Sunshine Blogger Award : Je réponds à Gaming Beauty

Dans son propre article prenant part à cet exercice de questions-réponses, Gaming Beauty m’a taggé sous la description énigmatique de « Toi à qui je n’ai pas pensé et qui aimerait aussi participer, tu es libre de répondre sur ton blog ou même en commentaire ou en vidéo ».

C’est donc sous la contrainte que je vais répondre à son questionnaire, en m’efforçant d’être éloquent…

1. Plutôt jeu multijoueurs ou solo ?

Plutôt solo. J’aime beaucoup de jeux sous format multijoueur mais disons que je n’ai pas un grand esprit de compétition et que, malheureusement, il y a beaucoup moins d’expériences mémorables en co-op qu’en solo. Egalement, quand je joue seul, je peux suivre mon propre rythme et mes propres envies sans me soucier de leur possible répétitivité (ou stupidité). Ca peut presque s’apparenter à de la méditation quand ça marche vraiment bien.

2. De quelle licence/héros/héroïne ne peux-tu absolument pas te passer ?

The Legend Of Zelda sans l’ombre d’une hésitation. Je pense vraiment que cette franchise prise dans son ensemble est la plus belle oeuvre artistique que le medium jeu vidéo nous a apportée. D’autres s’en approchent, bien sûr, mais le monde du jeu vidéo sans Zelda serait pour moi comme la musique sans Beethoven ou un plateau de fromage sans appenzeller surchoix.

3. Quelle est ta principale motivation de bloguer ?

Honnêtement, c’est basique : exprimer mon opinion par écrit, présentée à tous. Même si presque personne ne me lit, je suis content de savoir qu’il y a quelque part une trace de mes émerveillements et de mes coups de gueule à moi. Les choses que j’aime, je les aime passionnément, donc il m’arrive aussi souvent de plonger ma réflexion dans un niveau de détail peu commun, et donc de ne trouver personne d’autre ayant écrit sur des sujets aussi spécifiques. Donc je le fais, au cas où il y ait ailleurs quelqu’un avec qui cela pourrait résonner.

4. Y a-t-il une époque en particulier qui te passionne ?

Les années 1970, et plus spécifiquement, musicalement, au Royaume-Uni. La quantité de musique absolument stellaire qui nous en est parvenue est tout simplement incroyable. Je ne comprends pas comment une telle richesse musicale a pu être « la norme » à l’échelle d’une seule nation pendant grosso modo 10 ans. Ca me fascine.

5. As-tu d’autres passions ?

J’ai déjà touché le sujet : la musique, c’est vraiment le truc qui nourrit mon esprit au quotidien. Le nom de mon blog vient de là et, bien que j’aime énormément les jeux vidéo, le cinéma, l’histoire et des tas d’autres choses, la musique c’est vraiment mon trésor inépuisable.

6. Manga ou Comics ?

Franchement, je me suis lassé des deux. Il y a trop de codes qui sont bien trop persistants. Certaines oeuvres resteront à jamais dans mon coeur, (KenshinDragon Ball20th Century BoysGTOOne Piece, mais aussi X-MenFantastic FourBatman) mais je n’ai plus vraiment la force de découvrir des choses nouvelles dans ces deux domaines. C’est un peu pareil, mais moins prononcé, pour la BD franco-belge.

7. La licence qui te déçoit de plus en plus (tout format confondu) ?

Le moi de 12 serait révulsé de lire ça, mais mon esprit va immédiatement vers Star Wars. Ca a commencé tôt avec ma désillusion à la fin de l’Episode III qui a ruiné rétrospectivement mon impression des deux précédents : j’avais apprécié le I sans trop être sûr que le plaisir du premier visionnage serait durable, et le II m’avait laissé perplexe, espérant que le III relèverait le niveau… Il ne l’a pas du tout fait. Et en fait, ensuite, la pente n’a fait que descendre, avant le sursaut d’espoir que fut le VII, qui n’a rendue que plus dure la chute abyssale du VIII, sans aucun doute le pire film que j’ai vu en 2017, de très loin. J’irai voir le IX en souvenir du bon vieux temps, mais Solo et tout ce qui suivra ne m’intéressent tout simplement plus.

8. Quel est l’objet que tu es le plus fier de posséder ?

Un CD sur lequel sont gravées une poignée des reprises que j’ai enregistrées tout seul dans ma chambre avec mes instruments. Un jour je ferai un EP et ça sera ça !

9. Quelle est la destination de tes rêves ?

Une exoplanète habitable.

