Mes plus grosses écoutes de 2016

L’année 2016 est enfin derrière nous, après nous avoir arraché Prince, David Bowie, Leonard Cohen et deux tiers d’Emerson, Lake and Palmer. Grâce au site agrégateur de données Last.fm dont je suis membre depuis 2006, j’ai pu rapidement dresser la liste des 10 chansons que j’ai écoutées le plus de fois en 2016 (en excluant, bien sûr, mes écoutes sur supports physiques : vinyles et CD). Du coup, je m’empare de cette occasion de vous dire deux (ou plus) mots sur chacune d’elles.

top10

De prime abord, il y a une certaine présence dans ce top du groupe Camel, dont j’ai découvert l’existence fin 2015 et exploré les premiers albums en 2016. Alors, pour le bloc Camel, ça donne :

  • « Slow Yourself Down » – le morceau d’ouverture du premier album du groupe. Cette chanson courte m’a beaucoup plu par l’immense dynamisme qu’elle dégage (ce qui est ironique, vu son titre). Dès la toute première mesure, Peter Bardens nous accueille avec un mini solo d’orgue Hammond (instrument qu’il maîtrise merveilleusement bien), puis quelques paroles par Andrew Latimer et, à peine passée la barre des 1:30, on est déjà dans la conclusion isntrumentale. Au programme, un solo totalement survolté de guitare, suivi d’une démonstration de Hammond (improvisé à deux mains, messieurs-dames) et d’une bonne grosse coda rock’n’roll comme on les aime. Paf ! Un gros coup de poing dans les oreilles, et la réécoute direct, parce que c’était trop court.
  • « Nimrodel/The Procession/The White Rider » – Morceau évolutif inspiré du personnage de Gandalf dans les romans de Tolkien. Au fil des nombreux changements d’ambiance de la chanson, les soloïstes du groupe s’amusent sur de multiples instruments, avec flûtes à bec et traversière en plus des guitares pour Latimer et mellotron puis synthétiseur pour Bardens, qui nous offre un solo de Minimoog dont je ne suis pas prêt de me remettre.
  • « Lady Fantasy » – le morceau de conclusion du deuxième album du groupe. Il s’agit d’une véritable gemme du rock progressif injustement oubliée. Riche de nombreuses sonorités qui ont fait la grandeur du genre (synthé, orgue Hammond, guitares électriques et acoustiques, basse et batterie), ce morceau plus long mais bien mieux articulé que « Nimrodel… » est le meilleur de la carrière du groupe. Encore une fois, un magnifique dialogue orgue/guitare termine ce bijou, dans une ambiance à forte distorsion très largement en avance sur son époque.
  • « Separation » – mon autre chouchou du premier album du groupe, cet autre morceau bien court m’a sédui avec son riff de fin, qui marque, comme le veut le titre, une nette séparation de l’ambiance générale. Deux guitares surgissent en balançant un arpège de trois notes qui propulse l’auditeur dans une déferlante de superbe.

C’en est fini de Camel, mais il faut savoir que si j’ai écouté ce groupe, c’est parce que j’ai passé un peu toute l’année à explorer assez intensivement le genre du rock progressif, essentiellement de la fin des années 1960 et surtout des années 1970. C’est pourquoi apparaissent les morceaux suivants :

  • « Fault Line/The Painter » – (surtout pour « The Painter »). Passée l’introduction expérimentale de musique retournée qu’est « Fault Line », « The Painter » est devenue instantanément, dès la première écoute, ma chanson préférée de Deep Purple. Présente sur le troisième album, éponyme, du groupe, elle appartient à la première ère de ce qui devint par la suite un des plus grands groupes de l’histoire du hard-rock. Pour « The Painter », l’organiste Jon Lord est encore plus ou moins le patron du groupe et nous sommes encore bien ancrés dans une dynamique de mélange du blues, du classique et de la distorsion qui allait devenir le rock progressif. « The Painter » est un morceau enregistré en une seule fois, sans superposition, en live dans le studio. Je vous laisse écouter la guitare de Ritchie Blackmore et l’orgue Hammond de Jon Lord, ils parlent d’eux-mêmes.
  • « Winter Wine » – un nouveau genre de conte de Canterbury. Encore fort de sa toute première lineup, Caravan manifeste une superbe maturation sur son album In The Land Of Grey And Pink dont ce morceau est extrait. Richard Sinclair chante avec sa voix de satin pur l’imagerie médiévale de piraterie et d’orgies avinées en réussissant le tour de force de rendre ça poétique. Son cousin, David, nous honore d’un solo de clavier à faire regretter ses choix de carrière à plus d’un guitariste. Oui, en 2016, j’ai pas mal fait fixette sur les solos de clavier.
  • « Frozen Love » – conclusion d’une carrière qui allait être absorbée par une légende. Cette chanson conclut l’unique album du duo formé par Stevie Nicks et Lindsey Buckingham avant que les deux n’intègrent le groupe Fleetwood Mac et créent, entre autre, « Go Your Own Way » de par leur rupture amoureuse. « Frozen Love » démarre comme n’importe quelle chanson de folk (et comme le reste de l’album), mais il y a un « mais » : au milieu du morceau, des cordes font leur entrée et Lindsey Buckingham nous livre ce qui restera pour moi son meilleur solo de guitare. L’ambiance du morceau dans son ensemble est extrêmement accueillante et m’emplit d’une sensation curieuse : je l’aime plus que je ne vois de raisons de l’aimer. Donc j’y reviens fréquemment.

