TFGA #4 – Les femmes de nos vies

Dès que le gourou Alex Effect a annoncé le thème de ce TFGA 4, je me suis gratté la tête. Vous voyez, le problème, c’est que LA femme de mes vies vidéoludiques est évidente, mais multiple. Laquelle choisir ? Comment en privilégier une sans en mentionner une seule autre ? Dois-je faire un top 5 constitué exclusivement du même personnage ?

J’ai donc tranché : je vais tricher. Ci-dessous, vous trouverez un Top 5 dépourvu de cette femme. Et ensuite, vous aurez un Top 5 des incarnations de mon personnage féminin préféré.

5. Cortana dans Halo: Combat Evolved, Halo 2 et Halo 3

Tous ceux qui s’y sont un minimum intéressés savent que John, le héros de la série Halo, est un personnage très dur et quasiment inébranlable (il a été chirugicalement modifié pour ça). Toujours les yeux rivés sur l’objectif, jamais découragé, hein ?
Il lui arrive tout de même parfois de ne pas savoir, devant une difficulté extrême, comment il va faire pour y arriver. Et c’est là que Cortana montre qu’elle est LE plus gros dur de cette histoire. Cortana a cette espèce d’insolence, ce tempéramment totalement effronté qui fait passer John pour un lâche qui se décourage pour un rien. Cortana est essentielle à cette histoire et est, pour moi, une partie intégrante de ce Spartan que l’on contrôle : après tout, elle est l’intelligence artificielle de l’armure Mjolnir, alors est-ce qu’on contrôle les bras de l’humain ou ceux de l’armure ? Est-ce qu’on voit à travers les yeux de l’humain ou seulement la visière de l’armure ?
Mon plus gros reproche à l’encontre de 343 Industries lorsque ce studio a repris la série pour Halo 4 est d’avoir transformé Cortana en ce bisounours larmoyant et incapable, qui devient plus une plaie qu’une aide pour John. (C’est un peu comparable au traitement que la pauvre Samus Aran a reçu dans Metroid Other M).

4. Midona dans The Legend of Zelda: Twilight Princess

Il est fréquent, depuis des années, que le héros de tout jeu d’aventure soit accompagné d’un personnage auxiliaire qui l’assiste au fil de son périple (une pensée pour Elizabeth et Ellie: vous êtes dans le top 10).
Dans Zelda, c’est carrément incontournable depuis Navi dans Ocarina of Time, et bien qu’il y ait eu des hauts (la chaleur grand-paternelle du Lion Rouge, la langue bien pendue d’Ezlo) et des bas (la réticence de Tatl à se préoccuper du sort du monde, les interruptions trop fréquentes de Fi pour nous dire qu’il n’y a presque plus de piles), aucun de ces side-kicks n’a provoqué chez moi un attachement aussi fort que celui qui m’a lié à Midona.
Tant au niveau du gameplay (c’est elle qui procure le fast-travel du jeu, qui permet l’attaque la plus efficace de la forme loup) que de l’histoire (la quête des Fused Shadows, le lien secret qui la lie à Xanto, ses actes héroïques en fin de partie), Midona brille par sa personnalité complexe. Elle se montre espiègle et détachée pour dissimuler le doute immense qui la paralyse, rappelle fréquemment à Link qu’elle lui vient en aide comme pour se cacher à elle-même qu’elle n’arriverait à rien non plus sans lui, prend Zelda en pitié et lui parle d’un ton moqueur quand en réalité elle jalouse sa position et bien qu’elle se dise insensible à la cause d’Hyrule, elle se montre prête à tout sacrifier, jusqu’à sa vie, pour aider Link et Zelda à le sauver…

Et comment ne pas citer un passage d’une grande mélancolie dont tous les joueurs de Twilight Princess se rappellent : se précipiter à travers un monde pluvieux et baigné d’une musique désespérée pour restaurer sa vitalité à Midona.