10. As-tu des blogueurs préférés ?

Pas vraiment (sauf tout le respect que je dois à mes pairs). Je ne suis pas un blogueur très actif, ni non plus un lecteur avide de blogs. Je n’ai pas vraiment de critères d’appréciation pour les blogs, donc j’aurais du mal à en trouver un préféré…

11. Ta musique de jeu vidéo préférée ?

Alors tout dépend de quoi on parle :

  • thème unique : le « DK Island Swing » de Donkey Kong Country, composé par David Wise. La version que je préfère est celle de Palm Tree Grove dans Donkey Kong Country Returns, arrangée par Kenji Yamamoto.
  • morceau unique : il est possible qu’un thème de la toute fin 2017 ait pris le trône de mon coeur. Celui de Mor Ardain la journée dans Xenoblade Chronicles 2
  • jeu entier : Xenoblade Chronicles 1 a la meilleure OST de l’histoire du jeu vidéo à mes yeux.
  • franchise entière : voir question 2.

Nous y voilà. Merci à Gaming Beauty d’avoir oublié de penser à moi, c’était sympa à écrire !

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Roger Waters – Is This The Life We Really Want?

Roger Waters est un auteur-compositeur-interprète dont la carrière, qui dure depuis plus de 50 ans, a démarré au sein du groupe Pink Floyd, dont il fut le bassiste jusqu’à 1983 et le principal parolier pendant les plus grandes années du groupe, notamment sur les albums The Dark Side Of The Moon et The Wall.

Après avoir quitté les rangs du flamant rose, il a sorti trois albums solo au siècle dernier, puis rien pendant 25 ans à part Ca Ira, un opéra sur la Révolution Française. 2017 marqua donc son grand retour avec un nouvel album solo, produit par l’acolyte historique de Radiohead, Nigel Godrich.

Un peu de contexte – Together we stand, divided we fall

Voilà maintenant plus de la moitié de ma vie que je suis tombé dans la marmite Pink Floyd, dont mon exploration appronfondie n’est toujours pas finie, mais tout de même bien avancée. Après avoir été aussi profondément chamboulé par l’harmonie magistrale servie par ces quatre musiciens de talent, il m’a fallu pas mal d’assouplissement mental pour explorer la discographie solo de chacun des membres. Bien que les albums des membres les plus proches de ma sensibilité musicale (David Gilmour et Richard Wright) aient, sans jamais égaler les sommets de Pink Floyd, assez rapidement révélé leurs gemmes à mes oreilles, je ne cacherai pas que les trois albums solo de Roger Waters qui ont suivi son départ du groupe ont eu un peu de mal à trouver leur chemin vers mon coeur esthétique.

Roger Waters conçoit ses chansons bien plus comme un chef d’orchestre que comme un bassiste accompagné. Au sein de Pink Floyd, un groupe où il n’était pas rare que Waters ne soit pas le chanteur de ses propres paroles, ça ne me choque pas du tout car j’y vois un groupe qui choisit parmi ses outils internes lequel sera le plus adapté à chaque chanson. Mais sur ces trois albums solo, notamment Amused To Death, ça a fini par me gêner : bien sûr, Waters écrit et compose tout, mais entre les chansons où il chante à peine, laissant la place à un lead féminin, ou celles où il ne joue pas non plus la basse ou la guitare rythmique, je me demande où se situe le projet de Waters, entre album solo et opéra rock à la Starmania. Je n’ai aucun problème avec ces deux formules, mais cet entre-deux me dérange un peu, d’un point de vue artistique. C’est principalement pour cette raison que j’accroche peu à The Pros And Cons Of Hitchhiking, l’horrible Radio K.A.O.S et Amused To Death. Mais ce n’est pas la seule.

Roger Waters conçoit ses albums comme des films audio. Depuis le succès planétaire de The Wall qu’on ne présente plus, Roger Waters use et (selon moi) abuse des bruitages contextuels et saynettes audio de transition (explosions de bombes, battements de coeur, extraits d’interviews ou séries télé, 4 grands classiques chez lui). Bien sûr, c’est dur de lui reprocher cet usage, vu comment The Dark Side Of The Moon s’est illustré dans cette discipline… Mais chez Roger, ça atteint un tel point que j’en deviens agacé par autant d’interruptions dans le flot musical. J’ai souvent l’impression d’avoir à patienter entre deux chansons. Je ne pense pas que Roger Waters cessera un jour d’avoir recours à ces techniques, pas plus qu’à ses paroles politiquement engagées, mais j’avais envie de le voir adopter un nouveau dosage de tout ça, notamment grâce aux bons conseils de Nigel Godrich…

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Wish you were here in Guantanamo Bay

Cette phrase issue de l’album Is This The Life We Really Want? (sur la chanson « Picture This ») évoque bien évidemment un succès plus ancien de Pink Floyd, dont il avait écrit le texte. Mais je trouve que cette formule encapsule parfaitement la direction artistique prise par Waters sur ce nouvel album, et pourquoi je l’ai autant apprécié.