Après avoir traité ces 7 morceaux de classic rock, il reste trois morceaux qui, honnêtement, me surprennent. Non pas que je ne les aime pas, loin de là : j’adore ces chansons. Mais je ne me souviens pas de les avoir écoutées tant que ça au long de l’année.

  • « We’re All To Blame » – pour moi la meilleure chanson à la « on est tous pareils » qui soit. En partant d’une structure musicale vraiment très proche de la « Chop Suey! » de System Of A Down, les quatre gringalets qu’on a connus dans le punk rock décalé de « Fat Lip » apportent une grosse dose de sérieux aux « but what would you expect with a conscience so small? » de cette dernère. Les choeurs qui étaient déjà un point fort du groupe marquent leur apogée sur le refrain de cette chanson, et l’arrivée du piano lors de sa conclusion me donnera la chair de poule jusqu’à ce que mort s’ensuive.
  • « Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me » – l’ultime chanson de solitude. Morrissey, le chanteur et parolier des Smiths, fait partie de la poignée d’artistes capables de chanter avec justesse ce que Bénabar appellera « la solitude que rien ne console ». Une solitude que même une vraie histoire d’amour ne guérit pas : quand ça s’arrête, c’est comme si tout n’était qu’un rêve et le solitaire se « réveille » pour retourner à cette solitude qui restera sa plus fidèle compagne. La musique composée par Johnny Marr colle les paroles à la perfection pour une chanson qui finit par être lassée d’elle-même : on sait que tout le monde chante la solitude, mais on continue de le faire parce que la solitude ne nous lâche pas.
  • « Walcott » – un piano énergique, une guitare en trémolo, du chant aigu et énergique, et puis, une accalmie. Des violons, de la contemplation, puis on reprend de plus belle, et le tout s’arrête comme il avait commencé : avec fracas.

Cette liste est ce qu’elle est : les chansons que j’ai le plus écoutées en 2016 (avec quelques surprises pour moi). Cependant, elle n’est pas vraiment représentative de toute la bande-son de mon année : rap, pop-rock d’actualité, musiques de jeux vidéo, classique, jazz, j’essaie chaque année d’enrichir mon trésor personnel de « chansons qui valent le coup ».

Je n’en suis pas moins ravi de partager cet échantillon de qualité. En attendant ce que m’apportera 2017.

Music = Magic

J’ai pensé à faire de ce premier article une présentation, et puis il s’avère qu’il est très difficile de se résumer en peu de mots.

C’est un exercice peu agréable que j’ai déjà trop été amené à réaliser, à travers CV, mini-biographies pour réseaux sociaux et impersonnelles lettres de « motivation ».

Mais ici, c’est moi qui fais les règles, donc je me suis dit que j’allais me présenter à travers ce qui compte le plus pour moi : la musique.

Deux heures trente de musique, pour être plus exact.

C’est long, oui, mais si vous écoutez tout ça, tout en sachant que chacun de ces morceaux me fait trembler, bouger mes bras devant mon bureau, articuler dans le train, et parfois hurler dans les bois, vous en saurez plus sur moi qu’après cinq cents pages de description.

Ceci n’est pas vraiment un « Top 25 » car quand bien même je m’aventurerais à les ordonner, cet ordre changerait toutes les sept secondes, fréquence à laquelle certains de ces morceaux seraient par ailleurs remplacés par d’autres.

Je vous reparlerai de ces morceaux, et d’autres, c’est certain.

Cette liste ne contient qu’un morceau par artiste/groupe/compositeur. Elle est rangée dans un ordre qui permet tout simplement d’en faire un playlist élégamment rythmée et colorée.

Si quelqu’un aime tous ces morceaux, il me semble impossible de ne pas m’entendre avec cette personne.

  • Ludwig Van Beethoven (par le Wiener Philharmoniker conduit par Sir Simon Rattle) – Allegretto (Deuxième mouvement de la Septième Symphonie)
  • Supertramp – School
  • At The Drive-In – Rolodex Propaganda
  • C2C – F.U.Y.A
  • Muse – Citizen Erased
  • Nobuo Uematsu – Final Fantasy VIII Ending Theme
  • Gorillaz – Hong Kong
  • Jacques Brel – Ne me quitte pas
  • Darkstar – When It’s Gone
  • Emilie Simon – Swimming
  • Radiohead – No Surprises
  • Led Zeppelin – Stairway To Heaven
  • Koji Kondo (avec Kenta Nagata, Hajime Wakai et Toru Minegishi) – The Legendary Hero
  • Sufjan Stevens – John Wayne Gacy, Jr.
  • The Beatles – I Want You (she’s so heavy)
  • Saïan Supa Crew – Du 14.02.2002
  • Kenichi Tokoi – Jungle Joyride – Night
  • Hocus Pocus – Une Zone de Tensions
  • Renaud – Mistral Gagnant
  • Placebo & David Bowie – Without You I’m Nothing
  • Queen – Bohemian Rhapsody
  • Sigur Rós – Untitled #3
  • The Mars Volta – Take The Veil Cerpin Taxt
  • Johann Sebastian Bach (par Stephan Malinovski) – Toccata & Fugue en Ré mineur
  • Pink Floyd – Echoes