3. Tali’Zorah dans Mass Effect 1, 2 et 3

La saga Mass Effect emporte le joueur tout au long d’une vaste et bouleversante épopée qui n’a pas d’égale à l’heure actuelle. Cette histoire est parsemée d’événements marquants, tantôt rassurants, souvent dévastateur et au fil de tout ce tumulte, on s’attache terriblement à ceux qui traversent tout à nos côtés.
C’est notamment le cas de Tali (qui est loin d’être la seule), rescapée d’un peuple nomade en perdition, les Quariens, qui subissent les conséquences d’une terrible erreur d’orgueuil dont ils apprennent encore l’amère leçon pendant les événements des jeux. Tali voit progressivement son allégeance envers l’équipage du Normandy entrer en conflit avec celle envers son peuple et au moment décisif, choisira de tenir tête à ses congénères pour s’allier pleinement à la cause de Shepard. Et c’est ça qui me touche chez elle : déjà, l’équipage s’est lancé dans une épopée qui a toutes les chances de rater tant l’adversité est grande, mais Tali a tout abandonné pour l’y suivre. Elle fait encore plus de sacrifices que Shepard pour cette cause presque perdue.
A mesure que l’on progresse dans l’histoire, beaucoup de joueurs décident, si certaines décisions entraînent des conséquences trop lourdes, de faire un reset et de reprendre à la dernière sauvegarde pour optimiser les pertes. C’est quelque chose que j’ai refusé de faire, malgré des pertes lourdissimes à la fin de Mass Effect 2 dans mon équipe. La seule fois où j’ai, de façon épidermique, appuyé sur le bouton de redémarrage, c’est lorsqu’une de mes décisions a poussé Tali au suicide. Ca, je ne pouvais pas vivre avec.

2. Edea Kramer dans Final Fantasy VIII

Le scénario de Final Fantasy VIII est pour le moins compliqué. Truffé de voyage dans le temps et dans les deux sens, tournant autour d’une sorcière maléfique dont on ne sait finalement pas grand chose, même en ayant lu chaque bribe de texte présente dans le jeu, il plonge le joueur dans une confusion bien réelle. Ceci n’est pas aidé par le fait que son héros soit un orphelin sans repère cherchant un sens à donner à sa vie. C’est encore moins aidé quand il s’avère que la première sorcière que l’on a combattu et qui nous a grièvement blessé est en fait la gouvernante d’orphelinat qui nous a élevé avec tout son amour…
Edea Kramer est un personnage qu’il est très difficile à appréhender quand on joue pour la première fois à ce jeu. Présente dès la cinématique d’ouverture, elle frappe par son chara-design très noir et sa tenue aussi provocante que farfelue. Ses intentions restent très floues (et ça ne va pas en s’éclaircissant) mais son influence est quant à elle bien réelle (sur Linoa, sur Seifer, sur Squall, sur la back-story du jeu…) et j’ai été profondément marqué par cette femme qui semble liée à toute l’histoire mais n’a finalement pas demandé grand chose.
Et je n’oublierai jamais la cinématique précédant son discours devant le peuple, qui illustre à merveille, par les images et la musique, le charisme vicieux, la lugubre volupté de cet être trompeur qu’est la Sorcière… J’en viens toujours à me demander : si les événements de ce jeu se produisaient dans la réalité, est-ce que je serais Squall ou Seifer ?

1. Princess Toadstool « Peach » dans toute la franchise Super Mario

Ah, Peach. Ma chère et insupportable Peach. Tu as revêtu bien des accoutrements. Tu as eu des comportements de tous types. Tantôt d’une prestance presque divine (Super Mario 64), tantôt niaise à claquer (Super Mario Sunshine), tu as été une demoiselle en détresse et tu as été une héroïne surpuissante, tu as été tenniswoman et pilote de kart, tu as été celle que j’ai tout fait pour libérer dans le premier jeu que j’ai fini et tu as été le personnage que je détestais le plus combattre avec mon Falco dans Super Smash Bros. Melee (horreur du DI vers le bas sur ton smash bas abusé).
Je t’ai convoitée et je t’ai méprisée. J’ai ressenti tellement de choses pour toi, merveilleuse connasse !
Je te détaime.