Dès la sortie du premier single issu de l’album, « Smell The Roses », une chose a frappé tous les auditeurs : musicalement, l’album comporte une belle dose de retour aux sources, c’est-à-dire aux sonorités de l’âge d’or de Pink Floyd, de 1973 à 1979. Cette chanson à elle seule évoquera aux fans « Have A Cigar », « Wish You Were Here » et même le jam central de « Echoes ». « Picture This », quant à elle, rappelle sans aucun effort « One Of These Days » et « Welcome To The Machine » et « Oceans Apart » est comme le successeur de « Pigs On The Wing » et « Mother ». Roger puise donc dans son passé l’inspiration pour créer des mélodies plus efficaces que celles de ses trois albums précédents et personne ne lui reprochera ça.

Notamment parce qu’il ne s’en contente pas. Cet album comporte beaucoup de morceaux manifestement composés au piano plutôt qu’à la guitare, le clavier d’ivoire et d’ébène y prenant une place centrale (« The Last Refugee », « The Most Beautiful Girl » et le trio final), ce qui donne une tout autre résonnance aux paroles contemplatives et mélancoliques de Waters.

Puisqu’on parle des paroles, il y aura peu de surprise parmi les auditeurs connaisseurs du bonhomme. Toujours autant de messages militant contre la guerre, contre l’oppression sous toutes ses formes, contre certains politiques influents et dangereux (« certains » ici veut dire « Donald Trump »). Plus étonamment, Waters renoue avec l’une de ses plus anciennes pratiques de parolier, à savoir l’adaptation en anglais de poésie orientale – ce qu’il avait fait en 1968 sur « Set The Controls For The Heart Of The Sun » et qu’il réitère sur « Wait For Her ».

Avec donc des paroles solides comme il en a la pratique depuis plusieurs décennies et une composition plus détendue, qui essaie un peu moins de réinventer la roue, le bagage créatif de l’album a un potentiel très correct. Le point le plus intéressant sera ensuite la collaboration avec Nigel Godrich sur l’arrangement et la production.

La première grosse influence de Godrich sur la réalisation de l’album a été déclarée par Waters lui-même en interview : Nigel s’est fortement opposé à l’approche « film audio » si chère à Waters depuis 1979. Il a au contraire encouragé Waters à se concentrer sur les chansons elles-mêmes, pour qu’elles soient auto-suffisantes autant que possible. L’incorporation de bruitages reste bien là, mais plus de manière décorative et enrichissante que comme mortier censé lier absolument toutes les chansons entre elles. Il restera une ou deux transitions discutables, dont la pire est pour moi la fin de la chanson-titre, totalement massacrée par le besoin apparemment irrépressible de souligner autant que possible le sentiment d’urgence exploré par la suivante « Bird In A Gale ». Dommage. Par ailleurs, certaines transitions restent élégantes (peut-être parce que Waters s’est concentré sur les transitions entre morceaux musicalement proches, pour changer). Les trois derniers morceaux du disque glissent en parfaite harmonie, ce qui obtient un beau pouce levé de ma part.

La seconde grosse modification apportée par Godrich, et qui en a dérangé plus d’un, c’est sur le mixage lui-même. Godrich est clairement de l’école des producteurs qui veulent qu’on entende les instruments fort, et les voix aussi (donc pratiquement tout), ce qui peut sembler un peu saturé ou compressé pour certains amateurs de grandes dynamiques (telles que celles mises en place par Waters sur The Final Cut). J’ai la chance de pouvoir apprécier les deux approches et celle de Godrich m’est assez familière. Elle devient palpable sur les morceaux comportant du piano et de la batterie. Le piano aura beaucoup de réverbération tandis que la batterie sera très sèche et précise. C’est une technique qu’il a mise en oeuvre sur plusieurs sorties récentes (avec succès sur AMOK du groupe Atoms For Peace et sur A Moon-Shaped Pool de Radiohead, complètement raté sur The King Of Limbs du même groupe) et qui a, à mon avis, sa puissance quand elle est bien exécutée. Et je trouve que c’est le cas sur cet album : elle met très bien en valeur l’utilisation que Waters fait du piano. C’est un instrument avec lequel il a toujours eu un rapport timide, mais qui me semble du coup enfin un peu plus assumé.

Alors j’en arrive à cette phrase que j’ai citée plus haut. Je salue vigoureusement l’effort de Waters d’être revenu à une recette plus mélodieuse, quitte à puiser dans des succès passés dont il n’est pas le seul dépositaire. Cet album n’est pas un film audio mais un album, qui s’écoute, tout simplement, comme le plus mélodieux des albums de Pink Floyd, Wish You Were Here. Ca ne l’empêche pas d’asséner des paroles engagées sur les causes qui lui sont chère et le seront manifestement pour toujours, dont l’exemple actuel le plus parlant est le camp de prisonniers de Guantanamo.

Cette phrase, qui confronte deux époques bien distinctes de la carrière de son auteur, symbolise parfaitement la sagesse dont il a fait preuve en confectionnant ce superbe album.

