TFGA #9 – Nos Peurs Inavouables

TFGA est un exercice mensuel proposé par Alex Effect à tous les amoureux de jeux vidéo, qui consiste à dresser un Top 5 sur un thème imposé. Son article liste toutes les contributions du mois.

Encore une fois, Alex m’a fait bien me creuser la tête. Il faut dire que je fais un peu exprès de me compliquer la tâche en cherchant toujours à répondre d’une manière très littérale au thème.

Ce que ça veut dire : ce n’est pas le mot « peur » qui m’a posé problème, mais bien plus « inavouable ». Je ne vais donc pas me contenter de parler des choses qui m’ont fait le plus sursauter ou hurler de terreur parmi des moments de jeux vidéo qui font peur à tout le monde !

Non, ça serait trop facile. Il me faut m’ouvrir à vous, m’exposer sans crainte du ridicule ! Faire comme si je vous avouais que j’ai une peur panique des papillons, mais le faire avec des choses ridicules issues de jeux vidéo. Du coup il a fallu que je me gratte la tête, mais nous y voilà : mes cinq plus grandes peurs qui ne font probablement peur à personne d’autre.


5. Les bosses

Ah la la ! Si vous saviez la vie que c’est, de voir tous les jeux auxquels vous jouez être évalués par les autres, notamment en prenant en compte leurs combats de bosses, alors que vous, vous détestez ça. Je comprends, hein, je comprends bien pourquoi tout le monde aime les combats de boss. C’est épique, c’est grandiose et la victoire est terriblement gratifiante. Un bon combat de boss, on en ressort tremblant et fier d’avoir eu la maîtrise suffisante pour le surmonter !

Oui mais moi j’en ressors juste soulagé de pouvoir reprendre le gameplay normal ! Sérieusement. J’ai généralement en horreur les combats de bosses parce qu’ils représentent une énorme rupture avec le gameplay classique du jeu, et ça me déstabilise énormément. Je viens de traverser 8 niveaux d’un jeu de plateforme, à bien rythmer mes sauts et gérer mes positions, pour avancer de manière fluide entre les obstacles, et je me retrouve dans une pièce fermée face à un truc gigantesque à devoir renvoyer des attaques vers un point faible ??? Non merci, je veux retourner aux courses d’obstacles, laissez-moi tranquille !!

Il est bien vrai qu’une rupture dans le gameplay, c’est souvent rafraîchissant et ça casse la routine, et puis je suis obligé d’admettre que oui, les meilleurs jeux sont souvent ceux qui comportent les bosses les plus mémorables, mais voilà : l’idée que pour être autorisé à aller plus loin dans un jeu, il me faille franchir une épreuve qui ne ressemble en rien à ce que je viens de faire pendant plusieurs heures, ça me dérange autant que si je devais uniquement passer une épreuve de sport pour rentrer en fac de lettres.

Donc, quand j’arrive à un combat de boss, regardez-moi jouer : je me redresse, j’ajuste mes lunettes sur mon nez et j’agrippe fermement la manette. Pas seulement parce que c’est du sérieux, mais aussi parce que je me fais dessus !

Deux exemples de bosses précis sont présents plus haut dans la liste…


4. L’avenir de l’industrie

Franchement, je flippe. J’ai une peur d’extrémiste religieux qui voit se multiplier les courants modérés. Le public des jeux vidéo a considérablement grandi ces dernières années, et c’est super génial, parce qu’on en avait tous marre d’être dans l’ombre et d’être catalogués comme des rats de cave parentale. Seulement, avec tout ce public qui a été séduit par des produits qui dérivent significativement des fondements de ce qui m’a fait jouer, moi, aux jeux vidéo, sont arrivées des attentes diamétralement opposées aux escapades que j’y trouvais. Les jeux doivent être beaux, pas grave s’ils durent 4 heures ou s’ils n’ont aucune profondeur, pas grave si on joue littéralement à courir sur une ligne droite sans appuyer sur de vrais boutons, peu importe si les schémas de contrôle deviennent approximatifs, peu importe si les jeux sortent cassés ou incomplets, le public pardonne.

En tout cas la partie du public qui est largement majoritaire et qui ne me ressemble pas beaucoup.

J’ai peur de finir dans la niche des « ludophiles » apparentés aux « cinéphiles » qui sont les seuls à faire encore attention aux raccords et à la photographie dans le cinéma.

J’ai encore plus peur de voir la niche se faire raser.


3. Bowser – New Super Mario Bros. 2 (3DS)

Alors là, on est dans une peur qui me surprend moi-même. Je me l’avoue, mais j’ai encore un peu de mal à l’admettre. Le combat final de New Super Mario Bros. 2 m’a fait étonnamment peur.

Je n’étais pas tout transpirant et prêt à bondir de mon siège, loin de là, mais j’ai été surpris par l’aura que dégageait le bougre à pointes. Peut-être était-ce sa taille (qui varie pas mal d’un jeu à l’autre), la musique, le système-même du combat, je ne sais pas, mais quelque chose dans ce combat me mettait une pression inattendue.


2. Gohma – The Legend of Zelda: The Wind Waker

Ce coup-ci, je peux vous faire la liste de tout ce qui me fait peur :

  • la musique
  • la lave
  • les cris stridents du machin
  • sa taille imposante
  • le fait d’avoir à me servir du grappin griffe alors que je visais comme un pied avec le stick C
  • le fait que c’est le premier boss et que je n’avais donc que trois coeurs, ce qui me semblait vraiment maigre face aux mandibules de ce monstre

1. L’échec qui me poursuit

Alors s’il y a quelque chose qui me fait perdre mes moyens à vitesse grand V (et ça fait bien rire certains amis gamers qui arrivent sans problème à en faire abstraction et rester calmes), c’est n’importe quelle disposition de jeu qui fait que je sens la présence d’un échec qui se rapproche. Ca veut dire :

  • un compte à rebours avec peu de temps dessus (moins d’une minute grosso modo, coucou la fin de Super Metroid)
  • du défilement automatique dans un jeu de plateforme (rhââââââââââh je tremble rien qu’à l’écrire)
  • une nuée/vague/zone de mort qui avance inexorablement (les nuées de monstres noirs invincibles dans les Mario, l’eau qui monte dans les Sonic 2D, Nemesis qui nous lâche pas dans Resident Evil 3…)
  • un ennemi qui tire des projectiles périodiquement vers moi pendant que je progresse dans le niveau (comme les canons à bill-balles dans Mario ou très récemment les poissons qui balancent des attaques aériennes dans le mode solo de Splatoon)
  • tout ce qui s’apparente aux choses listées ci-dessus.

C’est vraiment démesuré et embarrassant. Par exemple, le dernier niveau de Pikmin 3 est entièrement basé sur cette poursuite lente et inexorable par le boss final. Et je sais vraiment bien jouer à Pikmin, depuis le temps ! Mais ce niveau m’a fait faire n’importe quoi et perdre des dizaines de Pikmin d’une manière qui n’arriverait jamais si je n’étais pas poursuivi. Ca me fait vraiment paniquer.

Voilà, vous savez tout, les papillons, le futur et l’auto-scrolling. Vous pouvez vous moquer.
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