0. Zelda dans… devinez quoi.

La franchise The Legend of Zelda occupe une place unique dans mon coeur de joueur depuis… longtemps. A tel point que, si on me parle de personnage féminin de jeu vidéo, le nom Zelda apparaît immédiatement dans ma tête. C’est bien sûr elle qui est la femme de mes vies virtuelles, mais le souci c’est que Zelda est presque plus un titre, une fonction, qu’un personnage.
Tout le monde sait que les différents jeux de la série sont disséminés le long d’une chronologie compliquée et que chaque Zelda n’est pas du tout la même que sa voisine. Donc, aussi vrai que l’ensemble de Zelda est évidemment mon top du top, je peux les hiérarchiser selon l’impact qu’elles ont pu avoir sur moi. Allons-y !

0.5 Zelda dans Twilight Princess

La princesse Zelda que l’on rencontre dans Twilight Princess, LA Twilight Princess (c’est comme ça que Midona l’appelle d’un air moqueur), occupe finalement assez peu du temps de jeu. On ne la rencontre que deux ou trois fois, on ne lui parle pas bien longuement et elle n’est presque d’aucune aide véritable avant la toute dernière séquence du jeu, quant à elle mémorable. Ce qui est beau avec cette Zelda, c’est qu’elle est, comme les toutes premières sur NES et SNES, réellement une princesse à sauver. Non pas qu’elle soit impuissante, loin de là ! Elle a tenu tête à l’opposant, mais il était trop fort et elle a dû prendre la lourde et difficile décision de se rendre.
C’est une Zelda rongée par le regret que l’on est amené à aider, presque coupable d’avoir à nous le demander. Une Zelda qui, comme Midona, prouvera son sens du sacrifice et sera au centre du conflit final. Une véritable princesse de tragédie.

0.4 Zelda dans Ocarina of Time

Ocarina of Time occupe une place bien particulière dans mon coeur de joueur, dans le sens où ce jeu est LE jeu. Celui qui capture l’essence de ce qu’un jeu peut être pour que je l’aime. Une expérience, une aventure qui implique le joueur, un monde fantastique et un parcours initiatique mêlant défis de réflexion et combats acharnés. Je connais chaque pixel de cette version d’Hyrule, que j’ai visité bien plus de fois que je n’oserais l’estimer. Donc tout naturellement, Zelda y est bien particulière.
Ocarina of Time est le premier Zelda que j’ai fini, n’ayant joué auparavant qu’à Link’s Awakening sans pouvoir le finir car emprunté. C’est du coup celui où j’ai découvert le concept de la Triforce et surtout de ses trois composantes. La raison pour laquelle la Zelda d’Ocarina of Time m’a touché est la représentation de la Sagesse qu’elle nous donne. Abdiquer quand il n’y a plus rien à faire, laisser son royaume derrière elle, pour vivre cachée, apprendre les arts du combat des Sheikah et distiller son savoir sporadiquement à Link en gardant un profil bas pour attendre le moment opportun. C’est cette patience, cette gestion stratégique d’un combat contre une puissance en apparence incontrable, qui m’a frappé. Aussi vrai que Link est courageux et ne semble avoir peur d’aucun obstacle, Zelda se montre vaillante dans sa prise de recul, se faisant la préceptrice d’un Link qui n’est pas plus jeune qu’elle.
Link se propulse dans son aventure sans trop comprendre les enjeux. Zelda, au contraire, assiste en se retenant d’intervenir, montrant jusqu’au dernier dialogue qu’elle est la seule à comprendre tout ce qui se passe, au-delà du temps.