8/10

Lâcher prise

Avertissement : cet article ne mentionne aucune chanson issue d’un film d’animation à thème hivernal.

Je pense que nous sommes tous assez familiers du paradoxe suivant : les chansons les plus agréables sont souvent des chansons tristes. J’ai l’impression que pour la plupart des gens, la musique a moins de mal à transmettre une profonde émotion lorsqu’elle est mélancolique que lorsqu’elle est enjouée. Un morceau joyeux pourra bien sûr nous mettre de bonne humeur, voire faire bouger pieds, têtes, épaules et bassins en rythme, mais seules les chansons les plus tristes semblent capables d’accéder au fin fond de nos coeurs, s’y nicher et déclencher cette sorte d’essorage de l’âme qui parvient même parfois à nous arracher des larmes.

Mais pourquoi est-ce qu’on écoute ça ? Pourquoi est-ce qu’on s’inflige ça ? Personne n’a envie d’être triste, a priori.

Les théoriciens de la dramaturgie nous parleront de catharsis, ce phénomène déjà connu des Grecs antiques qui consiste à « nettoyer » l’esprit du spectateur avec ses propres larmes : devant la tragédie que subissent les personnages mythiques, notre propre vie et ses difficultés sont remises en perspective et on se sent mieux.

La chanteuse australienne Rachel Claudio a dit, lors d’une intervention TED (la suite est paraphrasée), que la musique invoque les blessures du passé et nous fait revivre la douleur sans la souffrance. Ainsi, le souvenir de la douleur nous rappelle ce que l’on a traversé, sans nous y replonger. Dès lors, une sérénité nouvelle émerge, comme une sorte de fierté d’être où l’on est malgré ce que l’on a enduré.

Moi ? Eh bien je suis d’accord avec ces deux analyses. Je pense que lorsqu’on fait résonner les malheurs passés :

  • bien sûr, on se souvient du malheur
  • mais surtout, on se rend compte qu’il est bel et bien passé

Ce qui m’amène à l’un des thèmes que j’aime le plus dans les paroles de chansons : le lâcher prise.

Je pense que les chansons qui parlent de lâcher prise réalisent merveilleusement bien l’exercice d’être mélancoliques tout en laissant le passé au passé. Je pense que l’on a tous vécu au moins une fois une situation où l’on s’est rendu compte qu’on se faisait plus de mal que de bien en restant accroché à quelque chose qui ne nous convient plus. L’attachement est un sentiment extrêmement puissant et trancher une racine est un acte extrêmement pénible. Cependant, une fois qu’on l’a fait et qu’on a pleuré des larmes bien amères, teintées de colère contre nous-mêmes pour n’avoir pas su trouver le moyen de continuer comme avant, on est libéré. On se sent bien mieux. Crever l’abcès nous permet, enfin, d’avancer à nouveau.

Puisque, pour moi, le travail premier de la musique est de véhiculer des émotions, je trouve que ce sentiment nuancé du lâcher prise, de la résignation, est ce qu’on pourrait qualifier de « bonne tristesse », comme on parle de bonne fatigue après une journée bien remplie de travail valorisant. Oui, cette chanson et son sujet sont tristes, mais c’est une tristesse « pour mon bien ». Après tout, la dernière étape du deuil est l’acceptation, et c’est justement par « après tout » que le lâcher prise peut se résumer.

Après cette superbe dissertation qui ne m’aurait sûrement pas valu plus de 5/20 en philo au lycée, il est grand temps d’illustrer tout ça avec de beaux exemples, en espérant pouvoir mettre en évidence que le lâcher prise en musique est une forme de tristesse singulière, infusée de sérénité. Une tristesse qui respire.


Laisser partir l’être aimé

Puisque la plupart des chansons sont des chansons d’amour, il est évident que le lâcher prise ne déroge pas à la règle. Il est clair que les chansons de rupture existent à foison, mais seulement une partie d’entre elles font l’exercice de constater et d’accepter, que c’est bel et bien fini.

On peut se résoudre à laisser l’autre partir vers d’autres horizons ou, malheureusement, faire le deuil d’une amoureuse décédée.

Mais peut-être que l’autre est juste déjà au travail et qu’on se retrouve tout seul dans un foyer vide ?


Tout un album pour s’exorciser

Emilie Simon a écrit un album entier en hommage à l’homme de sa vie, emporté très jeune par une maladie fulgurante. Franky Knight n’en est pas pour autant un déluge de larmes de bout en bout. Loin s’en faut, à vrai dire. Entre les appels de détresse d’une femme dont le monde a perdu la lumière se succèdent des célébrations d’une idylle parfaite et la motivation d’une battante qui remet le pied à l’étrier et ne voudrait pour rien au monde changer la moindre virgule de ce qu’elle a vécu jusqu’ici. La sérénité se manifeste jusque dans les titres des chansons, dont la dernière, l’obsessionnelle « jetaimejetaimejetaime ».

