un bout d’incisive depuis.
  9. Je ne sais toujours pas, à ce jour, recharger une agrafeuse en agrafes.
  10. J’ai détesté le Coca toute mon enfance, puis j’y ai été addict pendant des années et aujourd’hui, j’arrive enfin à l’apprécier normalement.
  11. Je n’ai pas de film préféré, ni de série préférée.

 

Réponse aux 11 questions de Melifog

  • Quel est le dernier film que tu as vu au cinéma ? Ton avis ?

Le dernier film que j’ai vu au cinéma, c’est Star Wars Episode VII: The Force Awakens. Je l’ai beaucoup aimé pour le retour aux sources qu’il fournissait et pour les promesses qu’il fait. L’histoire est simpliste, naïve et bourrée de hasards bien pratiques, ce qui est exactement ce que j’attends d’un Star Wars : ces films n’ont jamais été de la science-fiction et je ne souhaite pas qu’ils en deviennent.

  • Quel est le personnage de jeu vidéo qui t’a le plus touché ? Pour quelles raisons ?

C’est tellement difficile d’en choisir un seul. Mais puisqu’il faut s’y résoudre, ça sera le seul personnage qui m’a fait pleurer : le commandant Shepard de la trilogie Mass Effect. Les raisons sont assez évidentes. A ses côtés, j’ai traversé tant d’épreuves, je me suis fait tant d’amis et d’ennemis, et j’en ai perdu certains aussi. Shepard me fait penser à Link dans le sens où ce n’est à la base pas un mec vraiment spécial, mais qui se retrouve à ramper face à tout un univers de difficultés pour mener une bataille quasiment impossible à gagner. C’est quelqu’un de normal qui, au moment du dénouement, devient une légende, au prix ultime s’il le faut.

  • Quelle est ta série préférée ? Pourquoi ?

cf. anecdote 11 !
Plus sérieusement, c’est impossible pour moi. Il y a une poignée de séries qui sont particulièrement irremplaçables pour moi, mais il m’est impossible de distinguer, parmi elles, celle que je préfère. Comment choisir laquelle je préfère entre Malcolm et Urgences ? Entre Stargate SG1 et Six Feet Under ? Entre Doctor Who et Parks & Recreation ? Je n’y arrive pas.

  • Marvel ou DC ?

Marvel sans aucune once d’hésitation.

  • Quelle est la chaîne YouTube que tu adores regarder ?

Alors LA chaîne pour laquelle je suis toujours d’humeur, dont j’aime absolument chaque nouvelle publication quand elle sort, c’est Postmodern Jukebox. Le principe de la chaîne, c’est de réaliser des reprises de chansons récentes (et célèbres), plutôt pop, rock, hip hop, avec une instrumentation et des chanteurs/chanteuses de jazz/soul. Les musiciens (menés par le pianiste Scott Bradlee) sont excellents, et certain(e)s vocalistes sont absolument hallucinant(e)s.

  • Que penses-tu de la réalité virtuelle ?

Alors, avant toute chose, je trouve que cette appellation de « réalité virtuelle » est totalement ridicule, d’une parce qu’elle ne décrit pas du tout ce qu’elle désigne (« affichage immersif » serait mille fois plus adapté), de deux parce que c’est un oxymore, ce qui est chouette en poésie mais lamentable en technologie.
Pour ce qui est de la technologie elle-même, je pense qu’elle est intéressante, mais pas pour les applications visées. Même si la disparition du multijoueur sur canapé est en route, je pense que la portion de gamers qui seront partants pour se couper totalement de leur famille juste pour jouer à la console est bien plus petite que ce que l’industrie a l’air de croire. Ca serait mortel pour la formation à la conduite, ou des thérapies de relaxation, ou même le cinéma d’horreur pour ceux à qui ça plait, mais dans le jeu vidéo, je ne vois pas l’avenir de ce machin.

  • Si tu devais faire découvrir un film, une série et un jeu vidéo à quelqu’un, lesquels ce serait ?

Alors je vais faire une réponse à tiroirs pour le coup : la version où je fais découvrir ces items à une personne qui n’est pas sensible au medium correspondant, et la version où je le fais découvrir à quelqu’un de familier du medium, mais qui peut être passé(e) à côté de ça.

A quelqu’un qui ne connaît pas le medium :
– Parks & Recreation
– 
The Blues Brothers
– 
The Legend of Zelda: Ocarina of Time

A quelqu’un qui connaît le medium :
– Six Feet Under ou Urgences
Gattaca
– 
Xenoblade Chronicles

  • Comment préfères-tu jouer ? En solo ? Coop ? Multi ?

Coop, c’est clair ! Malheureusement, les jeux qui le font bien ne sont pas nombreux.

  • La chose dans la vie dont tu es le plus fier ?

Ma petite soeur.

  • Quelle est la question que tu aurais aimé avoir ? (et donc y répondre)

Je ne suis pas sûr de me trouver suffisamment intéressant pour avoir des idées de question à me poser ! Je pense à quelque chose comme « Est-ce que tu es à l’aise avec qui tu es ? ». Et la réponse est « Ca a été long et difficile, mais maintenant je crois que oui. »

La Crème de la Crème

Bien sûr, il fallait que Kim Chapiron raconte l’histoire consternante d’une petite fille modèle qui se prend au jeu du vice.

Plutôt que l’histoire, forte d’inspiration, d’un mec qui se dresse au-dessus de ça pour s’en sortir dignement.

Parce que sinon, on pourrait pas mettre l’héroïne à poil.

Je vois que son postulat de « La Crème de la Crème » s’applique aussi aux réalisateurs français.

Ce n’est pas en recréant les mêmes situations, en réalisant, caméra au poing, les mêmes atteintes aux dignités des corps et des coeurs d’acteurs qui ont les mêmes âges, qu’on envoie un message positif.

Conclusion : ceci n’est que du voyeurisme.

C’est d’autant plus insupportable que ça vient d’un mec qui a commencé en faisant des clips de rap. Qui voulait porter un autre regard sur un monde dont les media ne montrent que les mauvais côtés . Et c’est exactement l’opposé de ce qu’il fait sur les Grandes Ecoles.

Tu avais le choix entre raconter l’histoire de Tre Styles et celle de Doughboy Baker.

Tu as fait ton choix.

Alors Kim, je te rétorque des mots issus de cet art dont tu viens à l’origine :

On montre les caisses qui crament, et la réussite, on en fait quoi ?

Koma, « Et si chacun… », 1998.