0.3 Zelda dans The Wind Waker

Le concept de la Sagesse que Zelda incarne est quelque chose qui me fascine (autant que la Force qu’incarne Ganondorf), notamment de par le fait qu’elle semble parfois occulter la personne qui en est dépositaire. Et la Zelda de Wind Waker est mon principal exemple de cet effet. Lorsqu’on la rencontre alors qu’elle est bien loin d’être une princesse et porte un autre nom, Zelda nous apparait comme une personne très audacieuse, au caractère bien trempée et même franchement imprudente par moments. Cependant, une fois sa réelle identité révélée (elle-même n’étant pas au courant avant ça), son attitute change complètement. Comme si l’immense savoir lié à la Triforce de la Sagesse, soudainement, l’accablait de tout son poids. D’un coup, d’un choc, elle comprend tout ce qu’implique la lutte de Ganondorf, et peut-être même se souvient-elle également pourquoi Hyrule a été englouti. Elle n’a besoin d’aucune explication, elle demande juste un peu de temps pour digérer.
Le personnage de Tetra est extrêmement populaire et à juste titre : elle correspond totalement à l’identité toon de ce jeu à la jouvence éternelle. Elle a juste le répondant nécessaire pour porter tout l’aspect comique et rafraîchissant d’un jeu qui, je le rappelle, succéda à Majora’s Mask.
Donc j’aime cette Zelda parce qu’elle est géniale sans sa Triforce et montre clairement le changement de personnalité qui se produit quand l’insigne de la Sagesse apparaît sur la main de quelqu’un. On peut se dire la même chose pour celui de la Force…

0.2 Hilda dans A Link Between Worlds

Pas de grosse explication car je serais obligé d’avoir recours à de lourds spoilers d’un jeu toujours récent, mais je peux dire que la princesse Hilda m’a bouleversé quand j’ai compris la correspondance des rôles entre Hyrule et Lorule. Cette « version inversée » de la Légende de Zelda, ce pierre-feuille-ciseaux poétique, me donne tout simplement envie de voir un jeu The Legend of Hilda où l’on joue… le pendant lorulien de Link.

0.1 Zelda dans Skyward Sword

J’en ai parlé déjà au moins 50 fois sur les 4 entrées précédentes, mais ce qui capte le plus mon attention dans les jeux Zelda, ce sont les enjeux. Pourquoi les choses arrivent ? Pourquoi est-ce que mon héros doté de la Triforce du Courage s’embarque encore dans une aventure qu’aucun être sensé n’envisagerait ? J’attendais particulièrement Skyward Sword au tournant, car celui-ci étant annoncé comme le départ de la Légende, Link n’aurait pas de Triforce en lui comme tous les successeurs de celui d’Ocarina of Time, pas de destin particulier, puisque c’est à lui que renvoient tous les Link suivants…
Et j’ai été conquis. C’est le plus gros cliché de tous les temps, mais Link part à l’aventure pour… sauver la fille qu’il aime. Si on laisse à part les fan-fictions des joueurs fétichistes de Zelda, il n’y a jamais, pour ainsi dire, de lien romantique entre Link et Zelda. Parfois, on peut le supposer, mais ce n’est jamais montré ni exploré (ce n’est pas le sujet, y a un monde à sauver). Dans Skyward Sword, si. Et c’est magnifique.
Les événements du jeu prennent une tournure qui m’a vraiment donné une envie viscérale de retourner ciel et terre, d’aller jusqu’au fond de l’enfer s’il le faut, pour sauver Zelda. Le monde, je m’en foutais.
Et puis (et je vais encore me retenir de spoiler), on finit par se rendre compte que, même si ce Link n’a pas grand chose de particulier évoquant un destin hors du commun, Zelda au contraire a un rôle bien précis à remplir.
C’est un peu Nintendo qui nous dit « voilà pourquoi c’est la légende de Zelda, bitches! ».

Cette Zelda est le personnage le plus important de ma vie de joueur, sans aucun doute. Personne ne s’en approche.