Mark Oliver Everett, le maître-penseur du groupe Eels et l’auteur de morceaux qui résonnent tellement en moi que mon patronus est probablement un barbu américain, a perdu son père (le chercheur qui a théorisé les univers multiples) assez jeune. Sa  grande soeur, suicidaire depuis l’adolescence, a mis fin à ses jours à peu près à l’époque ou sa mère a succombé au cancer, quelque temps après la sortie du premier album d’Eels. Sa réaction fut, étonnamment, de démarrer un nouvel album. Electro-Shock Blues documente le deuil avec une impudeur troublante, traitant autant de la stupeur et de l’horreur que de l’hilarité du déni et le sursaut d’une fureur de vivre intarissable.


Faire le deuil d’un ami et partenaire musical

La musique a beau être éternelle, les musiciens ne le sont pas. Mais il y a une sorte de macabre félicité dans l’aptitude que vont avoir leurs partenaires à retranscrire l’émotion que leur perte suscite en eux. La tristesse est un passage obligé, mais la fin du deuil, l’acceptation, n’est pas couchée aussi fréquemment sur des portées. Et quand ça arrive, ça se passe toujours étonnamment sur de la musique douce, des accords majeurs. « Tu n’es plus avec moi mais j’aime croire que tu as trouvé la paix. » Ce sentiment magnifique traverse les frontières des genres, d’un collectif de rap français à l’ancien guitariste d’un groupe de rock légendaire.

Ou encore, imaginez un groupe qui termine la dernière maquette de son batteur qui fit ses adieux à une vie de douleur permanente.


Tourner la page sur des décennies de carrière

Certains groupes se rendent compte que la fin est proche. L’ambiance, de plus en plus compliquée en studio, ou l’inspiration qui s’amenuise, font qu’ils savent, au fond d’eux, que cet album sera le dernier. Alors ils font le bilan, essaient de tirer des conclusions, de mesurer le chemin parcouru.

Pour les Beatles, il s’agira de célébrer chacun des 4 membres dans le seul morceau comportant un solo de tous. Vouloir délivrer un message universel. L’amour que l’on reçoit est égal à celui que l’on donne.

Pour Pink Floyd, il s’agira de rappeler les mots écrits par le diamant fou fondateur, parti du groupe depuis longtemps, comme pour dire qu’il avait raison depuis le début. Mais pas seulement : le solo final de High Hopes est la parfaite représentation de ce que j’essaie de formuler par « lâcher prise » depuis le début de l’article. Sur un accompagnement résolument triste, peindre une envolée quand même. Prendre son envol, la boule au ventre.


Continuer, malgré tout

En 1801, Ludwig Van Beethoven commence à écrire des lettres à des amis pour leur faire part de la torture intérieure qu’il subit depuis que son ouïe décline. Il a, à plusieurs reprises, pensé à mettre fin à ses jours.

En 1801, aussi, il compose une de ses oeuvres les plus célèbres. Là, il n’y a pas de mots, c’est moins évident. Mais je vous ai parlé d’une tristesse qui respire. Vous l’entendez ?


Je ne suis pas un grand musicien, mais parfois j’écris. Ces articles sont tout ce que je peux dédier. Je dédie cet article à la mémoire de Richard Wright, mort il y a neuf ans aujourd’hui. Il était pour moi le plus radieux de tous les musiciens. Nous avons vraiment perdu un océan.

Mes plus grosses écoutes de 2016

L’année 2016 est enfin derrière nous, après nous avoir arraché Prince, David Bowie, Leonard Cohen et deux tiers d’Emerson, Lake and Palmer. Grâce au site agrégateur de données Last.fm dont je suis membre depuis 2006, j’ai pu rapidement dresser la liste des 10 chansons que j’ai écoutées le plus de fois en 2016 (en excluant, bien sûr, mes écoutes sur supports physiques : vinyles et CD). Du coup, je m’empare de cette occasion de vous dire deux (ou plus) mots sur chacune d’elles.

top10

De prime abord, il y a une certaine présence dans ce top du groupe Camel, dont j’ai découvert l’existence fin 2015 et exploré les premiers albums en 2016. Alors, pour le bloc Camel, ça donne :

  • « Slow Yourself Down » – le morceau d’ouverture du premier album du groupe. Cette chanson courte m’a beaucoup plu par l’immense dynamisme qu’elle dégage (ce qui est ironique, vu son titre). Dès la toute première mesure, Peter Bardens nous accueille avec un mini solo d’orgue Hammond (instrument qu’il maîtrise merveilleusement bien), puis quelques paroles par Andrew Latimer et, à peine passée la barre des 1:30, on est déjà dans la conclusion isntrumentale. Au programme, un solo totalement survolté de guitare, suivi d’une démonstration de Hammond (improvisé à deux mains, messieurs-dames) et d’une bonne grosse coda rock’n’roll comme on les aime. Paf ! Un gros coup de poing dans les oreilles, et la réécoute direct, parce que c’était trop court.
  • « Nimrodel/The Procession/The White Rider » – Morceau évolutif inspiré du personnage de Gandalf dans les romans de Tolkien. Au fil des nombreux changements d’ambiance de la chanson, les soloïstes du groupe s’amusent sur de multiples instruments, avec flûtes à bec et traversière en plus des guitares pour Latimer et mellotron puis synthétiseur pour Bardens, qui nous offre un solo de Minimoog dont je ne suis pas prêt de me remettre.
  • « Lady Fantasy » – le morceau de conclusion du deuxième album du groupe. Il s’agit d’une véritable gemme du rock progressif injustement oubliée. Riche de nombreuses sonorités qui ont fait la grandeur du genre (synthé, orgue Hammond, guitares électriques et acoustiques, basse et batterie), ce morceau plus long mais bien mieux articulé que « Nimrodel… » est le meilleur de la carrière du groupe. Encore une fois, un magnifique dialogue orgue/guitare termine ce bijou, dans une ambiance à forte distorsion très largement en avance sur son époque.
  • « Separation » – mon autre chouchou du premier album du groupe, cet autre morceau bien court m’a sédui avec son riff de fin, qui marque, comme le veut le titre, une nette séparation de l’ambiance générale. Deux guitares surgissent en balançant un arpège de trois notes qui propulse l’auditeur dans une déferlante de superbe.

C’en est fini de Camel, mais il faut savoir que si j’ai écouté ce groupe, c’est parce que j’ai passé un peu toute l’année à explorer assez intensivement le genre du rock progressif, essentiellement de la fin des années 1960 et surtout des années 1970. C’est pourquoi apparaissent les morceaux suivants :

  • « Fault Line/The Painter » – (surtout pour « The Painter »). Passée l’introduction expérimentale de musique retournée qu’est « Fault Line », « The Painter » est devenue instantanément, dès la première écoute, ma chanson préférée de Deep Purple. Présente sur le troisième album, éponyme, du groupe, elle appartient à la première ère de ce qui devint par la suite un des plus grands groupes de l’histoire du hard-rock. Pour « The Painter », l’organiste Jon Lord est encore plus ou moins le patron du groupe et nous sommes encore bien ancrés dans une dynamique de mélange du blues, du classique et de la distorsion qui allait devenir le rock progressif. « The Painter » est un morceau enregistré en une seule fois, sans superposition, en live dans le studio. Je vous laisse écouter la guitare de Ritchie Blackmore et l’orgue Hammond de Jon Lord, ils parlent d’eux-mêmes.
  • « Winter Wine » – un nouveau genre de conte de Canterbury. Encore fort de sa toute première lineup, Caravan manifeste une superbe maturation sur son album In The Land Of Grey And Pink dont ce morceau est extrait. Richard Sinclair chante avec sa voix de satin pur l’imagerie médiévale de piraterie et d’orgies avinées en réussissant le tour de force de rendre ça poétique. Son cousin, David, nous honore d’un solo de clavier à faire regretter ses choix de carrière à plus d’un guitariste. Oui, en 2016, j’ai pas mal fait fixette sur les solos de clavier.
  • « Frozen Love » – conclusion d’une carrière qui allait être absorbée par une légende. Cette chanson conclut l’unique album du duo formé par Stevie Nicks et Lindsey Buckingham avant que les deux n’intègrent le groupe Fleetwood Mac et créent, entre autre, « Go Your Own Way » de par leur rupture amoureuse. « Frozen Love » démarre comme n’importe quelle chanson de folk (et comme le reste de l’album), mais il y a un « mais » : au milieu du morceau, des cordes font leur entrée et Lindsey Buckingham nous livre ce qui restera pour moi son meilleur solo de guitare. L’ambiance du morceau dans son ensemble est extrêmement accueillante et m’emplit d’une sensation curieuse : je l’aime plus que je ne vois de raisons de l’aimer. Donc j’y reviens fréquemment.

Après avoir traité ces 7 morceaux de classic rock, il reste trois morceaux qui, honnêtement, me surprennent. Non pas que je ne les aime pas, loin de là : j’adore ces chansons. Mais je ne me souviens pas de les avoir écoutées tant que ça au long de l’année.

  • « We’re All To Blame » – pour moi la meilleure chanson à la « on est tous pareils » qui soit. En partant d’une structure musicale vraiment très proche de la « Chop Suey! » de System Of A Down, les quatre gringalets qu’on a connus dans le punk rock décalé de « Fat Lip » apportent une grosse dose de sérieux aux « but what would you expect with a conscience so small? » de cette dernère. Les choeurs qui étaient déjà un point fort du groupe marquent leur apogée sur le refrain de cette chanson, et l’arrivée du piano lors de sa conclusion me donnera la chair de poule jusqu’à ce que mort s’ensuive.
  • « Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me » – l’ultime chanson de solitude. Morrissey, le chanteur et parolier des Smiths, fait partie de la poignée d’artistes capables de chanter avec justesse ce que Bénabar appellera « la solitude que rien ne console ». Une solitude que même une vraie histoire d’amour ne guérit pas : quand ça s’arrête, c’est comme si tout n’était qu’un rêve et le solitaire se « réveille » pour retourner à cette solitude qui restera sa plus fidèle compagne. La musique composée par Johnny Marr colle les paroles à la perfection pour une chanson qui finit par être lassée d’elle-même : on sait que tout le monde chante la solitude, mais on continue de le faire parce que la solitude ne nous lâche pas.
  • « Walcott » – un piano énergique, une guitare en trémolo, du chant aigu et énergique, et puis, une accalmie. Des violons, de la contemplation, puis on reprend de plus belle, et le tout s’arrête comme il avait commencé : avec fracas.

Cette liste est ce qu’elle est : les chansons que j’ai le plus écoutées en 2016 (avec quelques surprises pour moi). Cependant, elle n’est pas vraiment représentative de toute la bande-son de mon année : rap, pop-rock d’actualité, musiques de jeux vidéo, classique, jazz, j’essaie chaque année d’enrichir mon trésor personnel de « chansons qui valent le coup ».

Je n’en suis pas moins ravi de partager cet échantillon de qualité. En attendant ce que m’apportera 2017.

Nouvelle Reprise – Standing Next To Me

J’ai publié une nouvelle reprise, cette fois-ci du duo The Last Shadow Puppets. Cette chanson issue de leur premier album, intitulée « Standing Next To Me » fait appel à de belles harmonies vocales, chose que j’adore, donc je m’y suis trempé.

J’ai aussi rebranché une guitare électrique pour la première fois depuis un sacré bon bout de temps. Ca fait plaisir.

Vous pouvez écouter cette reprise ici.

The Smiths – Une étoile filante discrètement omniprésente

Si, comme moi, vous êtes nés après 1987, à moins d’être allés vers eux par vous même, vous n’avez probablement jamais entendu parler de ces quatre gentlemen. Et pourtant…

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The Smiths

Le groupe The Smiths a été fondé en 1982 à Manchester par Steven Patrick Morrissey (chant, paroles) et Johnny Marr (guitare, musique), rapidement rejoints par Mike Joyce (batterie) et Andy Rourke (basse). Ils furent rejoints très brièvement par un cinquième membre que l’histoire oublie souvent (Craig Gannon, guitariste aussi) puis, au bout de 5 ans d’activité, quatre albums et quelques singles hors-album, ils se sont séparés.

L’aventure The Smiths a cessé aussi vite qu’elle avait débuté, mais ça ne lui a pas empêché de faire preuve d’une fulgurance rare qui a eu un impact phénoménal sur le paysage musical anglais. Je ne vais pas vous faire la biographie détaillée du groupe ni disséquer les divergences qui l’ont poussé à l’éclatement, mais c’est justement sur cet impact que je veux me pencher.

Si vous êtes comme moi, un Français quelconque né juste après la disparition du groupe, j’ai la certitude que, pour bon nombre d’entre vous :

  • soit vous avez découvert The Smiths avec une reprise d’eux
  • soit vous n’avez jamais entendu parler du groupe

Pourtant, cette formation éphémère a laissé son nom dans les mémoires de tous les Anglais ayant été adolescents ou adultes pendant les années 1980. Vous voyez, les Smiths, purs produits de l’agglomération de Manchester en pleine période désabusée résultant des réformes de l’administration Thatcher et de leurs conséquences désastreuses sur le marché de l’emploi industriel de la région, se présentaient comme le contraire d’un groupe de rock.

Ils s’appelaient Smiths parce qu’ils voulaient être des gens communs. Aucun des quatre membres n’était un sex symbol, avec en tête de ligne l’asexué et timidement exubérant Morrissey. Leur musique tournait énormément autour de la guitare, mais ils ne connaissaient pas la distorsion. Ils faisaient de la musique extrêmement précise et cadencée, le truc le moins punk qu’il y ait eu depuis l’avènement des Sex Pistols.

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God save the queen

Mais par-dessus tout, ils parlaient de choses courantes. Ils parlaient de choses qui touchaient un maximum de personnes. Mais pas avec la facilité du glamour. Ils parlaient de tout ce qui touche, y compris de tout ce qui fâche. Alors, en contre-pied du glam-rock inventé par David Bowie lors de la décennie précédente, Morrissey racontait l’histoire de personnages lambda qui sortaient mal dans leur peau, se prenaient des rateaux et rentraient pleurer dans leur oreiller. Il parlait de gamins naïfs dont des gens malsains abusent de l’innocence (eh oui). Il parlait d’homosexuels qui se faisaient convaincre par leur environnement que leur orientation sexuelle était une maladie et qui se demandaient s’ils guériraient un jour. Il parlait de gens normaux auxquels il arrivait des choses qui ne devraient pas être normales.

J’ai parlé tout à l’heure de David Bowie mais il ne faut surtout pas croire que le message des Smiths s’opposait au sien. Bien au contraire, il en était le prolongement. A la thèse de Bowie et Prince qui nous disait qu’il n’est pas grave d’être bizarre, les Smiths ont ajouté qu’on n’est pas ennuyeux juste parce qu’on est banal (d’ailleurs parfois esquissé par David lui-même). Et ça, c’était du jamais entendu. Si on ajoute à ça le cynisme terrible qui a fait passer le groupe pour des gens insensibles alors qu’il n’était que le camouflage d’une empathie continuellement molestée par un monde réel bien trop rude pour qui que ce soit, on obtient une discographie tout à fait unique pour cette époque dans le paysage musical britannique. Avec les Smiths, on avait enfin la sensation tristement réconfortante de ne pas être les seuls qui se sentent seuls.

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Oh no, love, you’re not alone!

On pourrait se dire que ce phénomène n’a pas traversé la Manche parce qu’il touchait directement aux fondements de la société anglaise précisément, ou bien qu’il est plus difficile pour le bouche-à-oreille de se faire à travers la mer… La vérité est plus subtile que ça. Bien que le succès des Smiths Outre-Manche (c’est-à-dire en France) ait été plus ou moins inexistant, cela n’a pas empêché leur musique et leur état d’esprit de nous parvenir, mais de manière plus discrète. Et c’est là que cela devient vraiment intéressant.

Sans me considérer comme un encyclopédique de la musique pop-rock mondiale, j’écoute malgré tout un certain nombre de groupes et d’artistes, et au fil des années, j’ai remarqué quelque chose de curieux : il y a un nombre incroyable de groupes que je connais qui ont publié, d’une manière ou d’une autre, une reprise des Smiths, d’héritiers directs de leur regard sur la société ou même de références franches à leur carrière dans la culture populaire.


Des musiciens que j’adore bien qu’ils ne soient pas forcément des superstars

  • Le groupe de post-hardcore At The Drive-In, prédécesseur historique de The Mars VoltaSpartaAntemasqueAnywhere et tant d’autres, a enregistré et publié sur CD une reprise de « This Night Has Opened My Eyes ».

  • Le collectif Archive, sous sa troisième formation (époque You All look The Same To MeMichel Vaillant et Noise), a publié sur son enregistrement de concert Unplugged une reprise de « Girlfriend In A Coma »)

  • Le groupe canadien Arcade Fire a repris plusieurs chansons des Smiths en concert, dont « Still Ill » et « London ».

Les artistes qu’on ne présente plus

  • Lors de la promotion de son album In Rainbows sur internet, Radiohead a diffusé une reprise en studio de « The Headmaster’s Ritual »

  • L’album de reprise Covers de Placebo comporte une (excellente) reprise de « Bigmouth Strikes Again »

  • Le groupe irlandais The Cranberries a réalisé lors d’un passage radio (publié sur leur chaîne YouTube officielle) une reprise de « There Is A Light That Never Goes Out ».

  • Les monstres planétaires Muse ont utilisé une reprise de « Please, Please, Please, Let Me Get What I Want » comme face B pour leur double A-side Feeling Good/Hyper Music

  • Jeff Buckley a tout simplement administré à « I Know It’s Over » le même traitement qu’à la « Hallelujah » de Leonard Cohen


D’autres apparitions bonus du spectre des Smiths

  • Lors d’une interview pour MTV, Andre 3000 (la moitié du duo légendaire Outkast) a avoué que la chanson qu’il aurait le plus rêvé écrire lui-même est « Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me »
  • Le cynisme et le décalage entre musicalité joyeuse et constats accablants omniprésents sur le premier album des Arctic Monkeys Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not fait parfaitement écho à l’ambiance générale de la discographie des Smiths, notamment sur l’intemporelle « I Bet You Look Good On The Dancefloor ».
  • Dans le livre The Perks Of Being A Wallflower, Charlie, le protagoniste introverti, est un immense fan des Smiths, dont plusieurs chansons figurent sur la B.O. du film adapté.
  • Last but not least, le générique de la série TV Charmed est une reprise de « How Soon Is Now? »


Inutile de préciser que, depuis que j’ai découvert l’existence de ce groupe, puis exploré sa discographie, j’en suis devenu un très gros fan.

Si jamais mon article a attisé votre curiosité à propos de ce groupe vraiment particulier, je vous propose une playlist d’une heure que j’ai assemblée en choisissant mes préférées :

https://www.deezer.com/playlist/2018728482